Pourquoi l'Union maritime veut que le Port de Marseille accélère sur sa fluidité

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(Crédits : REUTERS/Jean-Paul Pelissier)
Alors que la gouvernance actuelle du Grand Port Maritime de Marseille prend fin cette année, sauf renouvellement, le réseau des professions portuaires dresse ses objectifs pour la période 2019-2023. Avec la fluidité logistique en ligne de mire. Histoire d'être plus offensifs.

"Ce qui compte, c'est la fluidité, le port de Marseille doit être meilleur là-dessus", répète Jean-Philippe Salducci. Le président de l'Union maritime et fluviale va même dans la métaphore. "Quand une personne arrive au péage avec sa voiture, elle prend la file où il y a le moins de monde, il faut devenir cette file".

Et cela passe notamment par le développement du ferroviaire selon le réseau inter-professionnel. Si la capacité est aujourd'hui suffisante, la quantité des conteneurs est appelée à augmenter, depuis 2014 les EPV ferroviaires ont bondi de 47 %. "A Fos-Cossoul, il y a une voie unique de 10 kilomètres, nous voudrions la doubler", expose Olof Gylden, directeur général de Manuport. Récupérer la gestion auprès de SNCF Réseau est aussi souhaité.

L'augmentation du rythme ferroviaire peut ainsi ouvrir la voie à d'autres activités que le conteneur. "Le Ro/Ro peut aussi se réaliser avec ce mode de transport. Il y a des investissement à réaliser pour faire rentrer plus de train", défend Amal Louis, de Marfret. "Les trois modes (routier, fluviale et ferroviaire) de transports sont complémentaires, il faut être capable de traiter chacun et se mettre en capacité de gérer les arrivées supplémentaires", prévient Jakob Sidenius, PDG de Seayard. De son côté, Jean-Philippe Salducci aimerait un terminal de ferroutage au sein des bassins Est.


Réorganiser l'espace

Pour Xavier Lassalle, président de Transcausse, la rapidité de passage passe également par les contrôles. "Sur le bassin Est, nous menons une action pour concentrer tous les services de l'Etat au sein du hangar 17", expose-t-il. Une réorganisation qui impacte le trafic passager avec l'Afrique du Nord qui doit être déplacé dans cette zone. "Cela risque de saturer cette zone", s'inquiète Matthieu Hinchliffe de Corsica Linea. "Nous demandons un espace tampon qui n'est pas prévu, nous aurions aussi besoin d'un espace pour le fret". Les zones pour les passagers, le fret et l'attente ne pouvant pas être mutualisées d'après l'UMF.

Une réorganisation qui pose un problème structurel. "Quand le port de Marseille a été conçu les bateaux mesuraient 130 mètres, aujourd'hui c'est beaucoup plus", note Jean-Philippe Salducci. L'idée serait donc d'adapter les quais existants selon leurs capacités à des activités dédiées.

Fin de mandat

Si le réseau inter-professionnel monte au créneau, c'est parce que le mandat de la gouvernance du Port de Marseille-Fos prend fin cette année, reste à savoir si l'équipe actuelle sera renouvelée ou non. "Ce début de mandat permet de fixer les objectifs", explique Jean-Philippe Salducci.

Le président de l'UMF souhaite par ailleurs intensifier les actions collectives de lobbying. L'une des priorités concerne notamment le nœud ferroviaire lyonnais. Ce point aussi crucial que saturé pour le fret à l'échelle de l'Europe est en pleine métamorphose avec un plan de contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise (CFAL). Un projet découpé en deux parties, d'abord au Nord puis au Sud, auquel s'ajoute la ligne Lyon-Turin. Cette conjoncture "entraînerait de facto une distorsion de concurrence en faveur du port de Gênes", estime l'UMF qui souhaite que les deux parties du CFAL se réalise en même temps. Jean-Philippe Salducci s'alarme : "Ce projet peut être le fossoyeur du port de Marseille". Ce qui n'est évidemment pas souhaitable...

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