Quelle stratégie pour le pôle SCS ?

 |   |  906  mots
(Crédits : GettyImages)
Relabellisé pour une quatrième phase, le pôle qui s'intéresse aux Solutions Communicantes Sécurisées, basé à Rousset et Sophia-Antipolis, ne cache pas sa volonté de se renforcer sur les briques technologiques que sont l'IA et l'IoT notamment. Avec des objectifs en terme de marché à atteindre, d'outils à mettre en place et d'emplois à créer.

Si elle était attendue, la reconduction du label n'a pas été une surprise tant le pôle SCS a conforté son rôle dans le paysage technologique de Provence Alpes Côte d'Azur. Il faut dire que son sujet - les solutions communicantes sécurisées - est assez large alors qu'il a pris une ampleur non négligeable ces trois dernières années.

IoT, big data et intelligence artificielle sont des briques dont les entreprises innovantes - toutes tailles comprises - ne sauraient se passer. Surtout - et c'est là aussi sa plus-value - le pôle est attendu sur le sujet de la sécurité. Et dire que c'est l'un des défis de l'IoT, entre autres, est une lapalissade.

Briques pertinentes

De tous ces enjeux, SCS en a dessiné une nouvelle stratégie. Renforcée, plus ambitieuse aussi. A la hauteur, dira-t-on, des attentes et des promesses.

C'est ce que résume son directeur général Georges Falessi, expliquant que "nous nous projetons dans le futur en essayant de mettre en place dès aujourd'hui les outils structurants". L'IA, le big data et l'IoT sont évidemment "des briques qui permettent de faire la différence, sur des marchés importants".

L'IoT, par exemple est bel et bien une réalité mais "nous travaillons la perception". C'est ce que devrait contribuer à faire l'IoT Center dédié à la conception, aux tests de prototypages et à la formation de produits, "ce qui inclut une partie de sécurité", précise Georges Falessi. Avec un cursus de formation également intégré.

Un IoT Center - qui nécessitera un investissement estimé à 5 M€ - intégré dans le programme européen Nano 2022, qui s'implantera plutôt à l'ouest de la région, c'est-à-dire près de Gardanne, où le secteur de la micro-électronique avec le centre Georges Charpak notamment et ses salles blanches, est fortement représenté. Et qui devrait permettre au territoire d'acquérir visibilité et notoriété. "C'est un projet fondamental qui vient alimenter l'écosystème", note le directeur général du pôle.

Transfert de techno

Performant et surtout répondant à des problématiques de transition numérique, IoT4Industry ne dément pas son succès. Lancé en avril 2018 il regroupe déjà 56 projets. Mais surtout des entreprises - comme par exemple celles issues du secteur de l'agro-alimentaire - qui se sentent exclues la plupart du temps des différents projets liés à la digitalisation. Ici, le programme (européen également et doté de 5 M€ NDLR) engendre "des gains de productions, dégage du cash et génère du business additionnel", souligne Georges Falessi.

Sur la feuille de route, se trouve également Smart Anything Everywhere, porté par la commission européenne et qui concerne du transfert de technologie en matière de cybersécurité afin de développer des produits innovants. Doté d'une enveloppe de 10 M€, il prévoit que la moitié soit distribuée par les pôles directement.

 Mais c'est le Digital Innovation Hub qui recueille aussi toutes les attentions parce que axé justement sur la transformation des entreprises. Où il est question de rectifier le tir qui a poussé à une smart digitalisation forte mais qui a pu omettre les besoins des filières. Ce DIH est prévu pour répondre aux besoins - d'audit, de gestion RH, de comptabilité... - pour faire des analyses de ROI, former le personnel... Un DIH qui s'appuie sur les compétences du territoire. "Nous avons Safe, Eurobiomed, Novachim, les UIMM, les incubateurs, les investisseurs comme les business angels, Cap'Tronic (qui aide les PME a intégrer les solutions électroniques et de logiciels embarqués dans les produits NDLR), nous avons l'ensemble des acteurs. Nous allons structurer tout cela afin de promouvoir les filières et travailler avec les clusters européens pour collaborer ensemble", précise Georges Falessi.

Evidemment, l'IA est l'autre sujet majeur. L'installation - on est toujours en attente de la confirmation (ou non) - d'un institut 3IA à Sophia-Antipolis permettrait pas seulement de faire émerger des startups à fort potentiel mais aussi de développer le service aux PME.

Bref, les marchés visés par le pôle sont très smart, que ce soit en matière de mobilité, de santé et bien-être, d'industrie ou de cité. Côté automobile, c'est un "marché exploratoire", mais l'écosystème est en train de se structurer, renforçant l'existant. "On ne peut pas travailler s'il n'existe pas d'écosystème significatif", dit encore Georges Falessi. La preuve, Hitachi et Renault ont rejoint le pôle.

Favoriser l'emploi, multiplier les compétences

S'il y a clairement une question de positionnement stratégique, de faire savoir à amplifier - "on fait beaucoup mais cela ne se sait pas suffisamment" - il y a surtout la question de l'emploi. L'objectif de SCS c'est de créer et maintenir 5 000 emplois sur l'ensemble du territoire Sud, à horizon 2022, soit à la fin de la phase 4. On n'ira pas jusqu'à dire que le SCS nouveau est arrivé mais l'ambition du pôle est forte et structurante sur un territoire très varié, avec de multiples spécificités. Cette nouvelle phase des pôles est donc une nouvelle page qui s'ouvre. D'ailleurs SCS s'est doté d'un logo entièrement revisité, travaillé avec l'agence Brand Silver. "On peut construire une image", dit Georges Falessi. Ce qui devrait pousser l'attractivité du territoire sur ces sujets très techno.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :