Aix-Marseille Provence – Maroc : des intérêts convergents

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(Crédits : DR)
Alors que le Maghreb figure sur la feuille de route de la stratégie internationale de la Métropole et que l'on ne cesse de présenter la seconde ville de France comme le hub naturel entre l'Afrique et l'Europe, la délégation économique menée par Martine Vassal à Tanger et Casablanca a clairement mis en évidence des manques, mais des attentes aussi.

L'Afrique et Aix-Marseille, union naturelle ? C'est clairement le message dit et répété depuis de nombreuses années, le territoire métropolitain arguant de sa position géographique et des liens historiques pour se revendiquer comme la porte naturelle des flux entrants et sortants. Dans les discours, c'est limpide. Dans la réalité, c'est un peu plus contrasté. L'Afrique et surtout le Maghreb sont évidemment dans le top 10 des priorités de toutes les feuilles de route stratégiques. La Région y a aussi un œil intéressé. A la fois aux manettes du Département et de la Métropole aixo-marseillaise, Martine Vassal n'ignore pas le sujet. La preuve, le déplacement effectué ce début avril au Maroc est le premier en tant que présidente d'Aix-Marseille Provence. Et ce n'est pas le hasard, c'est bien une volonté.

Bras de levier

Car les enjeux sont réels. Sans doute même pas suffisamment pris en considération jusqu'à présent. Si avec Casablanca, capitale financière du pays, liens et rapprochements ont déjà été effectués, la visite de Tanger a constitué à la fois la bonne et la mauvaise surprise. Car les potentiels entre Aix-Marseille et Tanger, bien identifiés au cours de ce déplacement, sont donc longtemps restés méconnus. Dommage, car on sait que peu de kilomètres séparent les deux territoires. Si le Consul de France à Tanger a lui aussi regretté ces liens peu entretenus, c'est clairement avec Tanger Med que l'immense champ des possibles est apparu. Surtout une complémentarité qui améliorerait, si elle était concrétisée, la position stratégique de Tanger Med comme celle du Grand Port Maritime de Marseille. D'ailleurs Martine Vassal a bien mesuré tout le potentiel de liens renforcés avec la région de Tanger. Le fait que le GPMM et celle qui était sa présidente du directoire jusqu'à cette fin mars, Christine Cabau-Woehrel aient noué des accords avec Tanger Med "m'a interpellé", dit la présidente Aix-Marseille Provence qui insiste sur le fait que la création d'une ligne "RoPax est fondamentale", le trafic passager prenant la direction, actuellement, de Sète. De fait, un groupe de travail va être mis en place avec l'appui du réseau Anima. L'arrivée - enfin officialisée - d'Hervé Martel en tant que nouveau président du directoire du GPMM devrait peut-être permettre de rouvrir les discussions et de revoir les accords, comme si est engagé Hassan Abkhari le directeur général adjoint de Tanger Med face à Martine Vassal.

"Nous devons embrayer", insiste d'ailleurs la présidente d'Aix-Marseille Provence qui n'a pas ménagé ses efforts ni les rencontres diplomatiques durant le séjour marocain, rencontrant notamment le Wali de Tanger, lequel s'est dit prêt à se rendre à Marseille.

La politique oui, les entreprises aussi

Si la collaboration entre institutions n'est pas négligeable, la volonté politique étant évidemment le déclencheur de passage à l'acte, il n'en reste pas moins que les entreprises sont souvent celles aussi par lesquelles les liens se nouent. Philippe Stéfanini, le directeur de l'agence de développement économique Provence Promotion ne dit pas autre chose. Avec Tanger, les thématiques communes se font autour des nouveaux matériaux, de la fabrication additive et de la maintenance prédictive. Sur le sujet de l'aéronautique, la plateforme du technocentre Henri-Fabre, à Marignane, peut être un relais intéressant. D'autant plus que les donneurs d'ordre tels EDF, le CEA ou Airbus souhaitent les sous-traitants montent en gamme. "Provence Promotion ne fait pas de prospection directe, ce sont plutôt les réseaux marocains, qui ayant des clients en Europe, expriment leur souhait de s'implanter sur le territoire métropolitain", explique le directeur général de l'agence des investissements, disant aussi que les discussions et les concrétisations sont plus fortes avec Casablanca. On sait qu'HPS, l'un des leaders de la monétique au Maroc, née à Casablanca s'est implantée à Aix-en-Provence par le biais d'une croissance externe en 2010 et qu'elle y a installé sa direction marketing monde ainsi qu'une BU Monétique, soit 70 personnes sur les 500 salariés du groupe. "Sur des segments d'innovation comme les énergies renouvelables il y a des expertises communes à partager", estime également Philippe Stéfanini. Avec le groupe Office chérifien des phosphates (OCP), des rapprochements devraient être trouvés avec Fos ou l'Etang de Berre pour un partage des énergies entres industriels, chacun produisant plus que ses besoins, soit une autre façon de favoriser l'économie circulaire. Côté startup et innovation, la signature officialisée de MoU entre le Technopark de Casablanca et Marseille Innovation d'un côté et de l'Accélérateur M avec Start Up Maroc démontre bien que même à l'échelle jeunes entreprises innovantes on a compris l'enjeu de l'internationalisation et de la coopération liées.

Devant le patronat marocain, Martine Vassal a redit combien le Maroc était véritablement un pays stratégique pour le territoire provençal. "Il existe beaucoup de similitudes entre les deux pays. Au Maroc, les entreprises se développent aussi. Nous voulons prendre le virage en même temps. C'est pour cela que nos politiques doivent avoir des résultats tangibles".

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Commentaires
a écrit le 18/04/2019 à 4:42 :
Chouette nouvelle pour les zones de non droit francais telles qu'a Marseille et ses quartier gangrenes par le hash, Aix et autres banlieues.
Le shit direct a vos portes.
Merci Hassan.

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