Fabrice Alimi, amoureux du territoire et agitateur d'idées

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(Crédits : DR)
On le connaît tour à tour avec sa casquette de président du Club de l'immobilier ou celle de vice-président de la CCI Marseille Provence. Mais peu importe le sujet, l'ardeur à la tâche est la même. Quitte à secouer le cocotier… et les idées reçues.

Il aime dit-il "tracer le sillon". Une expression "terrienne" qui sied bien à celui qui, dans le civil, agit dans la promotion immobilière. Un métier où il est venu presque par hasard. Mais le hasard, dans la vie, on le sait bien, ça n'existe pas.

Elevé "dans les valeurs républicaines de base", c'est en Israël qu'il vit durant deux ans, étudiant la géopolitique, vivant dans un kibboutz, "libéré des contingences éducatives familiales", libre donc d'apprendre "un nouveau mode de vie, collectiviste", qui bien sûr "a façonné ce que je suis", dans des valeurs de "solidarité et d'entraide". De quoi sortir d'une certaine zone de confort. Ça tombe bien, les zones de confort "l'ennuient".

Ce qui au contraire nourrit son enthousiasme c'est de "lancer des projets". Pour les "faire ronronner" en revanche, s'adresser ailleurs. "Ce qui correspond bien au métier que je fais", remarque-t-il. Dans l'immobilier en effet, tout projet présente "une topographie différente, une sociologie différente... c'est à chaque fois une expérience nouvelle. C'est un renouvellement permanent".

Mains dans le cambouis

Mais donc, lorsque Fabrice Alimi revient en France, c'est d'abord vers la gestion de patrimoine qu'il se tourne, parce que "habile dans le maniement des chiffres". A 30 ans, il se lance dans l'entreprenariat, toujours dans la gestion de patrimoine. Sauf qu'il utilise alors l'immobilier comme outil. Et la promulgation de la loi Périssol - on est en 1996 - loi de défiscalisation immobilière va contribuer au succès de la toute jeune entreprise. Pour finir à ce que Fabrice Alimi verse totalement dans la promotion immobilière.

C'est évidemment par ce biais là, qu'il met un premier pied au Club de l'immobilier, puis un deuxième, puis ce sera "les mains dans le cambouis", jusqu'à assumer la présidence à partir de 2013. Et là, les idées fusent. Parce que si le BTP, les architectes, les promoteurs... ont tous leurs syndicats respectifs, "il n'existe aucune représentation filière", déplore Fabrice Alimi. Or, "je veux pouvoir peser sur les ambitions réglementaires, influer sur les notions d'usage..." Et d'expliquer que l'on "ne peut créer une ville si on ne prend pas en compte les humains et les usages qui y sont attachés. On doit raisonner dans notre territoire". L'idée a donc creusé son sillon... Et des 8 clubs de l'immobilier existants en France, une Fédération nationale verra officiellement le jour en févier 2019, à Marseille.

Hub de compétences

Instigateur en 2015 des Assises de la transition énergétique - on y parle technique, nouvelles pratiques et financement - il les fait pivoter désormais en Assises de la transition écologique. Histoire de voir avec un spectre plus large. Pile dans l'air du temps, évidemment.

Mais quand on aime tracer les sillons, il faut aussi s'attendre à être demandé là où on ne s'y attend pas. Lorsqu'on propose à Fabrice Alimi un poste de vice-président à la CCI Marseille Provence, il s'attend logiquement à se voir attribuer le sujet de l'immobilier. Trop facile. Ce sera celui de l'emploi... Lui-même pas forcément emballé de prime abord, se rend vite compte des similitudes entre les deux secteurs. "L'emploi est comparable à l'industrie immobilière", assure Fabrice Alimi. Dont le regard neuf sur le sujet est précieux... et apporteur d'idées. "J'ai appliqué la même méthode qu'au Club de l'immobilier", c'est-à-dire encourageant les parties prenantes à ne pas rester dans leurs pré-carrés, à agir ensemble et pas chacun dans son coin. "La CCI n'a pas vocation à faire les choses mais en revanche possède une vraie capacité à être un porte-voix". Ainsi naît Tandem, hub du mentorat, une idée folle sur le papier, pas si folle en réalité qui permet de réunir demandeurs d'emploi et chefs d'entreprise, les seconds conseillant les premiers. Sur le sujet, il est aussi intarissable qu'ambitieux, envisageant 500 mentors engagés à fin 2019, 1 000 d'ici 2020.

Création de valeurs

Et pour creuser le sillon un peu plus profondément, le lancement annoncé de l'Institut du Mentorat, déjà né à Paris, vise à répondre à une problématique globale : faire des PME, de jolies et fortes ETI, cette denrée rare que l'on réclame à cor et à cri. Dans la même philosophie, l'Instagram de l'emploi emprunte au réseau social sa capacité à apporter de l'information via des vidéos de témoignages ou autres tutoriels. Sa cible, c'est évidemment les plus jeunes. Et son lancement est pour bientôt.

"On peut gommer une partie des inégalités, donner la chance d'avancer dans la vie. Il faut beaucoup de volonté et d'énergie, il faut de l'écoute active. Et s'inscrire dans l'intérêt général", dit celui qui s'auto-proclame "curieux et passionné donc enragé".  Convaincu que l'on "doit co-construire", il estime que cela n'est possible que si un chef est désigné pour diriger, un "chef qui doit être attentif et attentionné". Un peu chef Sioux ou de tribu aussi. C'est la meilleure façon de secouer le cocotier. Et les idées reçues.

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