Cannes, le tourisme et la stratégie de conquête

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(Crédits : DR)
Connue et reconnue pour le Festival du Film ou ses congrès internationaux, la Cité des Festivals n'en subit pas moins la concurrence d'autres destinations. D'où un PAC – Plan d'actions commerciales – qui doit permettre à la destination de renforcer son attractivité.

L'année 2018 n'a pas été horribilis du tout pour la Cité des Festivals. Elle est même qualifiée de "tonique" par les professionnels du tourisme, ravis que la Croisette et son Palais des Festivals ne soient pas vus uniquement comme l'écrin des stars et paillettes mais qu'ils s'inscrivent aussi dans l'accueil des événements BtoB. Pour rappel, c'est ici que Reed Midem organise ses MipTV, Mipcom, Mapic et autres Midem. C'est ici aussi que se déroulent le CannesLions - le festival de la publicité -Trustech - le rendez-vous orienté sécurité numérique - IPEM - celui dédié au private equity... Une activité dynamique donc mais qui ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt des vrais sujets d'attractivité.

Plan de développement

Car si une activité soutenue en terme de réception de congrès et autres événements professionnels peut paraître naturelle elle en est pourtant pas moins intrinsèquement liée à la stratégie déployée. Comprendre, derrière ce qui paraît aller de soi se cachent des actions de conquête précises.

En 2018 donc, si Cannes a fait le plein de 150 000 visiteurs supplémentaires c'est aussi grâce à un nombre plus important d'événements - 5 au compteur ces 12 derniers mois - dont le fameux festival des séries CanneSeries présidé par l'ex-ministre de la Culture, Fleur Pellerin (qui, il faut bien le reconnaître à su prendre la place médiatique en la matière), ou le Red Bull Air Race qui a envahit la baie de Cannes en avril réunissant à lui tout seul 85 000 spectateurs en 3 jours.

En parallèle, le travail sur des offres hôtelières ciblées a contribué à faire grimper le taux d'occupation en week-end - un +6 % pas négligeable qui doit donner le sourire aux professionnels du secteur - alors que le digital et les campagnes qui y ont été associées ont apporté également et logiquement leur contribution. Prouvant une fois de plus que le marketing territorial est une grande famille, à plusieurs aspects.

Et maintenant ?

Si le satisfecit est général il n'en reste pas moins que Cannes (c'est-à-dire la Ville et la Semec, la société d'économie mixte qui gère le Palais des Festivals NDLR) applique l'adage qui conseille de ne pas s'endormir sur ses lauriers. Challengée par d'autres destinations européennes - le concurrent est berlinois ou espagnol mais pas niçois ou marseillais - la Cité des Festivals a annoncé sa feuille de route pour les mois à venir. Où il est question d'internationalisation poussée en général et de marché américain entre autres, en particulier. Logique aussi quand on se revendique du titre de village mondial. Ainsi Cannes sponsorisera le Bastille Day à New-York en juillet prochain, avec le CRT Côte d'Azur. Mais ce sont aussi les outils sur le terrain qui contribuent à la perception globale. Souvent vu comme un outil (trop) classique mais pour autant pas moins indispensable - il n'existerait plus qu'il serait réclamé - l'office de tourisme ici va être repensé (et livré en 2019) pour convenir aux nouvelles générations, celles des millenials entre autres. Pour attirer toujours plus les différentes clientèles, le nombre d'événements va être augmenté, douze nouveaux rendez-vous ayant été annoncés rien que pour les mois de janvier et février 2019. Dont IntoDays, consacré à l'innovation dans le tourisme. Tout cela avec en filigrane, des événements dont la taille moyenne grossit, de 639 pax à 916 pax.

Le digital, outil pour convaincre

Elément à part entière de la stratégie de conquête, le digital est un axe qui va également être renforcé. Faire en sorte que le hashtag Cannes soit partagé 3,5 millions de fois sur Instagram, atteindre 440 000 followers tous réseaux sociaux confondus (c'est-à-dire 10 % de plus qu'actuellement) ça ne se fait pas sans opération séduction. D'où les programmes d'accueil d'influenceurs déjà programmés. Tout cela est à remettre dans le contexte d'une destination qui retravaille son urbanisme et notamment son bord de mer emblématique. Le célèbre boulevard de la Croisette fait l'objet d'un plan de modernisation. Les plages n'ont pas coupé à l'effet décret plage mais le résultat semble convenir aux parties prenantes. Comme toute ville qui jongle entre son histoire ancienne, celle de village (de pêcheurs ici) et son envergure internationale, la délicate équation est celle de la bonne addition. Autrement dit du bon équilibre.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2018 à 7:49 :
Stratégie de conquête....du maire qui se démène à tout va pour que sa stratégie de charme puisse opérer. Elections prochaines obligent. Donc sur la forme je vais bien, tout va bien, etc. Sur le fond, l'image est beaucoup moins glamour: la clientèle à fort pouvoir d'achat fuit les palaces cannois totalement obsolètes, l'hôtellerie en général ne se renouvelle pas, les lieux stratégiques sont trustés par les amis du maire, les événements "populaires" sont d'un goût douteux, en tout cas assez consternant pour une grande partie des cannois, la culture est celle de TF1 ou des people qui prennent le pas sur les belles clientèles qui ont fait la gloire de la Côte d'Azur.
Non, ce n'est pas une stratégie, c'est de l'opportunisme permanent à la limite du démago d'un maire qui veut diriger sans partage. Et re-non, ce n'est certainement pas de la conquête, au mieux une pâle tentative de reconquête de quelques fragments d'image de ce que fut Cannes

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