Carros, ce Territoire d'Industrie qui tire le premier

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(Crédits : DR)
Labellisé parmi les 123 autres territoires d'industrie de France, cette zone, poumon industriel de Nice Côte d'Azur, est la première de l'Hexagone a avoir signé son protocole d'engagement. Une somme de préconisations, basée sur les besoins terrain, c'est-à-dire ceux des industriels.

Alors que la French Fab fait son Tour et que la semaine de l'industrie entame sa première journée, à Carros, près de Nice, on est déjà passé à l'action. Labellisé Territoire d'industrie en novembre dernier par le gouvernement, Carros, ville faisant partie du périmètre de Nice Côte d'Azur s'est mis en pole position. Retenue même comme territoire pilote, elle doit montrer l'exemple. Ou au moins la voie.

C'est d'ailleurs dans une grande collégialité que le protocole d'engagement s'est constitué. Tous y sont allés de leur contribution. Tous, c'est-à-dire Région, Métropole, ville de Carros, Etat, Pôle Emploi, Banque des Territoires et surtout les industriels donc, ceux qui sont concernés, qui ont des besoins, pour ne pas dire des revendications.

Mobilité et foncier, défis majeurs

Car Carros c'est le poumon industriel de Nice Côte d'Azur. C'est là que sont établis Schneider Electric, le laboratoire vétérinaire Virbac, le spécialiste des produits naturels Arkopharma, le café Malongo, le fabricant de machines à café Unic... Si le regard est souvent tourné vers l'Eco-Vallée, qui promeut l'éco-industrie, la zone avec ses 188 hectares est le premier bassin économique du territoire, fort de 600 entreprises, qui génèrent 10 000 emplois et un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros. A mettre en regard du chiffre d'affaires global que représente l'industrie dans les Alpes-Maritimes, soit 10 Mds€.

Un bout de Métropole qui fait face à deux défis majeurs, que sont le besoin de foncier et la mobilité. Deux sujets apparemment pas connectés et pourtant, comme le soulignent collégialement le maire de Carros Charles Scibetta et Jacques Chevallet, le président d'Arkopharma, la création d'un parking silo ou de parkings relais permettrait de libérer du foncier sur la zone et de soulager les entreprises confrontées à des problématiques d'extension.

La mobilité - autant celle qui concerne la venue des salariés sur la zone que dans la zone elle-même, de nombreuses entreprises étant multi-sites - a été au cœur des réflexions et la mise en place d'un navette, autonome et électrique à la fréquence incitative, est la solution envisagée. Car pour l'heure, le vélo, même électrique, n'est pas un recours facile. "Les voiries doivent être sécurisées pour cela", pointe Marc Raiola, le président du club des entreprises de Carros Le Broc.

Favoriser l'attraction

Si elle est active, la zone entend aussi faire venir à elle de nouvelles entreprises, comme le note Jacques Chevallet, qui co-préside le comité d'engagement. Notamment des startups, typologie d'entreprises encore peu présente sur le site. La création d'un village entreprenarial - qui pourrait prendre la place de Primagaz dont le départ est annoncé sous 24 mois - devrait donc permettre l'arrivée de nouvelles entités, jeunes pousses et TPE/PME aussi. "Il faut renouveler le tissu existant", note le président d'Arkopharma. Et avoir les compétences recherchées, disponibles. D'où un rapprochement effectué avec le CFA pour déployer des formations correspondantes au besoin précis des industriels carrossois. Pour attirer des talents (et les jeunes) il faut être séduisant, montrer que l'industrie est propre et secteur d'avenir. Et puis surtout, la maîtrise d'une énergie mieux répartie, mieux pensée fait aussi partie des demandes des industriels qui travaillent à un projet d'analyse énergétique. "Nous devons lisser les flux. Et panacher les sources énergétiques nouvelles, comme la géothermie et le photovoltaïque", souligne Jacques Chevallet.

Rayonnement élargi

"Il faut promouvoir la zone, montrer et valoriser ce qui se fait ici", poursuit le président d'Arkopharma. Un accompagnement des entreprises à l'international est aussi prévu. Car le tissu de Carros "n'est pas monolithique". Les grands groupes côtoient des TPE TPI, des PMI qui n'ont pas toutes la facilité d'aller à l'export. Jeudi, c'est à Matignon que certaines des forces vives de Carros se rendront pour présenter les produits phares de la zone industrielle. Autant dire que ça va être éclectique. Mais aussi une façon de montrer que cette partie de la Métropole Nice Côte d'Azur est le complément au tourisme. "L'industrie se place en complémentarité du tourisme" rappelle le président de la Métropole NCA, Christian Estrosi qui rappelle que la première génère donc 10 Mds € de chiffre d'affaires et le second 12 Mds €. "D'ici 3 ans, l'industrie dépassera ce cap", assure le maire de Nice. De ce protocole d'engagement, premier de France, il ne faut pas uniquement des intentions, mais surtout des actions. "Ceci n'est pas un aboutissement c'est un point de départ", dit Jacques Chevallet. "C'est une première étape", ajoute Charles Scibetta. La seconde est d'ores et déjà attendue...

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