Institut 3IA : pourquoi Côte d'Azur l'a emporté

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(Crédits : Intel)
L'annonce – très attendue – de l'installation d'un Institut Interdisciplinaire d'Intelligence Artificielle sur le territoire des Alpes-Maritimes place forcément le département et ses deux places fortes, Nice et Sophia-Antipolis, en meilleure position encore sur l'échiquier international de l'innovation. Une preuve supplémentaire qui fait du bien urbi et orbi.

Lorsque Nice-Sophia-Antipolis pose sa candidature à l'obtention d'un Institut 3IA, pas sûr que certains acteurs ou territoires n'aient pas regardé la Côte d'Azur d'un air dubitatif ou interrogatif. Une question de perception sans doute et de méconnaissance aussi. Il faut dire que le territoire lui-même ignorait toute la richesse qui est la sienne.

Le moteur - et le porteur du projet - c'est David Simplot, le directeur de l'INRIA Méditerranée à Sophia-Antipolis. Arrivé de Lille, c'est lui qui en creusant et en considérant le nombre de chercheurs d'envergure internationale présents en Côte d'Azur - 15 sur les 75 reconnus mondialement - estime que la Côte d'Azur a toutes ses chances. Et donne un argument de poids. Au point que toute ensemble, la Côte d'Azur s'engouffre dans le projet, l'Université Côte d'Azur (UCA) en premier lieu et avec elle, l'INRIA, le CNRS, l'Inserm, Mines Paris Tech, Eurecom, Skema Business School, mais aussi le CEA, le CNES, le CHU de Nice, l'INRA, le Data Science Tech Institute et le CSTB. Et puis on rappellera que la Côte d'Azur est riche de 300 chercheurs spécialisés en IA. Et qu'en parallèle, l'offre de formation diplômante se structure et s'étoffe pour répondre à la demande croissante des entreprises.

Santé et smart city

L'autre point fort du dossier Côte d'Azur tient dans l'investissement justement - dans tous les sens du terme - des entreprises. Elles sont plus de 60 à s'être impliquées vraiment, tous secteurs confondus, d'Amadeus à ARM, de Renault à Thales, de Doriane à Accenture, grands groupes, PME ou startups, démontrant bien que l'intelligence artificielle concerne tout type de structures et tout sujet.

L'institut interdisciplinaire d'Intelligence Artificielle va s'emparer de 4 axes scientifiques précis, l'IA fondamentale, l'IA au service de la médecine computationnelle, la biologie computationnelle et l'IA bio-inspirée et last but not least l'IA et les territoires intelligents et sécurisés.

C'est sur cette thématique "Smart city" que "nous avons une légitimité", expliquait à mi-parcours du processus de sélection, David Simplot.

La santé est par ailleurs l'une des filières qui se renforce et se structure sur le territoire, notamment à Nice.

Visibilité renforcée

Forcément, la nouvelle de l'obtention de cet Institut spécifique est une bonne nouvelle à tiroirs. Déjà, elle positionne la Côte d'Azur comme une terre sérieuse d'innovation, au cas où certains en douteraient (encore). Félix Kudelka, impliqué dans le Cluster IA, le voit comme "le levier de croissance que nous attendions sur le territoire". Jean-Marc Gambuado, le président d'UCA est évidemment ravi de voir "sa vision portée par d'autres acteurs". Jean Léonetti, le président de la communauté d'agglomération Sophia Antipolis pointe sans le dire ainsi, la capacité de Sophia-Antipolis à se renouveler "comme elle a su le faire avec la micro-électronique, les télécommunications, le numérique et Internet. Nous démontrons que notre technopole possède les atouts pour intégrer les tendances profondes de la technologie". Et c'est la bonne nouvelle, cadeau au moment même des 50 ans du parc technologique.

Du côté de Nice, Christian Estrosi est forcément content de voir que sa vision de la ville intelligente est une fois de plus renforcée et que tout cela est bon "pour confirmer le rôle moteur de Nice Côte d'Azur dans le rayonnement industriel de la France".

"A l'international le 3IA commence à faire son chemin mais on ne peut pas parler de reconnaissance de la Côte d'Azur comme pôle IA en dehors de l'Hexagone (auprès des investisseurs NDLR). A l'échelle française, la présélection a créé une impulsion. L'officialisation du 3IA Côte d'Azur et l'intensification de la communication internationale qui en découlera, surtout auprès des relais académiques et recherche, devraient créer un effet d'entrainement" estimait il y a quelques semaines, Philippe Servetti, le directeur de l'agence de développement économique, Team Côte d'Azur.

Au travail !

A noter que le budget alloué est de 16 M€, soit plus que les 13,5 M€ demandés.

Les instituts 3IA labellisés - outre Côte d'Azur, Grenoble, Toulouse et Paris - le sont pour une période de 4 années. Une évaluation sera menée à deux ans et le financement pourra être ajusté si besoin.

Mais c'est maintenant que tout commence. "Le travail ne fait que commencer et les prochaines étapes sont la mise en place des chaires 3IA et des groupes de travail". Il redit aussi que le but désormais est de "réussir à faire monter et attirer des talents pour candidater sur les chaires". L'annonce du jour ne devrait pas laisser les experts et les compétences en intelligence artificielle totalement de glace... Et si David Simplot avoue avoir su faire sourire le jury lors du grand oral final, nul doute que "la belle histoire" ne peut que continuer.

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