Claire-Anne Reix : "SAFE est un outil de développement au service de la stratégie des entreprises"

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(Crédits : DR)
Mettre la technologie au service des industriels et des applicatifs terrains, jouer collectif avec les pôles complémentaires, s'appuyer sur l'Europe pour trouver des partenaires tout en gérant l'autonomie du financement voilà qui fait partie des enjeux pointés par la nouvelle présidente du pôle spécialisé en sécurité et aérospatiale. Le tout dans le contexte de nouvelle feuille de route des pôles, très attendue.

SAFE Cluster est en avance. C'est un peu ce qui fait à la fois sa force et sa faiblesse. Car SAFE est né de la réunion entre deux pôles de compétitivité, Pégase, alors orienté aérospatial  et Risques, dédié comme son nom l'indique aux solutions de sécurité, incluant la sécurité, l'environnement et la résilience des territoires et des infrastructures. Sauf que ces deux sujets  présentant une réelle complémentarité, il a été décidé en 2015 d'effectuer une fusion somme toute logique et surtout bien plus pertinente pour les entreprises adhérentes.

Être pertinent et donc efficace c'est bien la préoccupation de Claire-Anne Reix. Fraîchement aux manettes d'un pôle qu'elle connaît bien, elle reconnaît qu'avec ses deux spécificités SAFE est parfois dans un mouvement de balancier mais que la préoccupation majeure est bien de faire en sorte que la technologie serve aux industriels. "Nous ne pouvons pas être que techno push ou user pull. Il faut tenir compte des industriels qui ont une stratégie marché". D'autant que régionalement, le sujet de la sécurité par exemple est extrêmement transverse, touchant le tourisme, l'environnement, le maritime... Mais la région justement constitue un magnifique territoire d'expérimentation. Ce qui permet de tout rendre tout de suite les tests, concrets. Essentiel pour accéder aux marchés.

Pôles connectés

Pour SAFE, le sujet d'actualité, c'est bien sûr la phase IV des pôles de compétitivité, nouvelle feuille de route pour laquelle il s'est positionné. Et pour le coup, son expertise en terme de résultats d'après fusion peut servir même si cela peut aussi le fragiliser.

Mais le credo de la présidente, c'est le collaboratif intelligent. "Nous travaillons avec les deux autres pôles axés aéronautique, Aerospace Valley et Astech, mais chacun conservant ses spécificités" précise Claire-Anne Reix, ajoutant que Safe a travaillé pour être le coordinateur des pôles intéressés par la sécurité physique. En région, même esprit de travail en commun qui se déploie notamment avec SCS sur les sujets d'IA et de big data. "Il faut lier la notion humaine et la notion industrielle. Le travail ensemble c'est le premier pas vers la réussite".

Quitte donc à ce que pour bien faire, il faille aller voir ailleurs que le seul périmètre régional. "Si nous voulons être reconnus, nous devons nous déployer". C'est donc le cas en Ile-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes. "Notre objectif", martèle Claire-Anne Reix, "est de donner vie à des projets, de contribuer au développement économique du territoire et de positionner les solutions françaises comme les références à l'Europe".

L'Europe, partenaire à favoriser

Pour le favoriser ce développement territorial, ce sont les entreprises qu'il faut encourager. Ainsi SAFE dispose de 13 programmes comprenant de la technologie de base aux systèmes et aux expérimentations. Certains sont axés aéronautique d'autres sécurité, d'autres encore, transverses. Et pour voir grand, il ne faut pas avoir peur de viser l'Europe. L'Europe qui "permet d'aller chercher des partenaires ou des solutions, qui permet d'aller sourcer des compétences pour monter ses propres projets européens". Et pour le faire encore mieux, 2019 devrait voir la structuration d'une cellule Europe dont la mission sera justement de militer pour une meilleure intégration du pôle et de ses adhérents en tant que partenaire dans des propositions de projets européens. A venir dans le même délai, le déploiement des Comités d'Open Innovation sur des thématiques spécifiques alors que des Comités d'Open Lab vont être mis en place pour favoriser le si essentiel rapprochement entre les petites et moyennes entreprises - qui représentent 60 % des 450 adhérents de SAFE - et les grands groupes. "Les PME ont besoin des grands groupes, lesquels ont besoin des PME pour être plus agiles. C'est de la complémentarité dans l'innovation", appuie Claire-Anne Reix.

Structurer l'innovation

La complémentarité c'est une autre façon de présenter le principe du gagnant-gagnant. "Le pôle n'est pas une charge pour l'adhérent qui paye une cotisation, c'est un outil pour ses membres. Il faut que le pôle structure l'animation et que l'entreprise en soit partie prenante sur les sujets qui la concernent". Bien sûr, l'un des défis du pôle réside dans son autonomie financière, de l'ordre de 50 % de son budget, les 50 autres pourcent étant apportés notamment la Région, l'Etat et les collectivités. Et s'il est normal de répondre aux sollicitations des financeurs, "notre rôle est de faire naître des projets, avec les industriels et les laboratoires". Et pourquoi pas s'en servir comme vitrine pour être visible à l'international. Le prochain enjeu des pôles est peut-être en partie celui-ci...

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