Georges Seimandi : "L'énergie gaz est l'énergie du développement économique"

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(Crédits : Grtgaz)
Plébiscité par l'industrie, devenu plus compétitif en 2018, déjà teinté de "vert"… le gaz tient une place essentielle dans le schéma énergétique du Sud. Et n'évite pas les challenges qui se présentent, tentant aussi de répondre aux tendances et besoins des industriels, comme l'explique le délégué territorial Bourgogne-Rhône-Méditerranée.

C'est presque la phrase qui pourrait tout résumer du bilan 2018 et des perspectives 2019 : "nous vivons des mutations sans précédent", souligne Georges Seimandi. Le secteur de l'énergie justement, n'est pas le dernier à s'emparer des innovations et à réclamer des changements. Pour commencer, le gaz est autant consommé que l'électricité. Dans le Sud, ce sont 291 communes exactement qui sont desservies et 44 sites industriels. Le tout pour 1 460 km de réseau et 19 M€ de commandes.

L'industrie est donc forte consommatrice de gaz, à hauteur de 68 %. Cependant en 2018, la région a moins consommé de 14 % tout simplement parce que le parc nucléaire a su se rendre disponible tout comme l'hydraulique et l'éolien et que les températures ont été moins élevées. Mais globalement, le gaz demeure une énergie qui plaît à l'industrie.

Surtout que pour répondre à ses besoins, une zone unique a été créée, appelée Trading Region France. Il faut dire qu'il a fallu décongestionner l'axe Nord/Sud, engorgement qui en 2014/2015 a amené les industriels à payer le gaz deux fois plus cher que son prix. Un état de fait qui a exigé 1 M€ d'investissement pour rendre le tout plus fluide. C'est cette Trading Region France qui permet d'offrir un référentiel unique, permettant aux industries de bénéficier d'une baisse du prix de près de 2€ par MWh, soit, si cela est considéré d'un point de vue annuel, "une économie de 80 M€ sur la facture", précise Georges Seimandi.

Verdissement

Donc très attentifs aux mutations, les industriels regardent celles qui émergent avec intérêt. "Les industriels ont le souci de la productivité", dit Georges Seimandi. "Ils suivent la transition énergétique et le mouvement de décarbonisation". Prix, sécurité de l'approvisionnement, qualité du produit... Evidemment tous ces éléments entrent en ligne de compte. A Fos, les terminaux méthaniers Elengy ont connus une forte activité, avec 109 escales, + 85 % de recharge de camions citernes pour Fos Tonkin, une émission de gaz naturel sur le réseau de transport des 65 TWh. "La transition énergétique des transports est mise en œuvre", remarque Georges Seimandi. "Le gaz se verdit d'abord avec le biogaz et demain peut-être avec l'hydrogène".

Dans le Sud, le potentiel vert est bel et bien présent. La méthanisation, la pyro-gazéification et le power-to-gas fournissent ensemble 17 TWh. Et c'est une bonne nouvelle pour les territoires puisque "la méthanisation engendre la création de 4 emplois locaux par installation", pointe Georges Seimandi. Côté transports, le GNV confirme son intérêt et les 7 points d'avitaillement répartis dans le Sud sur les 123 disponibles partout dans l'Hexagone, sont un signal fort. "C'est une bonne nouvelle pour la qualité de l'air". Après la ligne de bus reliant Aix-en-Provence à Salon-de-Provence, c'est une ligne Draguignan-Fréjus qui sera bientôt concrétisée.

L'hydrogène, plein de promesses

Inévitablement et assez logiquement, "les industriels sont à l'affût de l'hydrogène", fait remarquer le délégué territorial Bourgogne-Rhône-Méditerranée. L'hydrogène et ses promesses, dont certaines restent à confirmer. Au point que GRT Gaz s'est engagé avec le pôle de compétitivité Capenergies afin de qualifier cet écosystème en pleine structuration. Pour rappel, Capenergies a créé le Club H2 en mai dernier, justement pour rassembler l'ensemble des acteurs de la filière. Avec l'Opération d'Intérêt Régional Energies de Demain, tout cela fait sens, d'autant plus que les OIR  s'appuient sur les industriels. A Manosque, dans les Alpes de Haute-Provence, le projet HyGreen qui vise à produire de l'hydrogène à partir des énergies renouvelables, notamment solaires, envisage un premier livrable à horizon 2023. A Sophia-Antipolis, le CMA Mines Paris Tech propose une formation spécifique, le Master OSE pour Optimisation des Systèmes Energétiques. "L'hydrogène fluctue entre scepticisme et enthousiasme" résume Georges Seimandi. Pour autant, toutes les briques semblent se mettre en place. Comme le dit un célèbre slogan, aujourd'hui, c'est déjà demain.

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