Laurent Londeix : "Le cœur de Sophia-Antipolis reste le numérique"

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(Crédits : DR)
Impliqué depuis longtemps sur le territoire de la technopôle, celui qui est à la fois président de l'incubateur Paca-Est et délégué régional Provence Côte d'Azur de l'opérateur Orange analyse les atouts – qui se renforcent – mais les faiblesses aussi. Parce qu'avoir 50 ans, c'est aussi synonyme de futur à savoir réinventer.

Laurent Londeix connaît bien la technopole, un territoire fait de bouts de 5 villes, que l'on continue de considérer comme n°1 en Europe. Une technopole qui fête son cinquantenaire, toujours tournée vers l'innovation et avec une santé économique que tous les acteurs s'accordent à qualifier d'excellente, voire d'enviable.

"En 50 ans, Sophia-Antipolis a beaucoup évolué, elle est devenue multiforme", note Laurent Londeix reconnaissant un "pouvoir d'attraction" qui ne se dément pas, les "patrons et les startupeurs étant séduits par le lieu comme par les compétences que l'on y trouve".

Porter une vision

Et d'ailleurs, ce n'est pas anodin, "l'enjeu des compétences est celui de l'avenir". Parce que évolutions, nouvelles filières qui émergent ou pas, "le cœur de Sophia-Antipolis reste le numérique". Et cela, malgré les crises, corollaire souvent - qu'on le veuille ou non - de la croissance. "Sophia-Antipolis réussit toujours à rebondir. La chose nouvelle, c'est la prise de conscience des politiques, qui se rendent compte qu'il n'y a pas que le tourisme ou le BTP", pointe Laurent Londeix.

"Aujourd'hui Sophia-Antipolis rassemble beaucoup de TPE et de PME, qui évoluaient dans leur coin. Nous avons eu la volonté de fédérer les forces avec le Sophia Club Entreprises", souligne celui qui en a été président avant de céder son titre à Claude Giafferri. Et si SCE ne rassemble pas l'intégralité des présences économiques, le club porte tout de même "une parole et une vision".

Interconnexion nécessaire

Constat partagé par d'autres acteurs, le point noir principal de Sophia-Antipolis se niche dans les difficultés en matière de mobilité. "Il y a deux niveaux. D'abord un enjeu d'infrastructures, qui demande un peu plus de verticalité, une meilleure desserte, sujet que l'on évoque depuis 2002... On a besoin de plus de transports en commun, on a besoin de navettes qui assurent les grands points de desserte. Il y a aussi la nécessité de travailler sur une multiplicité de lieux de vie, de logements pour actifs, de bureaux. Nous avons besoin de cela, car nous allons devoir faire avec des départs à la retraite massifs, ces emplois seront remplacés par des jeunes actifs", qui ont, on le sait bien, des habitudes de déplacement qui ne s'appuient pas sur le tout voiture. Pourquoi pas équiper le parc technologique de voitures autonomes ? "Il faut créer cette dynamique".

Attractive, Sophia-Antipolis l'est aussi en terme de projets, notamment de projets immobiliers. Il y a Ecotone, présenté notamment au dernier salon Simi, il y en a d'autres, qui font moins l'unanimité comme Open Sky, mené par la Compagnie de Phalsbourg. Mais pour Laurent Londeix, cette période forte de travaux - 3 ans minimum - pourrait bien "gâcher la vie des sophipolitains". Bref, "il faut une fluidité, une interconnexion beaucoup plus forte. Il y a certes une volonté de construire davantage de logements, mais sans revoir les infrastructures, c'est kamikaze".

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La mobilité mise à part, Sophia-Antipolis va bien grâce "au travail en commun", qui a pris forme avec l'Idex UCA Jedi unissant les acteurs économiques, académiques, les chercheurs... comme avec la candidature à l'accueil d'un institut 3IA. Mais si la "capacité à se fédérer" est belle et bien là, "Sophia-Antipolis doit se renforcer", estime Laurent Londeix, "il n'existe pas suffisamment de soutien de l'enseignement supérieur et de la recherche". Or "si on veut faire naître des startups, il faut des enseignants chercheurs qui ont envie de travailler avec le monde industriel. C'est l'un des facteurs de succès de Sophia-Antipolis dans l'avenir". L'autre pourrait être de "favoriser les lieux d'échanges", car "il faut que les startups échangent davantage avec les grands groupes".

Et même il faut aller plus loin, il faut "viser l'excellence sur des marchés de niche, identifier les noyaux durs, nous avons la capacité à le faire".

Et puis Sophia-Antipolis devrait aussi regarder au-delà de ses propres frontières, comme ne pas ignorer le proche département du Var avec lequel des complémentarités doivent être développées.

Et pour accroître le pouvoir de séduction de Sophia-Antipolis, pour faire un peu plus de marketing territorial, Laurent Londeix aimerait beaucoup que le projet imaginé par la Communauté d'agglomération Sophia-Antipolis de créer des Grands prix de l'Attractivité voit le jour. Pour attirer des compétences... Et donc préparer l'avenir...

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