CCEF, le conseiller (de terrain) sachant exporter

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(Crédits : BPI France)
Méconnu souvent, bénévole, expert sur l'export, le conseiller du commerce extérieur de la France est l'un des piliers sur lesquelles les entreprises désireuses d'international peuvent s'appuyer. Et leur rôle dans l'économie est plus impactant qu'il n'y paraît.

Le conseiller du commerce extérieur de la France est un vieux conseiller. Entendre qu'il fait partie du paysage économique français depuis longtemps, depuis 120 ans exactement. A l'époque c'est pour redonner le goût de l'international aux entrepreneurs que ce statut est créé. Plus d'un siècle plus tard, rien n'a changé ou presque. Le CCEF joue toujours son rôle de conseiller de terrain. Et c'est bien là sa plus-value. Chef d'entreprise, exportateur, il est l'une des meilleures sources d'information sur un marché, un pays, sa culture et ses potentialités. C'est dire s'il gagne à être connu. Car parfois le CCEF est un inconnu pour beaucoup entreprises comme le reconnaît Alain Meysonnier, le président des CCEF de Provence Alpes Côte d'Azur. Mais lorsque il a été identifié comme source d'informations, "l'entreprise comprend très vite l'intérêt du CCEF".

Du Traité de Rome à NOTRe

Conseiller pratico-pratique pour les entreprises, le conseiller du commerce extérieur de la France l'est aussi des institutions. Si le comité national et l'Etat ont des "relations directes", localement, les contacts se font avec les Régions et les préfets. Et ce, d'autant que le périmètre des CCEF est large. "Le grand changement dans l'évolution de notre rôle a été la quatrième mission donnée par Laurent Fabius, qui concerne la promotion de l'attractivité de la France", souligne Xavier Gesnouin, le président des CCEF Côte d'Azur rappellant la contribution des CCEF à la construction de l'Europe. Pour Alain Meyssonier, c'est la loi NOTRe qui "constitue une évolution certaine", le président régional insistant sur l'implication bénévole des conseillers "nous n'avons rien à justifier et rien à vendre". Mais la volonté farouche de "faire savoir que nous existons. Un CCEF est efficace parce qu'il sait ce qu'est l'international".

D'ailleurs Brexit, Chine, VIE... "tous les sujets relatifs au développement international", ne sont pas ignorés.

Compétences expertes

Bénévole donc, chef d'entreprise ou cadre dirigeant, le conseiller du commerce extérieur de la France est expert en son domaine ce qui permet aux comités d'être de véritables réseaux pointus. En Provence Alpes Côte d'Azur on concentre les connaissances en cosmétique, agro-alimentaire, aéronautique, maritime, numérique et tout ce qui relève du "smart". "Nous sommes compétents sur le grand export comme l'Afrique, l'Asie ou l'Amérique latine", dit Alain Meysonnier. "Nous sommes un peu moins bons dans certains pays d'Europe tels l'Allemagne mais nous comblons ce manque par une collaboration étroite avec nos homologues sur place".

Encore plus

Si les entreprises sont de plus en plus volontaires pour exporter, il n'en reste pas moins que le commerce extérieur de la France n'est pas au beau fixe. Comment gommer le déficit ou le réduire au mieux ? "En travaillant", pointe Xavier Gesnouin, "beaucoup d'entreprises aimeraient partir à l'export, mais ce n'est pas toujours facile". Et de rappeler un élément peu identifié, à savoir que "les services n'entrent pas forcément dans les statistiques de l'export. Comment, ce que réalisent les grands groupes à l'international est-il comptabilisé ?" Pour Alain Meysonnier, "il faut insuffler la passion de l'international, mais une passion concrète". Continuer à surfer sur la bonne image de la France à l'international, même si "le phénomène continue mais n'augmente pas", d'après le président régional qui exhorte à s'intéresser "aux pays qui nous aiment bien, comme l'Afrique et l'Amérique Latine qui ont toujours eu le regard tourné vers l'Europe". La France et ses entreprises ont un rôle à jouer "dans la guerre commerciale internationale", assure Xavier Gesnouin. "Les entreprises françaises ont des qualités gigantissimes, à nous de les vendre encore mieux que ce qui est fait aujourd'hui et de montrer que la France est un vrai partenaire économique à l'international".

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