L'international, vrai dada des entreprises ou pas ?

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(Crédits : Latribune)
Présenté comme l'axe in-dis-pen-sable pour une bonne dynamique économique, le passage par la case "Export" est-elle aussi évidente qu'il y paraît ? Alors que les institutions poussent à voir la mappemonde comme un terrain de jeu à fort potentiel, dans les faits, il y a du bon… et du moins bon.

Avec deux Journées de l'International, la CCI régionale a précisément axé une communication forte sur le sujet. L'international, ce levier de croissance, parfois cet horizon souhaité, est largement présenté comme un élément devant faire partie des stratégies des entreprises. Quand pour certaines le passage des frontières paraît évident par la nature même de leurs activités - c'est notamment le cas des parfumeurs de Grasse - pour d'autres, c'est bien moins évident et ça requiert, réflexion et préparation en amont.

Réplique stratégique

"L'international est un moyen d'affronter la guerre économique que nous vivons", dit clairement Caroline Pozmentier, la vice-présidente de la Région Sud-Provence Alpes Côte d'Azur, en charge des relations internationales. Quand le marché domestique souffre et que la compétition se mondialise, bien sûr que l'export est une façon de tirer son épingle du jeu, d'affronter les concurrences, de répondre aux défis d'un secteur donné... "Il y une prise de conscience (de la part des entreprises NDLR) que l'économie s'est mondialisée", rappelle Alain Meysonnier, le président des Conseillers du commerce extérieur de la France pour la région Provence Alpes Côte d'Azur. "Même dans les services de proximité, il est difficile de demeurer sur son terrain privilégié". Mais surtout, et c'est Xavier Gesnouin, le président des CCEF Côte d'Azur qui le souligne, "pour certaines entreprises c'est facile, pour d'autres non".

Car c'est par là déjà que le bât international peut blesser. Vouloir s'exporter c'est bien, surtout sur le papier, mais dans la vraie vie ce n'est parfois pas aussi facile à faire qu'à dire. Surtout que "de plus en plus d'entreprises veulent partir à l'international" poursuit Xavier Gesnouin. La volonté seule ne suffit pas.

Préparation avant l'action

Car si, "les entreprises s'exportent, toutes n'y restent pas", note Alain Meysonnier. "Sept entreprises sur dix abandonnent", rappelle Audrey Pierlas. Et si la directrice de CCI International Provence Alpes Côte d'Azur indique une donnée brute, c'est que la réalité est parfois loin de l'export rêvé. Pour exporter, il faut - parfois longuement - se préparer. "Il faut être correctement staffé, avoir de la trésorerie", poursuit Audrey Pierlas. "Partir à l'international coûte de l'argent", renchérit Xavier Gesnouin. Ne surtout pas "penser que l'international est la solution de survie aux difficultés d'une entreprise". On évitera donc de décider de s'exporter sur un coup de tête et de partir à l'aventure fleur au fusil. Mieux vaut être armé de bons conseils et d'une stratégie définie en amont.

Et si possible, autant utiliser aussi les outils existants. Comme le VIE, le Volontaire International en Entreprise, surtout dans des fonctions commerciales, "ça coûte peut-être un peu, mais c'est très efficace", affirme Alain Meysonnier. "ll est plus simple de partir à l'international aujourd'hui, qu'il y a quarante ans", assure Xavier Gesnouin, "car nous avons des outils qui permettent d'aller plus vite".

Team Sud Export, la preuve ?

Si toute manifestation dédiée à l'international et à l'explication de la méthode qui va bien sont les bienvenues, l'espoir vient de Team Sud Export, le guichet unique qui réunit Région Sud, CCI International, CCEF, Business France... Passé en mode pilote avant-gardiste et testeur depuis l'été, Provence-Alpes Côte d'Azur semble démontrer la force d'un dispositif qui "ne fait pas du coup par coup mais qui donne un coup de fouet grâce à un accompagnement personnalisé", dit Audrey Pierlas. Si tous ces acteurs de l'international se parlaient déjà, "nous étions aux fiançailles, désormais nous sommes au stade du mariage", se réjouit la directrice de CCI International. C'est donc plus d'efficacité et des objectifs ambitieux, ceux d'accompagner 500 entreprises par an, ce qui n'est pas anodin. Mais apparemment les appétits sont bel et bien aiguisés.

Chef d'orchestre

Et dans le dispositif global, la politique internationale régionale joue aussi son rôle. C'est de la diplomatie économique menée avec les pays prioritairement choisis pour une stratégie affinée. "Lorsque la collectivité s'engage, elle entretient l'écosystème en jouant son rôle de chef d'orchestre. Il faut avoir une culture du travailler ensemble", appuie Caroline Pozmentier, la Région Sud étant par ailleurs (mais pas seulement) axée sur une politique euro-méditerranéenne. "C'est le principe du bottom up, ça doit partir du terrain. Il faut un accompagnement de proximité, il faut rester au plus près de l'entreprenariat local". Meilleure façon pour être dans le personnel. Donc dans l'efficace. Mais parfois aussi, pour cela, "il faut enlever nos œillères" incite Xavier Gesnouin et "être prêts à partir dans des pays où l'on n'a pas l'habitude d'aller" comme l'Inde ou Les Canaries. Et ça d'autant que l'international "n'est plus tabou, désormais c'est une fierté". A manipuler avec précaution...

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