Pourquoi le modèle de Simplon PACA plaît aux territoires

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(Crédits : DR)
Présente à Nice, Cannes, Avignon, La Ciotat et Marseille, l'entreprise solidaire d'utilité sociale fait de la formation au numérique pour les personnes éloignées de l'emploi sa raison d'être. Les enjeux sont au moins doubles : apporter des compétences à un tissu économique qui souffre d'un manque certain et aborder l'apport de connaissances de façon ciblée. Ce qui sert, évidemment, à se différencier.

Il aura suffit de 5 années pour que Simplon.co fasse la preuve de son concept. La dernière levée de fonds - la seconde de son existence, pour 12 M€ - a d'ailleurs réuni autour l'entreprise la Banque des Territoires, Amundi et Mirova, soit La Caisse des Dépôts, Crédit Agricole et Natixis BPCA. Ce qui prouve à la fois l'intérêt du sujet et l'importance de l'enjeu de formation aux métiers du numérique.

Redynamiser l'emploi... et les quartiers

Avec son modèle social et solidaire, Simplon a pris une place à part dans le paysage de la formation au numérique. L'entreprise est aussi un acteur de la redynamisation des quartiers. Certes, à sa façon, mais son installation à Cannes, par exemple, au cœur de La Frayère, a tout à fait collé avec la politique de la municipalité de structurer tous les quartiers de la cité. A Marseille, sa récente installation au sein du Cloître réhabilité, en est une autre preuve.

C'est justement dans la Cité phocéenne que Simplon réalise son premier essaimage hors Ile-de-France, en 2014 en collaboration avec Centrale. Mais c'est véritablement à l'automne 2017 qu'une équipe Provence Alpes Côte d'Azur se structure organisant sa première formation en propre à Cannes, financée par la communauté d'agglomération Cannes Pays de Lérins et la Région Sud.

Depuis, Simplon a maillé le territoire, prenant position également à Nice, avec le soutien de la chambre de commerce et d'industrie Nice Côte d'Azur ou encore à La Ciotat et Avignon.

Dédiées aux personnes dites éloignées de l'emploi, les formations distillées par Simplon prennent différentes formes, de différentes durées, apportant des compétences en développeur web, développeur data, référent digital ou technicien systèmes et réseaux... Une palette large qui doit permettre de toucher toute population qui trouve ici une porte ouverte pour un nouveau parcours professionnel.

Retour actif

Financé "majoritairement par les fonds publics, Pôle Emploi et le mécénat privé (comprendre les fondations des entreprises du CAC 40 NDLR)", comme le rappelle Laurence Bricteux, la directrice Simplon PACA, le modèle de l'entreprise lui vaut d'être soutenue par les acteurs de l'emploi comme les Missions locales ou Pôle Emploi, qui "nous aide à sourcer les candidats et qui s'implique dans les sélections", souligne Laurence Bricteux. Qui insiste sur la finalité de Simplon : pas uniquement former mais permettre véritablement le retour dans la vie active. "Une promotion réussie est une promotion qui permet ensuite soit de se lancer en freelance, de créer sa propre entreprise ou de reprendre des études". Le taux de réussite sur cet objectif est de 80 % en Provence Alpes Côte d'Azur et de 76 % au niveau national, de manière globale. Les entreprises ne sont pas tenues éloignées du modèle puisque le mécénat de compétence est l'un des vecteurs d'apprentissage aussi. "Nous travaillons beaucoup aussi sur la posture, le savoir-être est important", souligne la directrice régionale.

Mais Simplon pousse plus loin le modèle et offre aussi des supports pour l'après. C'est le rôle de Simplon Prod, "une structure qui permet à 4,5 développeurs formés chez nous de répondre à des projets que nous soumettent des entreprises, principalement celles issues de l'ESS", précise Laurence Bricteux. Une agence va, d'ailleurs, être créée à Marseille en septembre prochain.

Et parce que les besoins en compétences numériques sont telles que trop ce n'est jamais assez, Simplon Corp s'intéresse aux salariés des entreprises, en proposant des modules plus courts pour acculturer au numérique ou remettre à niveau.

Le partenariat noué au niveau national avec Apple pour la formation Swift devrait également être dupliqué dans le Sud, à terme. "Il faut faire redescendre en région les bonnes pratiques utilisées en Ile-de-France".

"Aller au pied des tours"

Parce qu'il faut toujours perfectionner l'existant, la formation en alternance va être rendue possible dès la rentrée pour un équivalent Bac +3 développeur logiciel. Laurence Bricteux, elle, plaide pour toujours plus d'immersion dans le tissu local. "Il faut être au plus près des territoires. Il faut aller au pied des tours. Il faut aller chercher les jeunes éloignés de l'emploi". Bien sûr, l'objectif est "de développer, mais pour l'heure nous stabilisons" l'existant. Les perspectives pour 2020 visent un développement dans le Var, à Toulon, Fréjus, Draguignan. L'ouest des Bouches-du-Rhône fait aussi partie de la feuille de route (c'est-à-dire le pays d'Arles) tout autant que les départements alpins. Et la Corse n'est pas oubliée. Il faut dire que les enjeux des compétences ne fait pas de préférence territoriale. Et l'enjeu des compétences est précisément un sujet (aussi) de marketing territorial et d'attractivité. "Le développement en propre n'est pas une obsession", assure Laurence Bricteux qui en appelle ainsi, aux partenariats possibles. L'équipe, elle, va forcément s'étoffer pour passer de 15 à 20 personnes. Et suivre l'évolution d'un modèle qui répond à des besoins terrains.

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