Nicolas Dufourcq : "Avec la French Fab, nous faisons de la politique industrielle"

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(Crédits : DR)
Malaimée car mal connue, l'industrie française a choisi de montrer ce qu'elle sait faire et surtout à quel point elle est innovante. Son coq bleu en étendard, elle est moins dans l'incantation que dans l'action. Ce que prouve le French Fab Tour, entamé en début d'année avec l'objectif de convaincre sur le terrain, Bpifrance à la manœuvre. Une opération séduction qui porte déjà ses fruits assure son directeur général présent à Marseille pour l'étape du jour.

La Tribune - Cet été, le French Fab Tour prend des allures plus estivales en intégrant à son village de 3 000 m2 et à ses diverses animations, un concert gratuit à partir de 23h, organisé avec Live Nation. Pourquoi avoir opté pour ce format ?

Nicolas Dufourcq - Nous sommes des passionnés. Nous voulons convaincre tous les Français que le futur de l'économie réside dans l'industrie. Que la France est un grand pays industriel. La tournée estivale c'est une façon de toucher les jeunes mais surtout, tous les membres de la famille. En intégrant un concert à partir de 23h, en fin de nos 18 étapes cet été - nous commençons par Nice le 15 juillet -, nous voulons mettre les personnes en mouvement. Quand on veut convaincre, il faut toucher tous les sens.

La French Fab existe depuis deux ans désormais. Ce changement de mentalité, que vous évoquez, ne le sentez-vous pas déjà s'opérer ?

Le changement de mentalité s'opère en effet. Certains entrepreneurs créent, de manière spontanée, des clubs French Fab. J'ai deux objectifs principaux. Le premier, c'est que le dimanche, à table, lors des déjeuners de famille, on ne dise pas à un jeune, "surtout pas l'industrie !", mais plutôt "pourquoi pas l'industrie". Le second est qu'il y ait de la camaraderie dans l'industrie, que les entrepreneurs entre eux se donnent des coups de main, qu'ils se structurent dans un mouvement. Tout cela est de la pure énergie. Aujourd'hui en France, on comptabilise une quarantaine de clubs French Fab, et tout cela se structure autour de leaders. Je vais vous dire, en réalité tout cela c'est de la politique industrielle.

Le VTE, le volontariat territorial en entreprise, est un nouveau dispositif qui a été lancé en novembre dernier lors du Conseil national de l'industrie. Comment peut-il contribuer à promouvoir l'industrie française ?

Le VTE c'est comme le VIE (le Volontariat International en Entreprises NDLR), mais en France. C'est un dispositif qui s'adresse aux étudiants bac +2 et bac +5 et les incite à rejoindre les PME et les ETI, notamment celles qui sont industrielles. Il s'inscrit donc pleinement dans le mouvement French Fab. Il s'agit pour ces jeunes de découvrir aussi des régions industrielles méconnues. C'est une expérience dont ils auront le souvenir toute leur vie. Certains vont découvrir des métiers, vont vouloir poursuivre leur carrière dans l'industrie. D'autres vont rejoindre des grands groupes. D'autres encore vont créer leur startup. Ou faire tout à fait autre chose. Mais tous auront été formés à la vraie vie.

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