Claude Giafferri, Sophia-Antipolis, les entreprises et la notion d'attractivité

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(Crédits : DR)
Alors que la technopole aborde son cinquantenaire, Sophia Club Entreprises poursuit sa stratégie d'animation de ce territoire à part en restant tourné vers les entreprises et leurs besoins. Où il est aussi question de faire fructifier un potentiel naturel, soumis parfois à des freins… qu'il convient, si possible, de contribuer à lever, comme le dit son président.

L'idée d'un club qui rassemble les entrepreneurs émerge souvent au sein des territoires. A la fois relais des besoins et un peu lobbyiste aussi, son rôle est d'être une sorte de courroie de transmission entre les institutionnels et les forces vives qui y sont implantées. C'est exactement le rôle de Sophia Club Entreprises, sorte d'observatoire de ce qui se passe sur une technopole qui est depuis 50 ans, un peu à part. A l'aube donc de son demi-siècle, quel regard, SCE porte-t-il sur Sophia-Antipolis ? "Sophia-Antipolis se porte bien", répond Etienne Delhaye, le directeur exécutif du club. "La croissance se poursuit avec un solde positif de 1 000 à 2 000 emplois par an. Arm (processeurs) et Amadeus (industrie du voyage) ont fait part de plan de recrutements significatifs. Côté startups, Therapixel et Teach on Mars développent une belle notoriété au niveau national et international. D'un point de vue strictement économique, Sophia-Antipolis est un moteur qui tourne".

Absorber les chocs

"Dans la nature de la technopole, il y a la collaboration entre les acteurs. Une collaboration plus solide, plus dense qu'avant", note Claude Giafferri, le président de Sophia Club Entreprises. "L'académique, l'économie, les institutions fonctionnent bien ensemble. Il existe une écoute des acteurs les uns envers les autres".

Une bonne entente qui sert par exemple à absorber les chocs comme l'annonce de la fermeture du site de Galderma et la suppression de 400 postes en 2018, annonce qui a fait réagir la technopôle comme un seul homme, certaines entreprises embauchant notamment les talents ainsi dépourvus d'emploi. "Galderma a eu un côté positif et un côté négatif", remarque Claude Giefferri. "Négatif, car il montre que lorsque les entreprises n'ont pas leur siège ici, ça peut devenir compliqué. Dès une certaine taille atteinte, il y a une plus grande exposition à des fermetures ou des réductions d'effectifs. Mais il y a eu également un côté positif, en matière de casse sociale, la fermeture a été amortie". Dans la même catégorie de signaux positifs, se comptent la labellisation Idex, obtenue en janvier 2016 ou la présélection, en novembre dernier du territoire Nice Sophia-Antipolis pour l'accueil d'un institut 3IA. "Cela reconnaît un état de fait, reconnaît l'identification d'un terreau".

Vision d'avenir

Dans ce contexte, Sophia Club Entreprises s'est aussi adapté à l'évolution de la technopole. "Sophia Club Entreprises a fait sa transformation en 2015 - le club s'appelait alors le Club des Dirigeants, regroupant uniquement les dirigeants des grandes entreprises NDLR - sur l'état des lieux selon lequel les entreprises, au-delà du business, ont un fort intérêt pour la qualité du territoire", assure Etienne Delhaye. Et sur ce point, Sophia Club Entreprises agit avec une triple implication, l'animation, le service aux entreprises et la prospective. Ce qui comprend notamment le développement d'outils comme un service de centrale d'achat, de conciergerie, la création d'une plateforme de mobilité.

"Cette fonction d'animation nous a rendu crédibles, cela nous a donné du poids et de l'input", ajoute Claude Giafferri.

Et après ?

Qui reconnaît que aussi belle et performante soit-elle, Sophia-Antipolis a aussi des lacunes. Surtout en terme d'infrastructures et de mobilité. Ce qui pose des questionnements quasi existentiels. "Doit-on par exemple, continuer à envoyer les salariés travailler au bureau ?", pose Claude Giafferri quand le télé-travail par exemple peut être un bout de solution.

"Il faut conforter ce qui a été entamé", poursuit le président de SCE, pointant notamment le fait qu'il existe encore un déséquilibre entre les petites et les grandes entreprises et qu'un panachage ETI/PME/startups serait le triptyque idéal. Qu'un peu plus de turn-over ne serait pas une mauvaise chose. "Il existe un manque d'investisseurs, il faudrait la présence de venture capitalist. Même à l'échelon national, ce mécanisme est trop faible. La France de ce point de vue est dans le peloton de queue et tout se passe à Paris. Sur la Côte d'Azur, il ne reste que des miettes".

Le défi des 50 ans ? "La venue d'un centre de R&D, oui, cela générerait de la concurrence, mais cela créerait de l'émulation. Il faut un programme ambitieux et que l'on accède à Sophia-Antipolis de façon simple".

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