Corinne Callon : "Le monde de l'entreprise peut nous aider à améliorer le monde sportif"

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(Crédits : DR)
Invitée à Nice par l'Edhec pour évoquer l'enjeu mondial que représentent le sport, celle qui collabore avec Claude Onesta au sein de l'Agence pour la performance France 2024, explique comment le modèle français doit encore mieux accompagner les athlètes dans la quête de la haute performance et combien l'implication des entreprises joue un rôle essentiel dans cet encadrement.

Elle n'est pas encore créée mais les bases de son fondement sont belles et bien posées. L'Agence nationale du sport, qui devrait être portée sur les fonts baptismaux mi-avril, a un rôle bien défini via deux branches dont une centrée sur la performance, appelée logiquement Performance 2024 et que pilote Claude Onesta. Sur ce projet, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France de handball collabore avec l'ancienne DTN de l'équipe de France de gymnastique. Invitée à prendre la parole sur le sujet de l'enjeu économique mondial que représente le sport, Corinne Callon détaille la philosophie de Performance 2024. Qui est de venir secouer le modèle existant en le dépoussiérant pour le meilleur des sportifs évidemment.

Et la data ?

"Notre stratégie a été d'identifier les freins à la performance". Ou comment permettre aux athlètes d'engranger plus de médailles, à la fois globalement et en or. La mission de Performance 2024 c'est donc de réussir à "transformer le modèle français pour qu'il soit lui-même plus performant". Un modèle "qui existe depuis 50 ans, qui sait faire du haut niveau mais qui n'est pas si efficace que cela pour monter sur de la très haute performance".

L'un des axes est de bien mieux utiliser la data, cet or noir riche de bénéfices pour le sport comme pour tout autre secteur. "Nous devons mieux travailler sur la data, l'innovation, la recherche. Tout cela n'est pas suffisamment exploré", d'où un rapprochement acté par exemple avec le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche.

Du cousu-main

L'un des objectifs est aussi de sortir des généralités et de "mieux accompagner les fédérations de façon singulière". C'est par exemple, "mieux identifier les niches d'épreuves où le sport français est présent. Avoir du cousu-main pour le sportif". Car tout simplement, l'environnement même du sport de haut niveau a évolué, il n'a "pas le même paysage qu'il y a 40 ans". Et le constat est clair : "nous n'avons peut-être pas fait suffisamment évolué le cadre pour nos athlètes". Le rapprochement avec l'Enseignement supérieur et l'Education nationale pousse à revoir les habitudes. Comme celle de faire passer le bac en septembre aux sportifs engagés dans des compétitions d'envergure au mois de juin. Sauf que des championnats du monde se déroulent aussi en septembre et que les généralités peuvent au final également représenter un frein. A lever. "Nous devons pouvoir accompagner les cas particuliers. Chercher des solutions pour les préparations".

Faire évoluer ne signifie pas révolutionner mais faire bouger les lignes tout en "consolidant ce qui se fait de bien". Les JO 2024 se révèlent être "une opportunité de questionner et de transformer pour s'adapter à la vie d'aujourd'hui".

Les entreprises dans les starting-blocks

Fédérateurs, les JO 2024 sont aussi une opportunité pour les entreprises, pas seulement d'un point de vue d'image ou de marketing - il est toujours bien vu de s'associer au monde du sport - mais aussi pour une dimension de compétences et d'apprentissage. "C'est en cela que le cadre change", souligne Corinne Callon. Le regard des entreprises sur le monde du sport et l'implication qui est la leur, est plus forte ces dernières années. "Le monde sportif est membre fondateur de l'Agence", rappelle Corinne Callon qui remet également en mémoire le Pacte de performance lancé en 2014 par Thierry Braillard alors secrétaire d'Etat au sport sous le gouvernement Hollande, dont l'objectif était de rapprocher Etat, monde sportif et monde économique dans le but de sécuriser les situations financières et sociales des sportifs notamment et de faire profiter les entreprises de l'image des athlètes. "La performance est très complexe", insiste Corinne Callon. "L'environnement du sportif doit être pris dans sa globalité. Nous avons dépassé l'ère du sportif amateur qui va chercher une médaille. Le monde de l'entreprise peut nous permettre d'améliorer l'environnement du sportif. Les entreprises ont compris qu'en supportant les athlètes, elles en avaient un retour sur le long terme. Le monde économique représente un vrai soutien". Rapport gagnant-gagnant donc. Ou match nul pour reprendre la métaphore sportive. Mais dans le bon sens du terme.

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