Denis Cippolini : "La Fédération est la preuve que l'attractivité du territoire est un travail commun"

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(Crédits : DR)
Pas de guerres de chapelles mais plutôt un front uni, c'est exactement le fondement de la Fédération de l'hôtellerie, de la restauration et du tourisme Nice Côte d'Azur. Un rassemblement de l'ensemble des acteurs professionnels impliqués pour évidemment plus d'efficacité concrète. Car comme le rappelle son président, les enjeux sont pluriels et ne concernent pas l'unique façade côtière.

En industrie, l'autre secteur porteur de l'économie de la Côte d'Azur, on appelle cela rassembler l'ensemble de la chaîne de valeur. D'autres encore appellent cela "chasser en meute". Bref, le faire ensemble c'est indéniablement mieux que faire chacun de son côté. Et c'est sans doute encore plus vrai lorsqu'on se targue de développer une stratégie touristique. Surtout que le secteur ne connaît pas vraiment une vie au long fleuve tranquille et que les remises en question des business modèles et autres décrets venant changer la donne sont venus secouer le cocotier de la filière. Une filière qui sur la Côte d'Azur a décidé de faire front commun. Un rassemblement porté désormais par la Fédération de l'hôtellerie, de la restauration et du tourisme (FHRTNCA). Un rassemblement logique explique son président Denis Cippolini. "Dans les Alpes-Maritimes, 60 % des hôteliers sont aussi des restaurateurs". Autrement dit, les frontières entre les différents segments sont suffisamment poreuses pour que l'union prenne tout son sens logique. Fini le fait "de mettre les uns d'un côté et les autres de l'autre". D'ailleurs, "une fédération signifie bien qu'elle est ouverte à tous les acteurs. Nous rassemblons aussi les plagistes, les professionnels du tourisme comme La Verrerie de Biot, les parfumeurs... Il s'est créé ainsi une réelle dynamique", s'enthousiasme Denis Cippolini.

Les vallées, à ne pas oublier

Réunir l'ensemble des acteurs ne signifie pas se cantonner à ceux exerçant en bord de Méditerranée, dans les métropoles. Souvent oubliées, les vallées du moyen et haut pays concentrent elles aussi une activité économique qu'il convient de ne pas sous-estimer et, au contraire, qu'il faut encourager. "L'unité de territoire est très importante. Il n'y a pas que Nice Côte d'Azur mais également les vallées de l'arrière-pays qui sont un terrain de jeu magnifique". Car l'enjeu, en dehors du littoral, c'est celui de la désertification. "Dès que la lumière s'éteint dans un bar, c'est toute l'activité qui s'éteint à côté. Cela représente une problématique majeure pour nos métiers. Nous avons signé un engagement avec l'association des maires ruraux. Ce qui a conduit par exemple à la désignation au sein de la Fédération d'un référent par vallée". Les besoins de structuration sont identifiés. A la désertification s'ajoutent la question jamais simple des successions d'entreprises et plus largement, celle des contraintes, normatives ou législatives notamment qui ont tendance à ne pas faire la part des choses entre établissements n'ayant pas la même envergure. "Lorsque l'on est un établissement de 15 chambres avec un bar tabac, on n'a pas les mêmes contraintes qu'un établissement de 80 chambres", souligne Denis Cippolini. La création d'une 6ème catégorie d'ERP permettrait d'alléger les contraintes, sujet d'ailleurs porté par l'UMIH à laquelle la Fédération adhère. L'interdiction des pré-enseignes pour les cafés, hôtels et restaurants ont déjà laissé une trace et une "perte de 30 % au niveau national, en terme de chiffre d'affaires", tance Denis Cippolini.

Le sujet de la connectivité et du numérique est un autre défi. Et des zones blanches. "Entre le littoral et les stations de ski, il existe un no man's land". La Fédération appuie sur le sujet, se disant prête à accompagner aussi les candidats à des reprises d'entreprises liées à l'hôtellerie et au tourisme. "Nous sommes là pour apporter de l'expertise".

La guerre des plateformes... et de l'international

Sujet qui a beaucoup fâché tout rouge, l'impact des plateformes de location de biens entre particuliers, comme Airbnb, Abritel ou Le Bon Coin a fait monter les professions du tourisme et de l'hôtellerie ou créneau, tel un seul homme. La nécessité désormais de faire figurer un numéro d'enregistrement est évidemment une petite victoire, savourée comme il se doit. "Nous ne sommes pas contre ces plateformes, qui répondent à un besoin, mais nous sommes contre la concurrence déloyale. Ce que nous demandons c'est l'équité fiscale et sociale".

Avec 11 millions de visiteurs, 70 millions de nuitées touristiques et une dépense moyenne par jour et par personne à hauteur de 99€, la Côte d'Azur conforte sa place de destination leader. A Nice, le projet de Parc des expositions qui doit voir le jour au sein de l'Eco-Vallée est fébrilement et fortement attendu, de par sa capacité à pouvoir englober une zone allant de Menton, près de la frontière italienne, à Cannes. L'enjeu, ici, est bien plus international que local. "Nous pourrons rivaliser vraiment avec les métropoles européennes", fait souligner Denis Cippolini qui rappelle que la Côte d'Azur est riche de 7 palais des congrès (Mandelieu, Cannes, Antibes, Nice, Menton, Grasse et Monaco NDLR) et que le tourisme d'affaires est un vecteur d'attractivité aussi, "dont nous avons besoin" et qui pourrait "prendre un développement encore plus important". Le voisin Monaco est considéré comme un allié et comme faisant partie de la stratégie globale et internationale. "Il serait impensable que Monaco ne fasse pas partie de l'attractivité du département. Nous ne pouvons pas faire sans elle". Définitivement, "nous devons être unis. Nous travaillons sur une unité de destination. L'attractivité du territoire se fait en commun".

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