Pourquoi dans le Sud, l'artisanat résiste à la crise

 |   |  552  mots
(Crédits : DR)
Le baromètre ISM-Maaf sur l’artisanat montre l’importance de ce secteur dans la région. Mais alors que de plus en plus d’entreprises sont créées, les emplois salariés sont eux en baisse. Ce qui interroge sur le développement de ces sociétés et l’attractivité de ces métiers.

La région Sud à l'artisanat dans le sang. "La population du sud a plus de propension à se mettre à son compte", explique Catherine Elie, directrice de l'institut supérieur des métiers (ISM). Cet organisme publie un baromètre pour la Maaf sur l'artisanat en France qui montre qu'entre 2013 et 2016, Provence-Alpes-Côte d'Azur est la deuxième région avec la densité d'entreprises de ce secteur la plus élevée. Pour 10 000 habitants, la région Sud possède 254 entreprises. Seule la Corse fait mieux avec 355 sociétés.

"Plus on descend vers le sud du pays, plus la densité est forte", commente Catherine Elie. Il y a moins d'initiative de ce type dans les anciens territoires industriels". Ce qui se confirme à l'échelle locale, puisque les Bouches-du-Rhône ont la plus faible densité de la région. Ce qui n'enlève en rien le poids de ce secteur en Provence-Alpes-Côte d'Azur. La Chambre des Métiers de l'Artisanat (CMA) revendique le statut de "première entreprise de la région" avec plus de 147 700 sociétés en 2018.

Le tourisme est ainsi un atout majeur. "Cela favorise l'artisanat, que cela soit dans le BTP avec la construction par exemple d'hôtels ou de résidences secondaires, mais aussi pour les taxis ou même les métiers de bouche qui ont une clientèle de quartier mais vendent forcément plus avec des touristes", détaille Catherine Elie. Les communes de Saint-Raphaël et Cannes-Antibes ont respectivement la 2ème et 3ème plus importante densité d'entreprises en France. La première étant Porto-Vecchio.

Plus d'entreprises, moins d'emplois

Le nombre d'entreprises dans le monde de l'artisanat a augmenté de 27% dans la région entre 2013 et 2016. "Durant ces années de crise, cette bonne dynamique a permis de maintenir l'emploi salarié dans l'unité urbaine d'Arles et même d'en créer dans l'unité urbaine de Salon-de-Provence", note l'étude. Mais ces exemples font figure d'exception puisque le nombre d'emplois salariés baisse lui de 2% sur l'ensemble de la région. Un chiffre pas si négatif.

"L'emploi salarié a bien tenu en Provence-Alpes-Côte d'Azur où la population se concentre autour des métropoles, nuance Catherine Elie. Or, "ce sont les zones rurales qui ont le plus été touchées". Elle pointe également l'importance de l'artisanat dans les quartiers prioritaires (QPV) "un autre type de territoire fragile". En région Sud, une entreprise sur dix dans le tissu artisanal est localisée en QPV selon l'étude ISM-Maaf.

Entrepreneur plutôt que salarié

L'artisanat serait un recours pour travailler ? "Il est très probable que la crise ait poussé certains, en difficulté dans leurs emplois, à se lancer. Nous savons que plus de 40% des créateurs d'entreprises sont des anciens-demandeurs d'emploi", avance Catherine Elie. Toutes ces données "confirment l'hypothèse d'une fracture des territoires", estime la directrice. "Toutefois, il faut relativiser cela avec le fait que l'artisanat reste un moteur de développement", poursuit-elle.

Pour Catherine Elie, le monde de l'artisanat fait désormais face à deux problématiques : "Il est maintenant assez facile de créer de son entreprise, mais il va falloir répondre à la question de leur développement et aussi s'interroger sur l'attractivité des métiers de l'artisanat dans un monde du travail en pleine évolution avec une appétence pour l'indépendance".

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 15/05/2019 à 10:25 :
Parce qu'il y a un gros pouvoir d'achat venant des parisiens fortunés qui ont fait grimper les prix et enrichis les propriétaires terriens, bien souvent agriculteurs locaux leur permettant de continuer d'entretenir des métiers de qualité d'une part et d'autre part que les salariés en ont marre de se faire exploiter, quitte à se paupériser autant aller vers plus de liberté même si l'indépendant la paye très cher cette liberté.

LA cupidité des propriétaires de capitaux et d'outils de production est paradoxalement et involontairement bien entendu, en train de libérer les gens.
Réponse de le 17/05/2019 à 13:13 :
Comme j'aimerais être plein d'idées toutes faites et de certitudes, la vie doit être tellement plus simple, et la matière grise moins tiraillée par le doute et la réflexion

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :