Christine Fumagalli – Orpi  : "La question de la structuration de l’immobilier existant se pose"

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(Crédits : DR)
Selon les chiffres publiés par le réseau immobilier Orpi, le marché de l’immobilier en Sud Provence Alpes Côte d’Azur a surperformé au premier semestre 2019, montrant une région au pouvoir d’attraction toujours intact et qui, selon sa présidente Christine Fumagalli, semble échapper à la fracture territoriale telle qu’on l’envisage au national. Reste toutefois la problématique de l’offre...

La Tribune - Quel est le pouls du marché immobilier en région Sud Provence Alpes Côte d'Azur au 1er trimestre 2019 ?

Christine Fumagalli - Le marché de l'immobilier en Provence Alpes Côte d'Azur se porte très bien. On constate des volumes de vente en progression de 18% par rapport au 1er trimestre 2018, ce qui est supérieur à la moyenne nationale qui s'établit à + 13% à périmètre constant. Si on fait un focus sur les villes de Nice et de Marseille, on est en croissance de 15 points pour la première, de 18 pour la seconde. Ces chiffres montrent que l'attrait qu'exerce la région, porté par le climat, la beauté des paysages et, de plus en plus, le dynamisme économique local, ne se dément pas auprès des clients acquéreurs. Lesquels présentent par ailleurs différents profils, du primo-accédant à l'investisseur, souvent retraité, en passant par l'étranger, une population que l'on ne retrouve pas forcément ailleurs et qui vient gonfler la demande.

Quid de l'évolution des prix ?

On note une hausse contenue, mais une hausse quand même. En moyenne, le prix au m² a progressé de 2% (3315 €/m²), avec quelques disparités toutefois puisque si Nice s'inscrit dans la tendance (+2,1%), Marseille s'en éloigne (-0,5%). Et ce, dans un contexte de délais de vente très courts et de stocks toujours tendus. En fait, le dynamisme de la demande ne laisse plus le temps aux stocks de se reconstituer. Le vendeur n'est pas suffisamment là. C'est toute la problématique.

Les dernières mesures gouvernementales comme la Loi Elan apportent-elles une réponse pour dynamiser cette offre selon vous ?

Sur la partie construction/promotion, oui car elle permet une réactivité plus prononcée. Mais, qui dit construction, dit programme long dans le temps, de l'ordre de deux à trois ans quand tout va bien. C'est donc sur la partie résidentielle classique, autrement dit l'ancien, que l'impact serait le plus vite lisible car le marché existe déjà. Or c'est le grand oublié de la loi Elan. Rien n'a été fait pour inciter à la mise en vente de biens anciens, les stocks continuent donc de se tendre.

Que préconisez-vous ?

Il faudrait aller chercher du côté des logements vacants et donc séduire leurs propriétaires au lieu de les sanctionner. On s'aperçoit que la sanction ne fonctionne pas, les biens ne sont ni mis en vente ni mis en location. Alors, pourquoi ne pas creuser du côté de l'incitation ? Par ailleurs, la question de la structuration de l'immobilier existant se pose : comment l'agrandir, le verticaliser pour créer des logements dans ce qu'on appelle les dents creuses ? Enfin, les locaux professionnels transformables en habitation constituent une autre piste à approfondir. Ceci dit, il y a un début de réflexion qui s'est mis en place avec des dispositifs comme Action Cœur de Ville, dédiés aux villes de taille moyenne et qui encouragent notamment la réhabilitation de l'habitat dans les centres anciens. (En région Sud Provence Alpes Côte d'Azur, 13 villes ont été retenues en 2018 : Digne-les-Bains, Manosque, Briançon, Gap, Grasse, Vallauris, Arles, Tarascon, Brignoles, Draguignan, Avignon, Carpentras, Cavaillon, NDLR.)

Justement, dans votre bilan national, vous faites état d'une fracture territoriale qui continue de se creuser entre les zones tendues, les grandes métropoles le plus souvent, et les autres. Est-ce aussi le cas en Sud Provence Alpes Côte d'Azur ?

Pas vraiment. On a certes une différence entre la partie littorale, plébiscitée par les retraités, les étrangers - en majorité d'Europe du Nord - et une population axée résidences secondaires, et la partie moyen et arrière-pays où les prix, moins élevés, mais aussi les biens proposés correspondent plus volontiers à une population locale qui, de ce fait, doit être mobile pour rejoindre les centres économiques. Toutefois, on ne peut pas parler de fracture telle qu'on l'entend au national et qui concerne surtout les zones rurales du centre France.

Quelles sont vos projections pour l'année 2019 ?

Le marché de l'immobilier est tenu par des taux d'intérêt très faibles. Tant qu'ils le resteront, il n'y a pas de raisons que le marché ne se porte pas aussi bien que l'année dernière, voire mieux au regard des chiffres du premier trimestre. Ce sera une belle année.

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