Quand le Réseau Entreprendre s'engage dans l'entreprenariat à impact

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(Crédits : © krabata - Fotolia.com)
Responsabilité sociétale, sociale, environnementale, économie sociale et solidaire… difficile aujourd'hui d'ignorer les effets d'une activité entreprenariale sur son écosystème. Le réseau spécialisé dans l'accompagnement des porteurs de projets en est tellement convaincu qu'il en fait un axe principal de sa philosophie. Avec douceur mais fermeté.

Pendant longtemps perçu comme à part, marginal ou peu réalisable, tout ce qui relève de la RSE est pourtant désormais bel et bien inscrit comme valeur positive dans l'entreprenariat. Si dans le fond, la conviction est totale - qui peut être fondamentalement contre ? - dans la forme, pas évident d'intégrer dès les balbutiements, la notion de l'impact de l'activité choisie sur son environnement, au sens large du terme.

Pourtant, il suffit de considérer certaines données, comme les presque 13 % que représentent l'ESS dans l'emploi privé ou la progression de 6 % en 7 ans, entre 2008 et 2015 des effectifs salariés de l'ESS, qui représente par ailleurs 10 % du PIB hexagonal, pour considérer que le mouvement est de fond. Et donc durable.

Meilleur "impact" ?

Ce mouvement, le Réseau entreprendre l'a forcément vu grandir, lui qui est au plus proche des créations d'entreprises et d'emploi. Au point désormais d'inclure dans son accompagnement une démarche appelée "Impact +". Car le Réseau l'exprime ainsi, il n'y a pas (plus) que le business modèle qui compte mais aussi les conséquences sur ce qui existe en proximité, son marché, ses fournisseurs, ses clients... Et vouloir construire le monde de demain c'est aussi intégrer cette dimension. "Nous avons à prendre toute notre place dans les défis d'un monde en transformation", explique Olivier de la Chevasnerie, président national du Réseau Entreprendre.

"Les entreprises aujourd'hui se comportent différemment", poursuit pour sa part Claude Schoonheere, le président du Réseau Entreprendre Région Sud. "Nous avons l'habitude de construire des business plans, certes une entreprise doit gagner de l'argent, mais on peut faire mieux". C'est aussi ce que dit Olivier Bret, le président du Réseau Entreprendre Côte d'Azur. "On ne peut pas faire comme avant, comme si de rien n'était. Il y a une sorte de prise de conscience collective concernant le développement durable. Il existe un besoin de travailler pour le bien commun. Et cela, c'est aussi l'engagement du Réseau Entreprendre".

"Le ROI ne peut pas être l'unique mesure de réussite d'une entreprise", poursuit Olivier Bret. L'idée d'Impact + c'est d'être tout autant dans l'accompagnement en douceur et ciblé, comme l'explique Claude Schoonheere. "Ici il n'est pas question d'emmener les porteurs de projets vers l'ESS mais de sensibiliser ceux qui n'ont pas encore pris totalement conscience de l'impact de leur activité sur leur environnement proche et d'accompagner au plus près ceux pour lesquels c'est déjà acquis. C'est leur poser les bonnes questions. Que font-ils pour le social ? Et que font-ils pour l'environnement ?" Et cela autant dès le parcours de sélection que lors du mentorat lui-même. Bien sûr, si le projet présenté est évalué comme sain, performant et structuré, rencontrant un marché et des clients, aucune raison de ne pas le retenir. Mais c'est en fonction de la sensibilité propre du porteur de projet que le Réseau compte jouer un rôle de sensibilisation explicative, plus ou moins poussée, selon le degré même d'implication de l'entrepreneur. Les plus réfractaires seront plus fortement informés que ceux, par exemple, déjà engagés dans une entreprise à mission.

Philosophie partagée

Impact + constitue une évolution pour le Réseau lui-même. Ce en quoi appuie Claude Schoonheeere. "Cela aide les entreprises que nous suivons mais cela nous aide nous aussi. Autant les lauréats que les membres du Réseau sont concernés. Membres et lauréats, même combat".

Pour Olivier Bret, c'est surtout que les PME, qui constituent toujours la majorité du tissu économique, ont le plus de crédibilité à aller vers ces préoccupations et d'en tirer la substantifique moelle. Demain, savoir quel impact son entreprise génère en proximité économiquement et sociétalement sera un critère essentiel et certainement pas une option. "Pour le moment tout est déclaratif", soulève Claude Schoonheere. Et s'appuie sur les bons vouloirs et dires des dirigeants. Bien que la Fédération des différents Réseaux hexagonaux, ait choisi d'évaluer la mesure d'impact en s'inscrivant dans les Objectifs de développement durable de l'ONU.

Le Réseau Entreprendre s'est donné comme but d'atteindre 20 % de lauréats à Impact + à horizon 5 ans. Une démarche, durable, à, plus d'un sens.

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