Neuroschool veut s’imposer à l’international

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(Crédits : DR)
Lancée le 10 septembre, l'école universitaire de recherche coordonne différentes structures d’enseignement et de recherche présentes à Marseille. Sa mission : faire rayonner à l’international son expertise en matière de neuro-sciences et favoriser l’insertion professionnelle des étudiants.

A l'origine de Neuroschool, un appel d'offre national lancé en 2017 visant à "promouvoir en France le modèle reconnu internationalement des Graduate Schools". Ces écoles, que l'on appelle Ecole universitaires de recherche (EUR) en français, réunissent sous un même label différentes structures d'enseignement (masters) et de recherche (écoles doctorales et laboratoires de recherche) dans un domaine, afin d'en améliorer la visibilité internationale et de créer des synergies.

169 demandes ont été déposées, pour 29 Ecoles universitaires de recherche créées, dont Neuroschool. A la clé : un financement de 10 M€ sur dix ans, de quoi financer les ambitions internationales de l'école, d'autant que si les neurosciences étaient auparavant une discipline d'observation des comportements, "elles vont prendre une part très importantes dans l'éducation, l'intelligence artificielle, le big data ou encore dans les maladies neurodégénératives", observe François Féron, directeur de l'école.

Bourses, conférences internationales et écoles d'été

Pour ne pas manquer le coche et s'imposer au niveau mondial, l'école veut attirer des talents du monde entier au moyen de bourses, "des bourses pour attirer les meilleurs étudiants, des bourses de mobilité pour ceux qui réaliseraient un stage chez un de nos partenaires à l'étranger ou pour les étudiants étrangers qui viendraient ici". L'organisation de conférences internationales est également sur les rails, même si la forme n'a pas encore été tranchée.

Dans ses ambitions internationales, Neuroschool s'engage également avec Aix-Marseille Université, dans le processus de création d'une université internationale telle qu'annoncée récemment par Emmanuel Macron. L'école travaille pour l'heure à discuter avec de potentiels partenaires dans la création de cette université européenne. Si le projet se concrétise, elle envisage de développer dans ce cadre ses écoles d'été. "Nous pourrions avoir une école d'été avec chaque partenaire, une année chez eux, l'autre ici à Marseille, sur des thèmes qui correspondent à nos spécialités".

Des spécialités, Neuroschool en dégage quatre : "les neurosciences développementales comme l'autisme, le vieillissement cérébral, le comportement et les systèmes de réseaux de neurones".

Favoriser l'insertion professionnelle des étudiants

En plus de financer le développement international de l'école, les 10 M€ investis par l'Etat et "Aix-Marseille initiative d'excellence" (A*Midex) permettront d'innover en matière de pédagogie. Cela passera par exemple par la création d'un fablab (laboratoire de fabrication), de moocs (cours en ligne), ou encore de classes inversées : "c'est l'enseigné qui enseigne avec à sa disposition divers outils numériques. Cela permet aux étudiants de s'approprier un sujet". Mais surtout, l'école veut offrir à chaque étudiant un suivi individualisé. "Notre souci est d'offrir aux étudiants des débouchés hors académie. Seul un sur dix sera maître de conférence ou chercheur à plein temps. Le suivi permettra de détecter les centres d'intérêt, les désirs de chacun pour mieux orienter".

Une volonté qui se manifeste également par la création de formations en partenariat avec d'autres filières. "Cette année, nous développons un master de vulgarisation avec l'Ecole de journalisme et de Communication d'Aix-Marseille". Et d'ici deux à trois ans, une formation de data analyst devrait voir le jour, en partenariat avec l'Institut d'administration des entreprises d'Aix-en-Provence. Il s'agit de créer des liens entre diverses disciplines alors que, comme l'explique Viktor Jirsa, directeur de l'institut des neurosciences : "le secteur évolue à vitesse grand V : le chercheur de l'avenir devra avoir des compétences dans une grande variété de domaines".

Neuroschool veille également à nouer des liens avec le monde industriel. "Nous travaillons avec trois biotechs qui apportent leurs savoirs et accueillent nos étudiants. Cela leur permet de découvrir d'autres filières".

Recherche et enseignement sous un même label d'ici cinq ans

D'ici dix ans, l'école aimerait rendre "encore plus pérennes [ses] financements" Dix ans c'est assez loin, la stratégie n'a donc pas encore été clairement définie même si François Féron a quelques pistes : "Nous essaieront d'obtenir des financements locaux, du Département, de la Région, de la Ville". Il est également question d'un fond d'investissement financé par la région sur lequel travaille une des start-ups partenaires de l'école. Un fond d'amorçage à hauteur de 100 000 euros pour la création de biotechs. "Nous pourrions y prendre part", imagine François Féron. Enfin, Neuroschool aimerait à terme compter sur son attractivité pour développer son offre de formation continue, source de revenus.

Cependant, si l'école universitaire de recherche mise sur l'enseignement, "il ne faut pour autant pas s'en contenter", souligne François Féron. En effet, d'ici cinq ans, l'ambition est de créer un seul institut nommé NeuroMarseille et qui réunirait, en plus de l'école, les dix instituts de recherche que compte la ville. De quoi peser encore plus lourd à l'échelle mondiale.

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Commentaires
a écrit le 23/10/2018 à 22:39 :
Les grandes écoles, les grands établissements, les universités, les cnrs, inserm, inra, inria... Et maintenant les ces machins: on veut encore embrouiller l'enseignement supérieur français. Que je sache, les graduate schools américains ont toujours été des départements post bachelor des universités les plus renommées.

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