French Fab : elle n'est pas formidable, mon usine ? 1/2

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(Crédits : DR)
Lancé fin 2017, le Coq Bleu, emblème de l'industrie 4.0 prend de plus en plus de place dans le paysage de l'innovation. En voulant réhabiliter l'image d'une industrie en pleine mutation, il montre surtout un secteur qui n'est pas si éloigné que cela de l'innovation et qui en mettant mieux en avant ses plus beaux atours compte redevenir attractif. Notamment auprès des jeunes. Et le French Fab Tour qui parcourt l'Hexagone est exactement pensé pour ça.

Dans le monde digital on appelle ça faire "reset". S'il n'est pas tant question de tout effacer, l'industrie pourtant a décidé de mettre un coup de pied dans la fourmilière - et dans l'image vieillissante qui est la sienne. Née pour redorer le blason et l'image donc, La French Fab a été portée sur les fonts baptismaux par Bpifrance, France Industrie et Régions de France. Une union sacrée autour d'une problématique économique réelle : remettre l'industrie au goût du jour, pas que mais beaucoup tout de même auprès des jeunes.

Le défi de la formation...

Après l'Usine Extraordinaire, manifestation qui a tenté de "faire changer d'idée sur l'usine" comme le disait le slogan, en novembre dernier au Grand Palais à Paris, voici le Coq Bleu sur les routes de France et de Navarre avec son French Fab Tour.

Une initiative que pilote Bpifrance, très engagée dans la portée de l'industrie. Si le volet international constitue un axe essentiel, de promotion et d'attractivité, ce qu'il faut tout d'abord ce sont... les compétences.

Un vrai sujet qui est double. L'industrie n'est pas forcément sexy auprès des élèves et étudiants, alors même que la mutation qui s'est opérée au fil du temps nécessite justement de nouvelles compétences, dont celles issues du numérique, et ça, c'est pour les jeunes... plutôt sexy.

A Istres, dans les Bouches-du-Rhône, le pôle formation de l'UIMM PACA a bien compris tout l'enjeu du sujet. Installé avec deux plateaux sur 11 000 m2 dont 3 000 m2 dédiés spécifiquement à l'aéronautique du futur, qui viennent compléter les ateliers 4.0 du bâtiment principal où il est question de robotique, de cobotique ou de plateformes de réalité augmentée, il est l'exemple même d'une "pédagogie innovante pour relier l'étendard de la French Fab" dit son directeur Jean-Pierre Dos Santos. C'est-à-dire à la fois "accélérer le processus qui mène vers les nouvelles technologies et le développement des compétences". Pour être totalement raccord d'ailleurs avec cette philosophie, "nous avons beaucoup travaillé sur le niveau Bachelor pour mettre à disposition une brique qui n'existait pas". D'où la création de diplômes en e-maitenance, Supply Chain et Big Data. "L'idée est de donner les moyens aux entreprises de se doter de compétences en adéquation avec les besoins", poursuit Jean-Pierre Dos Santos, appuyant là où, aujourd'hui, ça fait encore mal. Le French Fab Tour est donc pile poil dans la même stratégie. "Il y a encore un peu de travail mais la communication qui naît autour de la French Fab fait son chemin, par capillarité elle le fera aussi auprès de tous les acteurs".

... et de l'information

La communication, justement, c'est son travail. Après Caen, Laval, Le Mans ou Saint-Nazaire, Patrice Begay, le directeur exécutif et directeur communication de Bpifrance et Bpifrance Excellence s'apprête à faire arrêt à Lyon, Bordeaux, Limoges, Montpellier et dans le Sud, probablement en juillet, où ce Tour sera une tournée d'été spéciale. "Ce sont les entrepreneurs des territoires qui réinitialisent l'industrie", analyse-t-il. Le French Fab Tour c'est un village avec espaces de rencontres, bus expérimental, espace de job dating... "Nous avons trois objectifs, promouvoir l'industrie auprès des jeunes, valoriser le fort besoin en recrutement, faire rayonner l'industrie auprès du grand public".  Car l'image vieillissante de l'industrie est un point commun aux jeunes... comme à leurs parents.

"Dans les messages retransmis par la French Fab, la communication répond exactement aux sujets que nous ciblons. Depuis les années 70, on a cassé l'industrie", souligne pour sa part Michel Manago, le président de l'APPIM, l'association des partenaires pour la promotion de l'industrie méditerranéenne, basée à Nice. "Avec le French Fab Tour et plus largement par le mouvement French Fab, on la fait renaître". Mais le test grandeur nature est le meilleur baromètre. Mi-mars, la semaine de l'industrie promeut justement ce Tour particulier et sera l'occasion de mesurer l'effet French Fab en direct... Et l'ampleur du cocorico bleu blanc rouge...

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