Fabrice Greffet : "Le travail temporaire est un outil de lutte contre la précarité"

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(Crédits : Cyril Chauvin)
Jamais le dernier lorsqu'il s'agit de monter au créneau, le président du Prism'Emploi PACA, le syndicat qui réunit les professionnels du secteur, veut balayer le mauvais procès qui est fait à l'intérim en démontrant qu'il répond au contraire aux enjeux contemporains.

"L'intérim, c'est le contraire de la précarité", insiste Fabrice Greffet. Quelque peu agacé par les propos pas toujours positifs qui entourent le travail temporaire. Pourtant, les derniers chiffres sont bons. En Provence Alpes Côte d'Azur, au mois d'août, les effectifs intérimaires affichaient un positif + 2,7 %. Mais le hic n'est pas là. S'il n'est sans doute pas si étonnant de constater qu'en période estivale le recours à l'intérim soit chose normale, c'est bien plus les commentaires qui entourent ces résultats qui titillent le président régional.

Outil

Et l'argument le plus avancé et qui énerve Fabrice Greffet, c'est celui d'un travail temporaire qui entretiendrait la précarité de l'emploi. Rien de plus faux, dit le président du Prism'Emploi PACA. "Le travail temporaire est un outil de lutte contre la précarité c'est un outil de gestion de la précarité. C'est un remède et non une cause". Et de démontrer pourquoi.

D'abord parce que "l'intérim est un tremplin vers la durabilité" dit Fabrice Greffet, chiffres à l'appui : sur 100 intérimaires, 71 sont en emploi un ou deux ans après leur passage en interim dont 18 % en CDI ou CDI intérimaire. Parmi ceux qui sont en CDI, 47 % sont embauchés dans l'entreprise où ils ont effectués leur mission.

Et d'ajouter que pour les salariés les plus fragiles, l'intérim est souvent une solution première.

Qualification et formation, mamelles méconnues

L'autre argument avancé, c'est la fonction de formation qu'assume l'intérim, "un passage obligé pour s'adapter au bouleversement du travail qui mue à longueur de temps". Rappelant au passage que "depuis 30 ans, l'intérim représente 3 % de la population active, c'est donc bien un indicateur systémique", ajoute le président du Prism'Emploi PACA. "Notre seul but c'est la qualification de la personne".

C'est surtout un mode d'emploi qui plaît aux jeunes. Les nouvelles générations, on le sait, ne sont pas attachées ni à une entreprise ni à des contrats longs. Le travail temporaire coche donc parfaitement les deux cases. Début octobre, la publication d'un sondage réalisé par Opinion Way fait état d'un optimisme non feint : 73 % estiment que l'intérim est un bon moyen pour construire son parcours professionnel et ils sont même 34 % à y avoir déjà eu recours.

Changement de braquet

"L'image sur le travail temporaire change, pas assez vite, mais les mentalités évoluent", note Fabrice Greffet.

Il faut donc encore de la pédagogie. Expliquer. Voire démontrer. Démystifier mais pour cela sans doute aussi mieux communiquer. Outil de flexisécurité, plébiscité par les jeunes, enregistrant des niveaux pas connus depuis dix ans, le travail temporaire ne se porte pas si mal. Et même, assure Fabrice Greffet, "il demeure un outil d'innovation important". A faire mieux valoir, sans doute.

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