L'ambition africaine de P.Factory

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(Crédits : DR)
En devenant partenaire du réseau Jokkolabs, l'accélérateur implanté à Marseille et Nice ajoute une dimension internationale à son profil. Avec la volonté de servir de hub pour les startups de deux côtés de la Méditerranée.

Un accélérateur doit-il lui aussi se doter d'une portée internationale, à l'image de ce que l'on conseille aux startups ? Sans doute, surtout lorsque l'opportunité rejoint l'utilité, la forme et le fond en somme.

Chez P.Factory, l'international est une question qui était depuis quelque temps déjà un sujet d'attention. Au printemps dernier, l'accélérateur avait été sonder le potentiel à Casablanca, au Maroc. Puis d'autres déplacements se sont succédés, confirmant à Patrick Siri et Bertrand Bigay, les deux co-fondateurs, que l'idée était bonne. Mais qu'il fallait lui donner forme d'une façon appropriée.

"Cela faisait un moment que l'on envisageait d'explorer ce qu'il se passe en Afrique", explique Bertrand Bigay. De voyages en rendez-vous, le projet s'est dessiné un peu plus finement. Car rapidement, "nous avons été convaincus qu'il fallait prendre le sujet à l'envers, c'est-à-dire non pas ce que P.Factory peut apporter à l'Afrique mais comment aider les startups africaines à se développer en Europe".

Essaimage méditerranéen

Et plutôt que d'y aller seul, c'est avec Jokkolabs que l'accélérateur français a décidé de passer à la concrétisation. Jokkolabs c'est une initiative portée sur les fonts baptismaux par Karim Sy, d'abord au Sénégal avant d'essaimer en Gambie, en Côte d'Ivoire, au Bénin, au Cameroun, au Burkina Faso, au Maroc et au Mali. En France, il est présent à Nanterre. Et donc désormais à Marseille puisque P.Factory devient la représentation locale de cette initiative qui réunit des entrepreneurs et un réseau de centres d'innovations, l'idée étant d'aider les porteurs de projets à créer leur propre entreprise. Pour l'accélérateur c'est surtout aller un peu plus vite sur son plan de développement à l'international puisque "grâce à ce rapprochement, nous ouvrons P.Factory aux pays où Jokkolabs est déjà présent", souligne Bertrand Bigay. Soit 8 pays d'un coup.

Une initiative qui contribue à concrétiser les envies de Marseille - maintes fois répétées dans les discours des acteurs économiques - d'être un hub vers l'Afrique.

Les différents Jokkolabs africains vont désormais flécher les startups susceptibles de voir dans la France ou l'Europe un relais de croissance. De jeunes pépites innovantes qui pourront être hébergées soit dans les locaux de P.Factory, soit au sein même des startups françaises et azuréennes accompagnées par l'accélérateur.

Mais il n'y a pas que pour les startups africaines que la naissance de Jokkolabs à Marseille possède un intérêt. Il est tout aussi intéressant pour les 60 startups actuellement accélérées par P.Factory. Sans doute que pour certaines d'entre elles, l'Afrique représente une opportunité à saisir ou à explorer. "Nous allons identifier celles qui ont une pertinence à aller en Afrique. Elles seront accompagnées sur place par nos partenaires Jokkolabs. Seuls, nous n'avons pas le réseau, l'ancrage, la culture", détaille Bertrand Bigay.

Autre élément qui peut profiter à Jokkolabs, la diaspora africaine est présente en Provence Alpes Côte d'Azur. Ce qui peut - à l'instar de ce qui se fait avec les Africains installés dans la Silicon Valley - donner envie à certains de créer leur propre startup à destination de l'Afrique ou encore de financer des projets déjà structurés.

Pour P.Factory, qui fête cette année ces 4 années d'existence et qui est présent à Marseille, Aix-en-Provence et Nice, l'international apporte une touche de différenciation. Mais l'Afrique demeure la seule expérience "hors les murs" français. Pour le moment.

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