Comment thecamp pense la smart city

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(Crédits : DR)
Autoproclamé laboratoire du futur, le campus posé dans la nature près d'Aix-en-Provence célèbre son premier anniversaire. Sa philosophie : imaginer ce que sera demain. Mais pour façonner l'avenir, il faut tester, tenter, et tester à nouveau. C'est exactement le rôle de l'Urban Lab.

Quand on a l'ambition d'explorer le futur, il paraît naturel de passer par la phase expérimentation. On sait déjà que, demain, mobilité, énergie, qualité de vie, alimentation ne seront plus exactement ce qu'ils sont aujourd'hui, qu'ils reposeront sur de nouveaux modèles ou prendront de nouvelles formes. Ces sujets sont précisément ceux que l'Urban Lab de thecamp a décidé de passer à la moulinette de l'innovation. Et qui dit innovation, dit tentative concrète et grandeur nature pour qu'elle soit validée.

Depuis plusieurs mois donc, thecamp ne fait pas qu'accueillir des startups ou des chercheurs. Le campus travaille sur « une dizaine de projets, qui mixent les compétences du public et du privé », raconte Benoît Bailliart, le directeur de cet Urban Lab respectant, avec ce mélange d'acteurs issus de sphères différentes, la philosophie fondatrice de thecamp. Une façon aussi de prendre le meilleur de ces deux mondes.

Ainsi, « Demoiselle », l'un des projets initiés depuis le lancement de thecamp - qui tire son nom d'une libellule de la garrigue provençale menacée de disparition - est une navette modulaire autonome à énergie propre autour de laquelle se penchent et collaborent des startups telles que XYT et AutoKAB, SNCF Gares & Connexions, la RATP, ou le spécialiste de l'ingénierie Artelia, avec Aix-Marseille Provence et la ville d'Aix-en-Provence notamment.

« L'originalité de ce projet tient dans le fait que nous allons tester certaines technologies. Aujourd'hui, les véhicules autonomes fonctionnent sur des surfaces planes. Demain, il faudra personnaliser leur intérieur avec des verres hologrammiques et de l'intelligence artificielle qui permettent de poursuivre le meeting de thecamp à la gare SNCF par exemple », explique Benoît Bailliart.

Vendre son surplus d'énergie

Ambitieux, Solar Camp compte lier la problématique de l'énergie avec la blockchain et invente le vehicule-to-grid. Ou comment les utilisateurs de véhicules électriques, pourront vendre leur surplus d'énergie via les SolarCoins, monnaie virtuelle qui permettra, en contrepartie, d'acheter des services chez des partenaires prédéfinis. « Un premier prototype de cette voiture devrait voir le jour en collaboration avec une startup de l'incubateur. Nous sommes en train de regarder quel constructeur pourrait nous suivre », détaille Benoît Bailliart.

Mais penser le futur ce n'est pas penser uniquement mobilité ou consommation d'énergie, c'est également réfléchir à l'alimentation de demain. Permaculture, aquaponie, hydroponie, benchmark sur les innovations existantes... thecamp, qui possède son propre restaurant végétarien, a aussi introduit la foodtech parmi ses sujets de travail prioritaires. Car la smart city est idéalement une ville équilibrée... à tous points de vue. 

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ENCADRE

Olivier Mathiot : « thecamp se doit d'être un chef d'orchestre »

Bien sûr, « la smart city est au cœur de l'ADN de thecamp, mais c'est un sujet que nous avons élargi à des sujets périphériques », explique Olivier Mathiot, le président du campus du futur qui fête sa première année d'existence en septembre. « Nous sommes à la fois dans le doing et dans le learning. Dans ces deux aspects, thecamp est une forme d'indignation », comprendre dans la recherche de nouveaux modèles où l'expérimentation est la discipline reine et où le test -voire l'erreur- fait partie intrinsèque du tout.

« La smart city est ce vers quoi nous tendons, c'est le sens de l'histoire », dit-il encore. Mais une ville intelligente se doit de l'être de façon innovante aussi. D'où par exemple, l'un des axes prioritaires donné à la foodtech. « L'augmentation de l'obésité est liée à la malbouffe, elle-même liée à la façon dont se font la production et l'accès à l'alimentation. »

Innover, c'est autant dans la forme que dans le fond. « thecamp déploie une stratégie qui articule le public et le privé », rappelle Olivier Mathiot. L'idée est d'associer le pragmatisme des grands groupes et la capacité du public à penser les infrastructures. » Surtout, « les partenaires présents sont intéressés par l'idée de disposer ici d'un terrain de jeu expérimental ». Idéal, évidemment, pour penser la ville de demain. « thecamp est en quelque sorte un maître d'œuvre. » Capable de se remettre en question et de pousser plus loin s'il le faut.

« Nous voulons combiner encore mieux le concret et l'apprentissage », dit encore Olivier Mathiot, deux aspects un peu trop restés en silo jusqu'à présent, ce qui a pu engendrer des frustrations. Et de conclure :

« C'est par la mise sur pied de projets que nous allons avancer. Nous avons besoin d'intelligence artificielle, de blockchain, de connaissances dans le solaire... Tout cela doit être intégré aux projets déployés à grande échelle et pas uniquement sur le territoire local. thecamp est un chef d'orchestre, rassemblant les compétences qui, ensemble, créent une œuvre originale et mélodieuse. thecamp doit être un monde hybride. »

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