Philippe Servetti : "Sophia-Antipolis a allumé la mèche de la diversification de la Côte d'Azur"

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(Crédits : DR)
Alors que dans quelques semaines débutera l'année de célébration de ses 50 ans, et alors que La Tribune lui consacre un dossier dans son hebdo en kiosque, la technopole est plus que jamais sous les feux des projecteurs, notamment pour sa capacité à anticiper et à s'adapter, rappelle le directeur général de Team Côte d'Azur, l'agence de développement économique.

La Tribune - Où en est Sophia-Antipolis ?

Philippe Servetti - On assiste à un changement de la photographie économique de Sophia-Antipolis. Les trois champs qui ont toujours fait son socle comme les TIC, la santé ou les écotechnologies sont eux-mêmes en train de muter. La conséquence c'est que désormais nous chassons davantage les usages que les filières d'activité. Ainsi les TIC mutent vers le véhicule autonome et connecté, la santé vers la silver économie, les éco-technologies vers les smart grids. La fintech est aussi un usage sur lequel nous allons surfer.

Justement, cette filière du véhicule autonome se structure fortement depuis un an.

Nous l'avions déjà avec des acteurs présents comme Magneti Marelli, Bosch ou NXP, avant l'arrivée de Renault et Mercedes. Nous sommes sur ce sujet en avance de phase. De manière générale, Sophia-Antipolis anticipe beaucoup de mouvements.

L'union entre Sophia-Antipolis et Nice semble être de mise, enfin.

Le vrai plus du territoire c'est le couple Sophia-Antipolis et Métropole de Nice. Cela se fait en bonne intelligence. Le premier signe avait été la candidature French Tech, le deuxième signe a été l'obtention du label Idex, le troisième signe c'est la présélection à l'obtention d'un institut 3IA, or l'intelligence artificielle est un secteur-clé pour le territoire. On ne peut plus penser stratégie de façon décloisonnée. C'est Sophia-Antipolis qui a allumé la mèche de la diversification de la Côte d'Azur.

Sophia-Antipolis est-elle toujours bien perçue ?

Sur les marchés d'usage, Sophia-Antipolis est bien perçue. En revanche il faut encore faire des efforts face aux investisseurs. Il existe une forte compétition européenne, face à des territoires comme Lyon, Berlin, Amsterdam ou Londres. Nous ne sommes pas une capitale européenne, mais nous avons des atouts. Nous devons encore asseoir l'image de la technopole.

L'une des faiblesses de Sophia-Antipolis est clairement la mobilité.

L'adaptation des communications internes au parc n'a pas suivi son évolution. Des solutions sont en cours de déploiement comme le bus-tram qui reliera Antibes au parc technologique. Mais il faudra continuer à trouver des solutions, sans doute en changeant les pratiques. Il faudra être innovant.

Comment imaginez-vous l'avenir de Sophia-Antipolis ?

J'aimerais que Sophia-Antipolis soir référent en terme de technologie. Sophia-Antipolis et la Côte d'Azur doivent devenir un living lab. C'est un territoire toujours ouvert à l'international qui doit être un territoire d'expérimentation. Peu de territoires ont nos caractéristiques. L'enjeu principal est d'attirer les talents. Le faible turn-over qui caractérise Sophia-Antipolis est à la fois un frein et un atout. Nous aimerions avoir un turn-over maîtrisé qui permet de renouveler les talents.

N'y a-t-il pas des synergies à tirer de la proche Italie ?

Nous n'avons pas, il est vrai, suffisamment de relations avec nos voisins italiens. C'est une piste possible à développer. Le pôle SCS a des liens avec Torino Wireless. Auvergne Rhône Alpes à davantage de relations avec le Piémont. Des liens renforcés profiteraient à nos deux destinations.

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