Vers une stabilisation de l’emploi en 2019 dans le Sud ?

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(Crédits : DR)
Comme chaque année depuis 2002, Pôle Emploi vient de présenter son enquête sur les besoins en main d’œuvre pour 2019. Où l’on apprend qu’en Provence Alpes Côte d'Azur, les intentions d’embauche sont à la hausse, atteignant un niveau record mais à un rythme plus modéré, avec des disparités selon les secteurs et les territoires. Et que les difficultés d’embauche tendent à se résorber.

Plus 12% en 2017 ; plus 15% en 2018 et cette année, les intentions d'embauche continuent leur croissance, atteignant leur plus haut niveau depuis 2002 - date à laquelle Pôle Emploi a lancé son enquête sur les besoins en main d'œuvre - avec 261 500 projets de recrutement envisagés.

Une croissance qui se poursuit donc, mais à un rythme plus modéré : +5%, contre +15% au niveau national. "Cela correspond à une stabilisation de l'emploi salarié, avec une baisse du taux de chômage, le tout associé à une croissance modérée. Le moral des entreprises est plutôt bon", analyse Nicolas Bianco, directeur du service statistiques, études et évaluations chez Pôle Emploi.

Un bon moral et une certaine confiance en l'avenir puisque dans 58 % des cas, les projets de recrutement concernent des emplois durables, soit 34 % de CDI et 24 % de CDD de plus de six mois. Les projets saisonniers sont quant à eux en légère hausse et représentent 44% des projets d'embauche. Des recrutements envisagés par des entreprises de moins de 10 salariés dans presque la moitié des cas, prévus "au cours du premier semestre 9 fois sur 10".

Les services : principaux pourvoyeurs d'emplois

Les métiers les plus demandés sont pour la plupart des métiers peu qualifiés, dans le domaine des services essentiellement. "Ce secteur est le plus gros vivier d'emplois en région et représente 7 intentions d'embauche sur 10, contre 63% en France". Dans le top 15 des plus gros besoins, les serveurs de cafés et restaurants occupent la première place. Les emplois des services à l'entreprise devraient augmenter de 14%. Bien plus que les services à la personne (+1%). L'agriculture est également bien représentée.

Et un nouveau métier fait son entrée au classement : celui des professionnels du spectacle. Un phénomène qui va de pair avec la hausse importante des projets de recrutement d'artistes, la plus forte évolution cette année avec 2 171 intentions d'embauche. "Cela peut être lié au développement des projets autour du cinéma, les tournages de plus en plus nombreux et la forte présence des entreprises de production".

Le commerce enregistre quant à lui une baisse de 4 % des projets de recrutement. La construction et l'industrie affichent d'importantes hausses : + 16% chacune.

Une croissance portée par les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes

Des disparités sont également observables entre départements. Ainsi, sans grande surprise, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes concentrent 56% des projets d'embauche, avec des emplois stables dans la majorité des cas (61% dans les Alpes-Maritimes, 68% dans les Bouches-du-Rhône).

Dans le Vaucluse, la perspective est à l'inverse plutôt négative avec une baisse de 8% des projets d'emploi. "Ce résultat peut être corrélé avec un fort taux de chômage et à un emploi salarié qui n'augmente pas".

Des difficultés d'embauche qui se résorbent

L'étude de Pôle Emploi se penche également sur le ressenti des recruteurs concernant la difficulté à réaliser ces projets de recrutement. Et cette année, bonne nouvelle, ces difficultés sont en baisse de 0,5% alors qu'elles étaient en hausse constante depuis trois ans. "C'est la fin de la hausse des projets de recrutement jugés difficiles" se réjouit le directeur du service statistiques.

Néanmoins 44 % des projets de recrutements restent considérés comme difficiles. Parmi les principaux freins évoqués : la pénurie de candidats (dans 78% des cas), des candidats au profil inadéquat (76%) suivis assez loin de la nature du poste proposé : conditions de travail, salaire, image du métier... (37%).

Des difficultés qui se concentrent en particulier sur certains types de métiers tels que les aides à domicile et aides ménagères (83% des recrutements sont jugés difficiles), les conducteurs routiers et grands routiers (73%) ou encore les ingénieurs, cadres et responsables informatique (67%).

Reste que ces chiffres ne sont que des prévisions, du ressenti, que la réalité confirmera ou non. Toutefois, grâce aux déclarations préalables à l'embauche, Pôle Emploi est en mesure de fournir un outil rétrospectif d'évaluation. Ainsi, les projets d'embauche exprimés en 2018 ont été confirmés dans 74% des cas. Ce qui, selon Nicolas Bianco, témoigne "d'une bonne vision du recrutement à venir". Mieux, 40% de ceux qui ont indiqué de pas le prévoir, ont finalement recruté.

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