Johan Bencivenga : "Notre objectif est de favoriser l'insertion par l'entreprenariat"

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(Crédits : DR)
Avec son programme baptisé The Choice destiné à permettre aux jeunes non diplômés de créer leur entreprise, l'UPE13 dit s'investir à sa façon dans la résolution d'une problématique sociale. Et dans ces temps de crise et autres Gilets jaunes, tout ce qui donne envie est le bienvenu.

Toute ressemblance avec un concept déjà existant et qui fonctionne n'est absolument pas fortuit. C'est l'essence même de l'inspiration du programme. Jusqu'au nom qui ne laisse aucun doute au hasard. The Choice est bien directement inspiré de The Voice.

En lançant ce concours en mode grand-messe télévisuelle, l'UPE13 savait que l'idée plairait. Peut-être pas à ce point mais la première mouture a été la bonne et une seconde saison de The Choice est désormais sur les rails. C'est l'an dernier que le syndicat patronal des Bouches-du-Rhône a l'idée de créer un module qui s'adresse aux jeunes non diplômés d'études supérieures. Sélectionnés via une vidéo, les porteurs de projets - une centaine - sont ensuite coachés par des chefs d'entreprise, des structures d'accompagnement entrant aussi dans la danse, pour en finir à des sélections en plusieurs étapes - 25 premiers porteurs puis 10 sélectionnés pour la finale.

"Avec The Choice, notre objectif est de répondre à une problématique sociale. C'est une sorte d'Ecole de la deuxième chance, l'insertion se faisant ici par l'entreprenariat", explique Johan Bencivenga, un patron des patrons provençaux pas peu fier d'avoir comme parrain, Rodolphe Saadé, le PDG de CMA CGM et comme coachs exceptionnels, Soprano, l'enfant du pays, et Joey Starr. Deux personnalités qui "parlent" aux jeunes et dont le discours va s'articuler autour du "qui ne tente rien n'a rien", l'exemple personnel en plus à la clé, ce qui rend l'argument encore plus puissant.

Evidemment, la volonté est "à terme de pérenniser l'opération, qu'elle devienne une capacité d'insertion pour les 18/30 ans. Si nous pouvons venir en aide à une centaine de jeunes chaque année, il ne faut pas hésiter".

Complexité

Un message positif qui fait du bien en ces temps de manifestations qui mettent à mal notamment le commerce de proximité. "C'est une période compliquée", reconnaît le président de l'UPE13, soulignant une baisse d'activité qui ne peut être niée, mais qui à Marseille notamment, puise ses raisons certes dans les manifestations des Gilets Jaunes mais aussi celles par exemple des associations descendues dans la rue suite à l'effondrement d'immeubles de la rue d'Aubagne. "Quand, depuis 3 mois, chaque samedi, ce sont quatre manifestations qui parcourent Marseille, difficile pour les commerçants de ne pas être impactés". Et si "certains ont tenu tant bien que mal, les effets négatifs se font véritablement sentir maintenant", souligne Johan Bencivenga, citant les -10 à -60 % qui touchent le secteur de la logistique ou encore ces franchises de grandes enseignes de l'ameublement elles aussi impactées, tout comme les agriculteurs, mis à mal par les manques d'approvisionnement du MIN de Châteaurenard, quand, en même temps, les arrêts techniques se sont succédés du côté des industriels. "Tout cela représente du chiffre d'affaires perdu qui ne se retrouve pas". Et tout cela se produit, alors que "nous allons entrer en période pré-électorale, ce qui signifie une baisse de la commande publique".

Un nouveau Medef ?

Sujet qui a beaucoup évoqué durant la campagne pour la présidence nationale du Medef, celui d'une organisation patronale plus en phase avec les problématiques terrain, davantage dans le dialogue avec le gouvernement notamment, se fait-elle sentir en région ? "On sent un souffle nouveau. La proximité est supérieure à celle que l'on pouvait ressentir avant. La forme est bien meilleure. Mais il faut encore laisser du temps à Geoffroy Roux de Bézieux et à ses équipes", estime le patron des patrons provençaux, rappelant les 150 ans du syndicat patronal, anniversaire fêté en mai prochain et qui représente "une excellente occasion pour annoncer les mutations". Et de redire aussi que l'UPE13 gère plus de 2 200 mandats, qu'il "faut former" ces mandataires, continuer de faire vivre le vivier d'entrepreneurs qui s'engagent, que "l'axe des services aux adhérents pour accompagner leur développement doit être renforcé". Et puis le lobbying, qui sert "pour que notre territoire rayonne", pour rendre "le terreau favorable au développement des entreprises et de l'emploi" est tout autant essentiel. "Pour un lobby efficace, nous devons avoir du poids. Et au plus nous avançons, au plus ce poids devient important. Il ne faut pas opposer petites et grandes entreprises", ajoute Johan Bencivenga. Surtout, "nous discutons avec la Région et avec la Métropole". Avec deux institutions qui servent l'économique. C'est ce qui s'appelle les intérêts convergents.

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