Quelle stratégie pour l'Université Côte d'Azur ?

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(Crédits : DR)
Née en 2015, vaste communauté regroupant, écoles de commerce, CHU, INRIA notamment, c'est elle qui dès 2020 va prendre la place de l'Université Nice Sophia-Antipolis. Un virage hautement stratégique, autant dans la formation proposée que dans le positionnement global. Où il est aussi question de place dans les classements internationaux.

"Lorsque Frédérique Vidal (alors présidente de l'Université Nice Sophia-Antipolis NDLR) est venue me chercher nous nous sommes engagés dans la labellisation Idex. L'idée de l'Université Côte d'Azur était de rassembler tous les acteurs de l'enseignement supérieur et de la recherche, de créer un nouveau type d'université, en lien avec ses entreprises et son territoire", rappelle Jean-Marc Gambaudo. De fait, c'est en unissant l'Université Nice Sophia Antipolis avec Skema, l'Edhec, l'INRIA, l'Observatoire de la Côte d'Azur, la Villa Arson ou encore l'école supérieure de réalisation audiovisuelle... que la labellisation "Initiatives d'excellence" est obtenue. Une sacrée reconnaissance qui montre que le modèle est bon, "que c'est ce que nous voulions pour la Côte d'Azur" dit le président d'UCA. C'est-à-dire mettre en place "des actions qui font le lien entre la recherche fondamentale et les enjeux sociétaux. C'est à l'université de savoir comment être connectée à la société".

UCA prend le pas

Si le "passage" de l'UNS vers l'UCA s'est peu à peu inscrit dans les esprits, la publication ce 12 décembre de l'ordonnance relative à l'expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion des établissements d'enseignement supérieur et de recherche a joué le rôle de signal. Celui où l'on sait que c'est le moment ou jamais d'y aller. Ainsi, au 1er janvier 2020, c'est l'Université Côte d'Azur qui prend le statut d'Etablissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel et le pas pour de bon. Et c'est bien sûr pas anodin.

Ainsi, parmi les établissements membres d'UCA, certains conserveront leur personnalité morale, d'autres devront l'abandonner quand d'autres deviendront des membres associés.

Côté formation, évidemment, c'est l'excellence qui doit primer. Sur ce sujet, les Ecoles Universitaires de Recherche appelées aussi EUR vont être les fers de lance de cette stratégie de synergie entre l'Université et ses différentes composantes. "L'EUR est une formation qui plaît", s'enthousiasme Jean-Marc Gambaudo, soucieux par ailleurs de voir des programmes attirer les chercheurs de haut-niveau.

Dans la stratégie, figure aussi cette collaboration menée avec des entités locales, comme Université Côte d'Azur le fait avec UCLA et la Ville de Cannes autour de l'Institut du storytelling ou avec Grasse avec la mise en place d'un Master en management spécialisé industrie du parfum.

Ancré dans le territoire

Les entreprises, embaquées dans le dossier Idex dès 2015, n'ont pas l'intention de ne pas continuer à nourrir leur lien avec UCA. "La demande des entreprises est forte", dit, ravi, Jean-Marc Gambaudo, remarquant que les rapport entre les grandes entreprises comme Amadeus et Thales Alenia Space avec les startups, "ça fonctionne bien" et qu'avec celle de taille moyenne, "c'est plus compliqué". Les formations comme le Master international "Data Sciences" (80 étudiants de niveau Master formés par an NDRL) d'Eurecom ou l'antenne à Sophia Antipolis des MINES ParisTech qui ouvre prochainement une formation ingénieur en Data Sciences venant compléter le Master spécialité "Optimisation des systèmes énergétiques" contribuent au rayonnement d'UCA. "L'université doit être partout sur le territoire, être proche des collectivités, des entreprises, des vrais problèmes et fournir la formation qu'il faut".

Principe de la transformation

Si la volonté est belle et bien là de projeter la Côte d'Azur et sa nouvelle université dans une nouvelle ère, ce n'est pas pour autant que tout se fait sans heurts, sans interrogations et sans obstacles à franchir, notamment dans la façon dont l'Université s'administre. Une Université qui doit "être en mode guichet et pas en mode administratif", insiste Jean-Marc Gambaudo, reconnaissant aussi que "ça demande du temps" mais aussi "qu'il faut bouger les lignes". Quitte pour changer dans le bon sens à avoir recours à une méthode souvent infaillible, celle du benchmark. C'est comme cela qu'UCA est tombé en amour avec l'Université Laval. Au point de créer ensemble deux chaires et de lancer 5 projets de recherche transdiciplinaires. Mais ce n'est qu'au Québec qu'UCA s'implique. Elle est aussi présente au Vietnam et au Montenegro, avec la volonté de rayonner dans les Balkans. L'international, indispensable...

La Fondation, créée en 2017, "est un outil important, pour UCA comme pour les entreprises". Des entreprises "qu'il faut arrêter de regarder de façon très descendante. Il faut être pragmatique. Le système en France est fait très en silo. Les vrais défis sociétaux s'en fichent des modèles en silo. La question c'est comment faire pour que UCA devienne un bon outil pour aller au-delà des sujets que l'Université à elle-même créé".

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