Nice Smart Valley : un démonstrateur pour quoi faire ?

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(Crédits : DR)
Installé en plein cœur de l'Eco-Vallée, le démonstrateur français qui fait partie du projet européen Interflex passe en phase active, celle d'ailleurs qui constitue sa raison d'être : expérimenter les flexibilités en appui du réseau. Une étape essentielle dans ce qui constitue la transition énergétique, mais surtout un test grandeur nature qui a tout de stratégique.

Quand on porte le nom de démonstrateur, on ne peut pas faire autre chose que de servir de vitrine à ce que sera demain. Si son installation en plein cœur de l'Eco-Vallée depuis 2017 était à la fois tout un symbole - celui des smart grids, qui s'inscrivent pile poil dans la philosophie éco-énergies de l'OIN - c'est bien l'activation des flexibilités qui fait entrer Nice Smart Valley dans la principale raison de son existence : tester dans les conditions réelles ce qu'elle peut permettre sur la maintenance et la "vie" du réseau. Et comme l'a maintes fois rappelé Bernard Mouret, le directeur territorial Côte d'Azur d'Enedis, pilote officiel de Nice Smart Valley : mettre à jour de nouveaux business modèles.

L'impact du mix énergétique

Ainsi donc depuis ce mois de septembre, les premières flexibilités ont été activées chez les clients volontaires. Cette étape est indispensable pour mettre en lumière ce qui sera à terme une réalité de tous les jours : faire appel aux utilisateurs pour moduler les besoins du réseau. Autrement dit, comment le gérer de manière optimale en fonction des pics et en intégrant dans l'équation les nouvelles sources d'alimentation que sont les EnR. Mais aussi en tenant compte des nouveaux usages comme la place que prendra demain dans les foyers les véhicules électriques, lesquels consomment... de l'électricité. "Nous passons d'un système très centralisé à un système qui s'appuie sur un mix énergétique", dit Luc L'Hostis, directeur Collectivités, Territoires et Solidarités Méditerranée au sein d'EDF, l'un des sept partenaires du consortium Nice Smart Valley. Le but c'est bien de voir les "use-case", le client n'étant plus seulement un simple consommateur mais un "client qui produit, consomme, stocke, injecte l'énergie sur le réseau". Ce qui demande adaptation et essais pour ne pas se tromper.

 "La grande question c'est comme embarquer le client dans ce nouveau monde", souligne Guillaume Lehec, directeur de département au sein d'Engie, l'un des deux agrégateurs, avec EDF, aux manettes des activations de flexibilité. "Nous cherchons à savoir comment le marché va évoluer" et comment les opérateurs doivent se comporter vis-à-vis de ce dernier, surtout que comme "Nice est déjà sous contrainte électrique, il va être intéressant de voir si la transition énergétique à un impact". Le but, comme le mentionne pour sa part, Thibaut Wagner, le pilote opérationnel de Nice Smart Valley, c'est de pouvoir constater les baisses de consommation, via le compteur Linky.

Pousser l'expérimentation

Pour l'heure, donc 60 clients particuliers et 10 clients entreprises participent à l'aventure. Ce qui permet de tester deux types de flexibilités. Pour les premiers on parle de flexibilité comportementale : le client est prévenu par SMS d'une contrainte qui va survenir sur le réseau, en contrepartie de quoi il s'engage à réduire sa consommation aux pics indiqués. Pour les seconds, on parle de flexibilité pilotée, ce qui concerne notamment les chaudières gaz/électricité, le but étant ici de passer d'une énergie à l'autre.

Débutée début septembre, l'expérimentation va se poursuivre, une soixantaine de sollicitations envers les "testeurs" ayant été programmée tout au long de l'année, c'est-à-dire jusqu'à l'été. Les agrégateurs de leurs côtés, poursuivent leurs recrutements. A terme ce sont 350 clients BtoC et 20 clients Bto B qui feront partie de ce club spécial. "C'est une façon pour eux de contribuer à un projet innovant et environnemental", rappelle Luc L'Hostis.

La prochaine étape est programmée pour janvier prochain avec l'installation de batteries afin de tester leur capacité à alimenter le réseau en cas de coupure. "L'idée est de pouvoir vérifier que les scénarios imaginés se passent comme prévu", souligne Thibaut Wagner. Car comme le résume Guillaume Lehec, "c'est l'avenir que nous cherchons à tester".

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