Robert Calcagno, la protection des océans et l'intérêt du numérique

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(Crédits : DR)
Phare volontaire pour éclairer le monde marin, l'Institut océanographique de Monaco veut jouer pleinement son rôle d'éducation et de prévention face à un écosystème qu'elle défend depuis plus d'un siècle. Ou quand expliquer signifie vulgariser, opter pour la médiation, et que le numérique aide bien, ainsi que l'explique son directeur général.

C'est un autre Prince Albert qui lui a donné vie, en 1906. A l'époque c'est Albert 1re qui règne sur le plus petit Etat du monde et qui déjà va jouer un rôle que l'on connaît bien aujourd'hui, celui de lanceur d'alerte. "Le Prince a beaucoup travaillé pour mettre en œuvre une océanographie moderne. Lui-même était navigateur. Il portait une vraie philosophie et une posture humaniste", rappelle bien volontiers Robert Calcagno. Directeur général de l'Institut océanographique de Monaco, celui qui a été ministre de l'Environnement de la Principauté, est un peu la vigie de l'institution. Défendre le monde marin, fragile, sensible à la main de l'homme, est la mission principale de cet Institut, planté au bord de l'eau, tel un phare. C'est que la relation entre l'homme et la mer n'est pas toujours faite de bienveillance, même si parfois, certains actes ne sont pas volontaires pour mettre à mal l'océan. "On a toujours besoin de l'Institut pour faire passer des messages, pour assurer la communication entre les décideurs, les chercheurs et le grand public".

Engagement humain et... étatique

Et donc, "les Princes de Monaco ont tous contribués à cette implication" envers la protection de monde marin, "cela a toujours été un engagement personnel mais cela a toujours été aussi l'engagement d'un Etat, qui a la capacité de convaincre", qui est finalement "un outil de médiation" essentiel.

Si expliquer et vulgariser cela se fait de multiples et différentes façons, si c'est aussi, à travers les expositions qu'il accueille, le rôle du Musée océanographique (ou de la Maison des Océans à Paris), l'Institut a aussi une autre façon de médiatiser ce qui a intérêt à l'être comme les hommes et femmes qui œuvrent souvent dans l'ombre, pour la sauvegarde des mers. C'est justement à cela que servent les Grandes Médailles Albert 1er, qu'ont reçu cette année la navigatrice Ellen Mac Arthur désormais à la tête de sa Fondation éponyme et Eric Karsenti, directeur scientifique de l'expédition Tara Océans, la première pour son implication à faire comprendre et adopter ce qui relève de l'économie circulaire, le second pour, entre autres, son travail de cartographie du plancton à travers les mers du globe. Mais les Grandes Médailles s'attachent aussi à récompenser ce qui est issu de la recherche. Un honneur rendu à la science qui peut - doit - aider le "politique" à prendre les décisions justes. Pour le coup, ce sont des thèses que récompensent les Grandes médailles, parce que ce qui vient des nouvelles générations de chercheurs, c'est aussi une façon de soutenir l'innovation.

Nouveau pilier

L'innovation justement est un "pilier", le troisième en terme de moyens - ou d'outils - qui servent à porter la bonne parole. "Aujourd'hui, à côté du Musée, de la Maison des Océans, nous nous appuyons sur un troisième pilier de notre action qui est la médiation grâce au numérique", souligne Robert Calcagno. Ainsi l'exposition "Monaco et l'Océan" qui a investi le Musée et qui veut interpeller sur l'avenir des ressources marines profite largement du numérique pour rendre son objectif plus impactant, s'articulant autour de théâtres optiques, d'écrans LCD (86 exactement), d'un tunnel immersif long de 10 mètres ou d'un serious game qui confronte le visiteur concrètement à des crises environnementales, à résoudre évidemment.

Mais si la digitalisation est un vecteur qui permet de toucher et de sensibiliser le grand public, c'est à une autre échelle que l'Institut réfléchit à unir plus large avec l'objectif de fédérer les bonnes volontés présente aux quatre coins du monde autour d'une plateforme à partager. "Nous travaillons avec les grands centres océanographiques européens sur l'open data", ajoute Robert Calcagno. "Nous avançons avec une approche collaborative". Donc plus efficace. Dans la protection des mers et des océans, comme pour tout autre sujet, c'est toujours l'union qui fait la force. Ça s'appelle aussi avoir des intérêts convergents...

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