Christophe Baralotto, le credo de la gratitude et du cercle vertueux

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(Crédits : DR)
Il est ce que l'on appelle un serial entrepreneur. Mais le co-fondateur de Provepharm et MailInBlack est passé de l'autre côté du miroir, devenant un investisseur alerte – son fonds s'appelle Jump Ventures – et averti. Une façon de contribuer à faire pousser les pépites qui innovent. Une façon aussi de rendre au territoire ce qu'il lui a donné.

L'entreprenariat est toujours une aventure surprenante. Quand certains s'y voient depuis toujours d'autres y viennent guidés par les hasards de la vie. Christophe Baralotto s'inscrit plutôt dans cette seconde catégorie. Licence en chimie, DEA, thèse... C'est avec son compère de toujours, Michel Feraud, qu'il met pourtant un premier doigt dans l'engrenage. En 1998, ils fondent Provence Technologies. "Nous avions quelques bases en chimie. Nous avions démontré notre capacité à nous débrouiller et comment tisser des liens avec la recherche académique", raconte-t-il. Provence Technologies grandit, son succès venant notamment de sa capacité à avoir réhabilité l'usage du bleu de méthylène. Un bonheur (entreprenarial) ne venant jamais seul, parallèlement, le duo crée Mail in Black en 2003, qui développe une solution anti-spam alors que le sujet de la sécurité n'est pas encore une prioriété.

L'autre côté du miroir

C'est parce que les enjeux de Provepharm - le nouveau nom de Provence Technologies - deviennent majeurs que MailInBlack est cédée capitalistiquement en 2016. Puis Christophe Baralotto s'efface de la direction active du spécialiste du bleu de méthylène, laissant l'intégralité des commandes à Michel Feraud, mais ne disant par au revoir pour autant au monde entreprenarial.

Sauf que c'est désormais en investisseur que Christophe Baralotto s'y implique et c'est par le biais d'un fonds, baptisé Jump Ventures, - toujours en tandem avec Michel Féraud - qu'il conserve le lien avec un monde en perpétuel mouvement, où les idées innovantes fleurissent, se multiplient et ne demandent qu'à grandir. Depuis 2017, Jump Ventures soutient donc les jeunes pousses en amorçage, parfois en co-investissement. "L'investissement réalisé par Jump Ventures dans les entreprises se fait au feeling, c'est savoir parier sur des hommes et des femmes capables de surmonter les difficultés".

Renvoi d'ascenseur

Mais la raison d'être de Jump Ventures si elle est certes d'aider à créer des entreprises florissantes, n'en n'est pas moins dénuée d'une autre dimension, à la fois philosophique et sociétale. C'est celle "de réinjecter dans l'économie réelle, dans un système qui nous a permis de rester maître de notre destin", souligne Christophe Baralotto, expliquant sa façon bien à lui de générer ainsi un cercle vertueux. "Bpifrance nous soutient, BP Med a soutenu une partie du risque. Nous sommes très attachés au renvoi d'ascenseur, avec une fierté qui est de faire rayonner l'innovation depuis Marseille". Une innovation qui est portée par des structures comme le Technopôle de Château Gombert dont Christophe Baralotto salue le "rôle inclusif" ou encore Marseille Innovation, la pépinière de startups dont il est administrateur et membre du bureau.

C'est de cette même vision que découle "Degun sans stage", dont Christophe Baralotto est l'instigateur, opération née en 2017 dont l'objectif est de proposer 500 stages aux élèves de 3ème d'établissements situés dans les quartiers prioritaires de Marseille, au sein d'entreprises du territoire, évidemment. Une autre façon de créer un cercle vertueux et de donner une vision réelle du monde de l'entreprise à ceux qui constituent les forces vives de demain. "L'entrepreneur est un acteur économique, sociétal, à multiples facettes. Il faut une mécanique vertueuse pour que les choses s'inscrivent dans la pérennité. Aider à son tour les autres, renvoyer l'ascenseur est indispensable".

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