L'offensive de la CCI Nice Côte d'Azur pour doper la filière numérique

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(Crédits : DR)
Apporter du sang neuf, structurer un secteur très transversal, donc très large, retenir les compétences, donner le coup de pouce qui va bien. Le chantier est vaste mais ça tombe bien, les opportunités sont réelles. Reste à mettre le tout en musique.

Encore auréolée de sa labellisation de Capitale French Tech, la Côte d'Azur tend enfin à démontrer que la mamelle économique du territoire n'est pas une mais deux : il y a le tourisme et il y a le numérique.

Pour le coup, il y aussi beaucoup de startups ou de TPE : 4 292 exactement. A comparer aux 182 PME et 4 ETI. Clairement la balance penche d'un côté et pas assez de l'autre. Le constat c'est EY - à qui une étude a été confiée - qui le fait. Et Cédric Messina, le président de la commission Numérique au sein de la chambre consulaire azuréenne, par ailleurs co-président de French Tech Côte d'Azur. Son discours est inlassablement le même : d'accord, la Côte d'Azur est forte en thème sur le numérique, mais le vrai défi - et s'il ne devait y en avoir qu'un, c'est celui-ci - est : comment passer de la startup à la scaleup. En résumé, comment devenir plus gros et pérenne. Toute la question est là.

Briques manquantes

Car une startup qui prend du poids c'est une entreprise qui s'installe durablement sur le territoire. Le nombre de PME "numériques" dans les Alpes-Maritimes est de 2,1 % quand il est de 3,7 % dans le Rhône ou de 4,4 % en Loire-Atlantique. Savoir garder les compétences est une brique première. Inlassablement, ce sont toujours 1 000 emplois qui manquent à l'appel. Avec comme conséquences, souligne Laurent Londeix, le vice-président de la commission numérique à la CCI Nice Côte d'Azur et directeur territorial d'Orange, de provoquer "une inflation des salaires et un turn-over, les compétences passant d'une entreprise à une autre".

L'autre brique manquante concerne le financement. Là encore Cédric Messina le martèle : "nous sommes le seul département où il n'existe aucun fond d'aide directe sur le territoire et nous sommes également le département où l'on enregistre le moins de tours de table réalisés". 13 ont été finalisés en 2018 et 2019 en enregistre déjà 4. Mais ils n'étaient que de 6 en 2017. Bien donc, mais peut mieux faire.

Faire les bons choix

La question c'est surtout comment ? Et sur ce point, tout le monde est d'accord, il faut struc-tu-rer. Et choisir ses batailles pour gagner le combat. "Le numérique irrigue tous les secteurs", rappelle Laurent Londeix. Mais vouloir doper une filière cela signifie-t-il qu'il faille partir tous azimuts ? Certainement pas. "Nous n'avons pas besoin de webmaster ou de docteurs", poursuit le vice-président de la commission numérique. Mais plutôt "de compétences en développement d'application mobile, en traitement des données..." De quoi éviter d'obliger les entreprises à aller recruter des ressources en dehors de l'Union européenne. Ce qui avait quelque peu valu des explications avec l'ancien préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc.

Pour cela il faut former. C'st aussi une façon de retenir les entrepreneurs en zone maralpine. Sur ce point, Jean-Pierre Savarino confirme qu'une partie de la solution est à attendre de la part du Campus de l'apprentissage qui sera opérationnel à partir de 2020 et qui intégrera des formations dédiées aux métiers du numérique. Mais le président de la CCI Nice Côte d'Azur ajoute que c'est aussi le déploiement d'une sensibilisation au numérique dès le primaire qui doit être appliqué pour que le numérique cesse d'être perçu comme une option.

Générations d'entrepreneurs

Si Cédric Messina souhaite un renforcement des liens entre startups et grands groupes, histoire de générer un liant qui serve tout le monde, il est clair que toutes les startups ne deviendront pas des licornes ni des PME. Jean-Pierre Savarino l'a annoncé, la réflexion est encore en cours pour décider quels segments serviront les bases des actions à mener. Un forum de l'emploi dédié au numérique est prévu pour se tenir au 4ème trimestre 2019. Si gouverner c'est choisir, clairement structurer une filière aussi transverse que le numérique l'est aussi. "Aux Etats-Unis, 1 emploi sur deux est généré par le numérique. En France, c'est 1 sur 200", note Cédric Messina, rappelant qu'il "faut 3 ans pour faire naître une génération d'entrepreneurs".

Plus que tout, "il faut permettre une croissance endogène", résume Jean-Pierre Savarino, "confiant" sur la capacité de la Côte d'Azur à remporter le challenge mais ne niant pas que "des progrès restent à faire". Un peu à l'instar du BTP, quand le numérique va...

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