Où en sont les OIR ?

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(Crédits : Alexpli - Fotolia)
Destinées à structurer des projets stratégiques pour les filières majeures du territoire régional, les Opérations d'Intérêt Régional poursuivent, plutôt discrètement, leur bonhomme de chemin. Avec quel financement, pour quelle finalité, quels projets ? Car l'objectif final de la Région Sud est ambitieux.

Nées pour être au niveau régional ce que les OIN sont au niveau national, les Opérations d'Intérêt Régional prennent peu à peu place dans le paysage économique. D'abord au nombre de 12, désormais recentrées pour n'être plus que 8, elles sont le bras armé de la politique de développement économique voulue par Renaud Muselier.

Initialement, c'est Christian Estrosi, ancien ministre de l'Industrie, qui a eu l'idée de proposer des OIR, lors de la campagne pour les Régionales de 2015. Mises en place à son arrivée à la tête de la Région elles ont depuis été ramenées à 8 au lieu de 12 par Renaud Muselier pour des raisons de pertinence et de clarté. Car ces Opérations ont pour objet de faire émerger des projets dits structurants pour les filières primordiales du territoire Provence Alpes Côte d'Azur. Thérapies innovantes, Industries du futur, Energies de demain, Silver économie, Economie de la mer, tourisme et industries créatives, naturalité, smart tech... Il y en a pour la santé, le maritime, les énergies nouvelles, le 4.0 et la smart city...

De fait, les OIR ne veulent surtout pas être un machin en plus. Elles représentent au contraire un large pan de la stratégie économique portée par Renaud Muselier qui répète encore et encore son intérêt pour l'entreprise et plus largement l'économie, confère le récent partenariat signé avec le Medef Sud.

Les Opérations d'Intérêt Régional c'est donc trois objectifs concomitants : investissement, attractivité, emploi. Des objectifs chiffrés aussi. 1 Md€ de fonds publics et privés mobilisés à terme, 500 implantations d'entreprises venues d'ailleurs et au total 50 000 emplois créés.

Près de trois ans après leur lancement, les OIR c'est respectivement 719 M€ promis en investissement, 74 implantations d'entreprises et 5 294 emplois directs déclenchés. Et c'est 88 M€ investis par la Région, soit 12,3 % des investissements sécurisés.

Un bilan qui semble dans les clous. "Nous sommes un peu en avance en terme d'investissements et un peu en retard sur l'attractivité", souligne Bernard Deflesselles, conseiller régional et président de l'ARII, l'agence régionale d'innovation et d'internationalisation des entreprises qui source les projets. Et qui explique que la révision des chiffres de la croissance à la baisse, "doit être pris en compte". Car "nous ne sommes pas une île". Impulser, c'est bien mais ne pas oublier le terrible effet conjoncturel...

L'OIR comme outil d'amélioration

De fait, le fondement des OIR est d'améliorer ce qui existe, sans ajouter une couche supplémentaire mais en impulsant ce qui peut faire émerger des expertises. Et ça se fait en trois étapes : sourcing, closing, valorisation.

"Il faut aller chercher des projets, bien s'assurer de leur concrétisation - nous faisons d'ailleurs un point post finalisation afin de suivre leur évolution - puis il faut les valoriser, communiquer sur ces projets phares", explique Bernard Deflesselles.

La méthode a aussi été affinée en interne. Si c'est l'ARII qui est en back-up, qui instruit les projets remontés par chaque OIR, les comités directeurs qui se réunissent tous les six mois, sont désormais associés aux comités de financement pour plus de fluidité et de rapidité. Soit deux fois par an, en décembre et en juin.

Depuis trois ans donc ça avance plutôt bien. Obratori par exemple, l'accélérateur de L'Occitane, installé à Marseille a été soutenu par les OIR. Comme le projet d'énergies renouvelable à Serre Chevalier. En décembre dernier, c'est aussi le démonstrateur industriel orienté algues et extraction végétale, baptisé Nova-One et originaire des Bouches-du-Rhône qui a fait partie des dossiers soutenus, comme Supramuros, la ville créative consacrée à l'innovation et la recherche en matière d'entreprenariat dans les secteurs de la culture et des industries créatives, basée dans le Vaucluse. C'est aussi la création au sein de Delvalle 2 à Nice, d'un lieu totem destiné aux entreprises de l'univers de la santé. C'est donc des projets qui rayonnent dans chaque territoire régional. Impensable même, qu'il en soit autrement. "Les Opérations d'intérêt régional ont un double objectif : irriguer les territoires et mettre en œuvre les filières d'excellence", rappelle Bernard Deflesselles.

Smart Tech, le zoom smart city

Parmi les 8 OIR, Smart Tech - qui est issue de la fusion entre l'OIR Smart City et l'OIR Technologies clés - est celle qui contribue à rendre concret le projet de smart région. Pilotée par Françoise Bruneteaux, vice-présidente en charge de l'économie numérique et des nouvelles technologies, Caroline Pozmentier, vice-présidente en charge des relations internationales, et Olivier Mathiot en tant que président de thecamp, cette Opération ne vise pas pour autant à prendre la place des pôles de compétitivité et Françoise Bruneteaux est claire sur ce point. "Il doit exister une  articulation entre l'OIR et les pôles mais l'un ne remplace pas l'autre. Smart Tech n'est pas un échelon de plus". Mais plutôt une rampe de lancement pour des projets qui concernent chaque bout du territoire, à l'instar de cette filière émergeante autour du LiFi, défrichée par une association, désormais dans les mains du pôle Optitec et qui pourrait donner lieu à des projets capables d'être financés par l'OIR. Le projet Tigre, lancé via un AMI avec le pôle Safe pour ce qui concerne les solutions de gestion des risques et de sûreté urbaine génère "beaucoup d'intérêt. La gestion des risques est une thématique importante de la smart city, on ne peut pas avoir de smart territoire sans prévention des risques. Je déplore d'ailleurs qu'il n'y ait pas d'appel à projet européen sur ce sujet qui est une problématique partagée mondialement. Actuellement, sur ce sujet, nous sommes davantage dans la réparation alors que l'on devrait être véritablement dans la prévention. Surtout que nous possédons le territoire le plus vulnérable", à plus d'un point de vue. L'Opération d'Intérêt régional doit donc être un facilitateur de ce qui est déjà bien structuré et qui sert le territoire régional. Et Françoise Bruneteaux d'avoir cette image, assez explicite. "L'OIR est un entonnoir".

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