Cédric Messina : "La French Tech doit aider à créer une nouvelle génération d'entrepreneurs"

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(Crédits : DR)
Alors que la feuille de route nationale appelle à donner naissance à des licornes, le co-président de la French Tech Côte d'Azur exhorte à ce que les entreprises qui se créent sur le territoire demeurent sur le territoire. Aidées si possible par davantage de fonds d'amorçage et de capital-développement. Car il est question de présence affirmée sur la carte de France numérique.

La labellisation des territoires en matière de dynamique French Tech, c'est pour bientôt, exactement pour début 2019. Si le mouvement national a donné le là il y a quelques mois déjà, exhortant à créer des licornes, en région, le sujet c'est la reconduction du label.

En Côte d'Azur, tout n'a pas toujours été facile. "Parler d'une seule voix a été un long combat" reconnaît Cédric Messina tant la multiplicité des bassins, entre autres, qui composent la Côte d'Azur n'a pas facilité les choses. Mais ça, c'était avant. Car maintenant, le sujet est ailleurs. Si Cannes, Grasse, Sophia-Antipolis et Nice se parlent et organisent ensemble des événements festifs toujours bons pour animer l'écosystème, la question c'est le colibri - l'emblème azuréen collé au coq bien français - gazouillera-t-il encore dans quelques mois ?

Croissance des pépites

Car comme ailleurs, la French Tech Côte d'Aur fait face à des enjeux et des défis. "La French Tech ne remplace pas ce qui existe", dit déjà, Cédric Messina. Comprendre que les différentes associations qui la composent ne vont pas être absorbées. D'autant que "notre rôle est de faire redescendre la feuille de route nationale et faire remonter ce qui se bien ici", explique le président.

En clair contribuer à la croissance des pépites. Mais pour ça, il y a quelques efforts à faire. "Il faut plus de PASS French Tech", exhorte le président, un peu déçu que le territoire n'en ai obtenu que 3 alors que dans le cadre de la re-labellisation 5 serait le chiffre minimal. "Nous sommes leaders sur la création d'entreprise mais mois sur les PME. Nous sommes avare en ETI. Et il faut accélérer sur le lien startup/grand groupe". Au niveau du financement, peut aussi mieux faire. "Nous sommes l'un des seuls départements où il n'existe pas assez de fonds d'amorçage ou de capital développement", pointe Cédric Messina. Car l'objectif, "c'est la scalabilité".

Nouvelle génération

Et d'en remettre une couche sur la nécessaire entente à avoir - "sans fracture entre les territoires" et "sans être dans les divisions politiques".

Car il ne faudrait pas que Côte d'Azur voit son colibri s'envoler définitivement et ne pas être labellisée à nouveau. "Nous disparaitrions alors de la carte numérique", craint Cédric Messina.

L'intérêt de Côte d'Azur réside aussi peut-être dans le choix de ne pas s'éparpiller. "Les territoires qui ont réussi sont ceux qui ont choisi une filière bien définie". En accord avec les spécificités du territoire, puisque "une filière ne se décrète pas". Surtout donc, "pas de dispersion tous azimut".

Car l'enjeu c'est donc de faire grandir et grossir les entreprises locales. "Il faut générer une génération d'entrepreneurs capables de se sédentariser, il faut créer une génération de décideurs qui vont réinvestir".

A la question de comparaison entre la Côte d'Azur et la Silicon Valley, parallèle souvent fait, le co-président azuréen rappelle que la seconde s'est forgée en opposition avec New York et "nous, nous ne voulons pas faire comme Paris". Donc "il nous faut créer notre propre modèle". L'écosystème représente une plus-value génialissime, à condition de créer des synergies et non des oppositions. Et de saluer par exemple la l'appui apporté par la CCI Nice Côte d'AZur et la dynamique engendrée par l'Université Côte d'Azur. Qui est un élément visible à grande échelle et qui peut contribuer à changer la perception de la Côte d'Azur - "les clivages, ce n'est pas bon pour l'image" - qui en mettant "tous les acteurs économiques sous la même bannière, renverrait une énergie hyper dynamique".

Et ne pas croire surtout que la French Tech pourrait disparaître de l'écosystème entreprenarial. "La mission de la French Tech c'est de faire comprendre que tout cela exige de la rigueur. Et que les startups ce n'est pas un effet de mode".

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