Comment La Compagnie vient chatouiller Delta sur Nice-New-York

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(Crédits : DR)
L'arrivée en mai prochain d'une liaison entre la capitale de la Côte d'Azur et la Grosse Pomme, assurée par le spécialiste de l'offre classe affaires à prix abordables vient secouer le monopole assuré pour l'heure par la compagnie américaine. L'occasion aussi pour cet acteur français de faire la preuve de son business modèle.

Le secret a été entretenu jusqu'au bout par les deux parties. Il faut dire que l'arrivée de La Compagnie à l'Aéroport de Nice pour une liaison saisonnière directe Nice - New York officialisée ce 3 décembre, n'est pas le genre d'annonce tout à fait anodine. D'abord parce que ce jeune acteur français - il est né en 2013 - arrive avec un concept à part, pour l'heure uniquement testé sur la ligne Paris - New York. Ensuite parce que pour le second aéroport de France, c'est l'une des plus belles façons de conforter sa place de leader.

Et clairement, autant le vice-président exécutif Ventes et Marketing, Jean-Charles Perino, Christian Vernet le président, que Dominique Thillaud, le président du directoire d'Aéroports de la Côte d'Azur ne gâchent pas leur plaisir face la surprise que crée l'annonce faite en commun.

Pas magicien

Car dès le 6 mai 2019, il sera donc possible de s'envoler depuis la Baie des Anges pour Big Apple à bord de La Compagnie. Pour l'heure, seule la compagnie américaine Delta opère en direct entre la Côte d'Azur et New-York. Autant dire que l'arrivée de ce nouvel acteur sonne comme un défi.

Et La Compagnie en a tout à fait conscience. Jean-Charles Perino répétant que "nous sommes humbles". Certes, mais pas moins ambitieux. Car avec son business modèle, cet acteur, apparu en 2014, apporte une nouvelle offre dans le ciel français. Son positionnement : des vols 100 % classe affaires mais avec des billets 30 à 50 % moins chers que la concurrence. Et des appareils - après deux Boeing 757-200, le choix s'est porté sur deux Airbus A321 neo avec wifi à bord - qui offrent 76 sièges au lieu des 220 habituels.

"Nous ne sommes pas les Gérard Majax du transport aérien, nous sommes une petite entreprise", souligne Jean-Charles Perino. Mais avec son positionnement, La Compagnie - qui appartient à la holding Dreamjet Participations - veut sortir du lot, ni compagnie classique, ni low-cost.

La connectivité directe, la connectivité directe, la connectivité directe

A Nice, Dominique Thillaud ne cache pas son enthousiasme. C'est que les Américains semblent avoir encore davantage aimé la Côte d'Azur en 2018 qu'en 2017 puisque la fréquentation américaine a bondit de +22 % en une année et que le nombre de passagers au départ de Nice pour les Etats-Unis est en hausse de 13 % quand 450 000 séjours d'Américains sont dénombrés sur la Côte d'Azur. A la question de qui a fait le premier pas, le président du directoire d'Aéroports de la Côte d'Azur dit juste qu'il y a des volontés qui se rencontrent (et des études de marché qui font naître les volontés...) mais que surtout, "on souffrait de manque de connectivité". Car malgré la présence de Delta, qui affiche un fort taux de remplissage, souvent à 100 %, obligeant certains passagers à emprunter des hubs, "le marché reste porteur" confirme Dominique Thillaud qui insiste sur le fait que "la connectivité directe, c'est notre métier, c'est ce qui a le plus de valeur".

Confirmer le potentiel

La Compagnie est donc sereine, certaine que la cible identifiée - celle venant de Nice, Cannes, Monaco, peut-être un peu Turin - va confirmer les espoirs placés. Dès ce 4 décembre, une offre de 1 000 billets aller-retour à 1 000 euros est lancée. Une opération de communication sera menée avec le CRT Côte d'Azur. Car La Compagnie compte ne pas attirer uniquement de la clientèle affaires mais aussi une partie de passagers venus de la classe éco. Sur la ligne Paris-New-York qu'elle opère depuis Orly, un tiers des passagers provient du trafic éco, "de personnes qui upgradent leur voyage de l'éco à l'affaire" dit Jean-Charles Perino.

Christian Vernet se dit "confiant sur la croissance et persuadé du potentiel", rappelant que la compagnie française fait évoluer le marché. "La majorité de notre clientèle est américaine et la moitié de notre chiffre d'affaires - 60 M€ en 2018 - provient des Etats-Unis".

De 110 salariés actuellement, les effectifs s'étofferont dès le mois de février pour atteindre 140 personnes. Plutôt positionnée sur du court/moyen courrier, La Compagnie imagine son développement passer par l'Afrique par exemple alors que "l'Asie nous est fermée".

Pour l'heure, La Compagnie semble réussir là où les low-cost ont échoué. Christian Vernet précise tout de même : "quand on est une petite compagnie il ne faut pas se tromper".

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