L'e-commerce des PME, solution d'attractivité du territoire ?

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(Crédits : Visrox Inc)
Rentabilité, solution contre la désertification, complémentarité entre présence physique et digital… les chiffres de l'étude menée par Oxatis, basée à Marseille, avec la Fevad et Ernst&Young sont plutôt positifs, voire contredisent quelques idées reçues. Ou quand l'économie rejoint le sociétal.

C'est la douzième étude consécutive et c'est une image plutôt positive qui ressort des résultats publiés ce 5 février. Oui l'e-commerce va bien, très bien même.

Comme pour donner le ton général, c'est le taux de rentabilité qui surprend par sa performance, bondissant littéralement à 53 % alors qu'il était péniblement de 33 % il y a douze mois. Entretemps, des verrous se sont débloqués, les chef d'entreprises ayant semble-t-il compris l'intérêt d'avoir une présence "virtuelle", les seuls freins évoqués comme raison pour ne pas se lancer étant le manque de compétences et le manque de temps... à 20 %. Preuve que s'ils sont décidés, les dirigeants n'hésitent pas à passer à l'action.

"L'utilisation de Facebook Ads et de Google Ads est perçue comme une opportunité et non pas comme une contrainte" analyse Marc Schillaci, le PDG d'Oxatis.

Mais ce bond de la rentabilité trouve aussi des explications dans "un positionnement réfléchi". C'est-à-dire, faire du site d'e-commerce un site de services. "Pour ceux qui sont sur une niche, fournir un catalogue de services permet de se démarquer".

Phygital mon amour


Evidemment, il est de moins en moins question de choisir entre une présence physique et une présence digitale. Les deux, c'est mieux. C'est dit et répété mais les chiffres semblent l'attester. Ainsi 80 % des entreprises alliant les deux constatent une augmentation du chiffre d'affaires de leurs boutiques. Pour 79 % des entreprises c'est même une fréquentation accrue dans les boutiques dès lancement du site internet. Cette tendance omnical démontre qu'il y a "découplage du positionnement du site et de la zone de chalandise", explique Marc Schillaci.

Et un autre chiffre le démontre, c'est l'implantation des PME dans des territoires qui ne sont pas des métropoles. 45 % le sont dans des communes de moins de 20 000 habitants. Comme une réponse à la désertification de certaines zones. Une donnée "intéressante socialement", note Marc Schillaci, arguant qu'il n'est plus forcément indispensable d'être dans les grandes villes pour être compétitifs et qu'il suffit d'être intelligemment implanté près d'un centre d'expédition. "La vraie désertification du centre-ville ne vient pas de l'e-commerce", analyse le patron d'Oxatis.

L'export, l'export, l'export

Promesse de zone de chalandise étendue, l'e-commerce semble dire que les entreprises qui choisissent l'e-commerce exportent 5 fois plus que la moyenne des entreprises françaises. "La zone de chalandise est a minima celle de la France" explique Marc Schillaci. "Des entreprises positionnées sur le BtoB arrivent à vendre dans des pays improbables pour elles". Ainsi 57 % des PME de l'e-commerce passent à l'international quand les entreprises françaises ont la même démarche à 12 %.

L'immédiateté est évidemment un facteur qui pousse les PME à regarder en dehors des frontières hexagonales, le plus souvent en visant les pays limitrophes ou francophones.

Recruter les bonnes compétences

Qui dit site d'e-commerce dit besoin souvent d'expertises pointues, surtout lorsqu'il faut dépasser le stade des premiers mois d'exploitation. 16 % des sites d'e-commerce ont effectué au moins une embauche en 2018 et c'est essentiellement dans les domaines du marketing et du commerce, puis éventuellement de la logistique. 2019 devrait voir 13 500 emplois créés, ce qui par site représente 1,37 employé ETP. Et pour ceux qui n'auraient pas compris l'importance stratégique des réseaux sociaux, l'étude montre comment Instagram prend le pas comme vecteur de communication, son impact en terme de vente atteignant 36 %, bien loin devant le blog. D'où l'importance du clic. Une valeur pas du tout virtuelle mais bien réelle...

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