Institut 3IA : et maintenant ?

 |   |  895  mots
(Crédits : DR)
Présélectionné pour donner naissance à l'un des Instituts interdisciplinaires d'intelligence artificielle, Nice Sophia-Antipolis doit maintenant affiner le dossier final d'ici le 15 janvier prochain. Une date butoir synonyme d'un enjeu d'importance pour un territoire qui s'est qualifié alors que peu le voyaient en finale. Et qui est prometteur de ce qui peut, a minima, se passer en Provence Alpes Côte d'Azur.

Il y a des hasards du calendrier que l'on peut parfois interpréter comme des signes. La bonne nouvelle de la présélection du projet 3IA Côte d'Azur, porté par Nice Sophia-Antipolis, le 6 novembre dernier, à 24 heures du lancement du SophIA Summit - sommet de 3 jours consacré à l'IA - fait partie de ces heureuses coïncidences. Choisi parmi douze autres candidats - dont faisait partie Paris-Saclay et Marseille notamment  - Nice Sophia-Antipolis a donc remporté une première manche, suite à l'appel à manifestation d'intérêt lancé par l'Etat en juillet dernier. Et cette pré-sélection - si elle n'est que la moitié du chemin - est pourtant une très bonne nouvelle pour le territoire azuréen, pas toujours perçu aussi innovant qu'il l'est réellement et qui en faisant partie des 4 dossiers retenus pour la seconde phase envoie un signal non négligeable d'un point de vue de l'attractivité territoriale en confirmant la puissance de Sophia-Antipolis et en montrant que Nice n'est pas que touristique.

Voilà donc pour le premier pas. Mais c'est le second qu'il convient de préparer maintenant. "Nous avons toutes les pièces nécessaires (pour réussir)", estime David Simplot, directeur innovation de Université Côte d'Azur et directeur d'INRIA Sophia-Antipolis. Si 3IA Côte d'Azur est axé autour de la santé, de la biologie numérique et le développement des territoires, c'est notamment sur cette thématique "smart city que nous avons une crédibilité", pointe David Simplot. Il convient donc maintenant d'expliquer dans le sens attendu par le jury international de quelle façon ces différentes pièces peuvent s'articuler pour légitimer définitivement la naissance d'un 3IA en Côte d'Azur.

Implication des entreprises

Un transfert renforcé de la recherche vers la smart city par exemple est l'un des points où il convient d'insister, avec notamment l'exploitation de la donnée à mettre en lien. "Nous avons les chercheurs pour le faire", rappelle David Simplot, pointant l'une des spécificités du territoire à la densité scientifique en sciences du numérique et en mathématiques parmi les plus importantes au niveau national.

L'un des points essentiels du dossier Nice Sophia-Antipolis réside dans l'implication des entreprises. Déjà pour l'Idex, ces dernières s'étaient massivement mobilisées, actant par écrit leur soutien et surtout expliquant ce que cette labellisation aurait de positif pour elles-mêmes, leurs projets, l'écosystème. Même implication pour l'institut 3IA, où une cinquantaine d'entre elle parmi lesquelles Amadeus, Accenture, Bosch, Qwant, Renault Software Labs, NXP, Arm... se sont impliquées dans la candidature.

Portée régionale

L'un des autres atouts c'est l'excellence académique qui s'appuie entre autres sur l'école universitaire de recherche (EUR) Digital System for Humans, ou la Deep Learning Summer School, sans omettre la formation initiale, avec le MSc Data Sciences, la Licence et le Master informatique et mathématiques. Et bien sûr, il ne faut oublier les laboratoires pour constituer un triptyque efficace. "Notre but est vraiment d'effectuer de la recherche tous ensemble, soit via des laboratoires communs, soit des thèses en entreprise ou encore des contrats de recherche". Et pour aider à ce que les liens se consolident entre acteurs, une action de networking est programmée pour le 6 décembre, au sein d'Amadeus, à Sophia-Antipolis pour faire se rencontrer entreprises et chercheurs. Car si la date du 15 janvier est bien sûr une étape importante, l'idée est de capitaliser sur tout le travail exigé par le dossier pour nourrir la croissance du territoire. "Nous ne nous arrêtons pas au 15 janvier", note David Simplot. Niveau bienfait au territoire, la démarche de Nice Sophia-Antipolis bénéficie aussi à l'ensemble de Provence Alpes Côte d'Azur. "Nous allons nous appuyer sur le pôle SCS et sur le volet recherche, sur l'Aix-Marseille Université pour ce qui est de l'animation scientifique. Le conseil régional a, lui, mis en place les outils nécessaires".

Lutter contre les murs qui n'existent pas

Jusqu'à la mi-janvier donc, un comité de pilotage se réunit toutes les semaines, une fois sur deux élargi aux clusters et aux collectivités. Un comité scientifique, se réunit lui, tous les 15 jours. Avec les porteurs de projets des trois autres territoires présélectionnés - Toulouse, Grenoble et Paris - "nous échangeons pour être plus forts ensemble. Nous ne sommes plus en compétition, nous pouvons réussir tous les quatre", note David Simplot. En effet, l'Etat a fait part de sa volonté de faire émerger 4 à 5 instituts. Même si il ne peut, au final n'en rester que un ou deux.

Université Côte d'Azur, Inria, CNRS, Skema, CEA, Mines Paris Tech, CHU de Nice, INRA... toutes les parties prenantes "sont de niveau international", tient à rappeler le directeur de l'innovation UCA. Mais le directeur de l'INRIA Sophia-Antipolis, rappelle aussi que "nous, à l'INRIA, avons la conviction qu'il faut irriguer le territoire avec des startups à haut niveau technologique. On doit pouvoir faire émerger plus de 3 à 4 startups par an, il faut massifier le tissu existant. Si les startups trouvent ce dont elles ont besoin, elles resteront ici". Et puis l'institut 3IA, "doit aider à lutter contre les murs qui n'existent pas". Faire en sorte par exemple que le docteur regarde plus facilement le monde de l'entreprise. "Nous avons la volonté de faire avancer l'écosystème".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :