La CCI Nice Côte d'Azur, la réforme qui fait mal et l'aide (possible) des députés

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(Crédits : DR)
Dans le bras de fer engagé entre les chambres consulaires et l'Etat, les premières pourraient bien avoir gain de cause. Et c'est la CCI métropolitaine azuréenne qui a eu l'idée de faire appel aux élus qui siègent à l'Assemblée nationale pour confirmer ce que les sénateurs ont voté : la suppression de la baisse de taxe pour frais de chambre.

Alors que c'est la taxe sur le carburant (mais pas que) qui est à l'origine de l'agitation qui envahit l'Hexagone, une autre baisse de taxe suscite toute l'attention des Chambres de commerce et d'industrie et de leurs présidents. En effet, alors que la réforme imaginée par l'Etat prévoyait de baisser la taxe pour frais de chambre, soit 100 M€ de moins rien que pour 2019, voilà que les sénateurs ont amendé l'article du Projet de Loi de Finances supprimant du coup... les baisses envisagées.

 1-0, balle au centre

Une première petite victoire pour les CCI, très remontées contre ce qu'elles considèrent comme un coup de poignard dans le dos et dont elles n'avaient pas besoin vu les coupes budgétaires dont elles ont déjà fait l'objet. Une petite victoire qu'elles aimeraient bien confirmer... Et comme le texte de loi va revenir en deuxième lecture à l'Assemblée nationale, c'est le moment où jamais de faire appel aux députés et de leur demander de suivre l'attitude des parlementaires.

Car l'enjeu pour les CCI est que cette baisse brutale de ressources vient grèver et mettre en danger leur rôle voire leur existence. Si à Nice Côte d'Azur, "nous nous sommes structurés" dit Jean-Pierre Savarino, son président, ce qui ne devrait pas entraîner de plan social en 2019, "nous ne pourrons peut-être pas faire face encore longtemps".

Soutien au territoire

Surtout la réforme et les baisses prévues par l'Etat, "sont économiquement incompréhensibles. C'est anti-fonctionnel. Pourquoi casser un modèle ?", s'agace Jean-Pierre Savarino, qui demande un "retour à un débat normal". Dans cette quête, voire cette requête d'un dialogue qui ne soit pas celui de sourd, le président consulaire peut compter à la fois sur le soutien de France Urbaine - une réunion s'est d'ailleurs tenue à Paris le 5 décembre dernier avec l'ensemble des CCI de France - mais aussi sur le MEDEF qui dès l'arrivée à la présidence de Geoffroy Roux de Bézieux a mis en place une commission dédiée au sujet. Autre soutien et surtout argument à exposer aux députés, celui de la Métropole Nice Côte d'Azur avec laquelle des projets sont menés en commun comme le Campus de l'apprentissage qui s'érigera bientôt dans l'Eco-Vallée ou les actions menées envers les commerçants. Et puis la CCI, rappelle le président Savarino, "donne ses orientations sur les grandes infrastructures".

Bien sûr, si la réforme inquiète ce sont les rabots financiers qui mettent à mal les business modèles des CCI. "Mon objectif est de rendre la CCI la plus indépendante possible", avoue Jean-Pierre Savarino qui pointe aussi le fait que pour certaines CCI, l'évolution d'un business modèle exige du temps et "un certain nombre d'années d'exploitation". Et si la CCI Nice Côte d'Azur a un potentiel qui peut lui permettre de s'en sortir, cela ne pourra être vraiment le cas que "si on ne revient pas piquer dans la caisse".

Alors "oui pour réformer, mais pas n'importe comment".

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