Une ligne Moscou-Marseille pour séduire les investisseurs ?

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(Crédits : iStock)
L'ouverture de la ligne aérienne entre Moscou et Marseille opérée par Aeroflot devrait faciliter le business entre la Russie et la Provence. D’autant que la compagnie mise beaucoup sur la classe affaire dans son modèle.

L'heure est à la fête ce 1er juin pour le retour d'Aeroflot à Marseille. La compagnie relance depuis cette date une liaison directe depuis Moscou, près de 30 ans après son dernier vol sur cette ligne, à raison de cinq trajets par semaine. Pour l'occasion, les petits plats ont été mis dans les grands. Et quasi tous les élus présent sur la tarmac formant un comité d'accueil composé de Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, Renaud Muselier, président de la Région, Martine Vassal, présidente du Département et de la Métropole, ou encore Philippe Bernand, président du directoire de l'aéroport Marseille  Provence, pour ne citer qu'eux. "Cela montre l'extrême importance du moment", note Pierre Dartout, le préfet de Région, également présent. Les chiffres annoncés sont prometteurs : 55 000 passagers par an et 30 millions d'euros de retombées pour le territoire.

"C'est un jour très important, cela fait le même sentiment que quand le TGV est arrivé à Marseille, cela va nous permettre de développer le tourisme mais surtout le business", se réjouit Didier Parakian, adjoint au maire de Marseille délégué à l'Economie. "Aujourd'hui nous n'avons que peu d'investisseurs russes". Un manque à corriger donc. Et cela tombe bien puisqu'Aeroflot a un gros penchant pour la classe affaire. "Sur un modèle d'A321, c'est-à-dire celui qui vient d'atterrir, nous avons 20 sièges dans cette catégorie et 120 en classe économie. Ce qui est une part extrêmement généreuse pour la classe affaire", note Valérie Broquet, directrice des ventes de la compagnie aérienne russe. "Les échanges peuvent se faire dans les deux sens, des provençaux iront aussi en Russie. Nous avons bien sûr déjà identifié certains clients potentiels, mais cela reste encore confidentiel", ajoute-t-elle.

"Time is money"

Les principaux secteurs plébiscités lors d'échanges franco-russes sont la chimie, la construction navale et l'électronique, selon les chiffres de la douane cités par Renaud Muselier. Le président de la Région souligne également que "la Russie est le 8e pays ciblé par les entreprises régionales". Une vraie opportunité donc. "Je prendrai un de leurs avions dès le mois de juin", glisse Thierry Fabre, directeur général de Sénidéco. Cette PME de peinture décorative installée au Rove et qui travaille depuis plus de 20 ans en Russie. "Historiquement cela représente 50% de mon chiffre d'affaires de 2 millions d'euros, nous avions 8 salariés là-bas, c'était ma pépite", raconte le dirigeant. S'il parle au passé, c'est parce qu'en début d'année une grande enseigne qui distribuait sa peinture a changé de fournisseur ce qui a fait chuter son activité au pays de tsars, l'obligeant à fermer son site sur place.

Pour relancer l'activité, Thierry Fabre a donc décidé de s'y rendre dès le mois prochain. Et il se réjouit de la réouverture de la ligne d'Aeroflot. "Time is money, cela permet de faire l'aller-retour en une journée avec des horaires plus adaptés qu'Aigle Azur (qui effectue déjà une liaison entre Marseille et Moscou NDLR) c'est un gain de temps considérable et un vrai facilitateur. Perdre une journée pour effectuer un trajet alourdit le coût du voyage pour un entrepreneur et avec les risques de perdre sa valise et d'arriver à son rendez-vous sans rien, cela m'est déjà arrivé", explique le directeur général.

Porte du Sud et Porte d'Asie

Une perte de temps qu'a connu Cédric Etlicher, ex-manager général de SuperOx basée à Marignane. "Je venais de Russie tous les mois, cela fait un trajet de 8 heures et il était impossible de partir de Moscou après 15 heures", raconte-t-il. Désormais directeur général de Scaleo Medical, une start-up basée à Montpellier, il accueille cette nouvelle ligne avec plaisir : "Nous avons une filiale en Russie depuis un an et nous voulons accompagner plusieurs entreprises du Sud à se lancer là-bas. Cela sera plus facile d'envoyer des personnes voir ce qui se passe là-bas, mais aussi de faire venir des russes ici".

Cédric Etlicher explique que "parmi les entreprises françaises présente en Russie, peu viennent de Marseille à l'inverse de Nice" où une liaison aérienne existe déjà. Mais les relations se font dans les deux sens. "Pour des sociétés qui voudraient rentrer sur le marché européen ou africain, Marseille est une bonne solution", juge-t-il. La capitale russe est également une portée d'entrée note Thierry Fabre qui voit en "Moscou un hub vers l'Asie". Ouvrant ainsi de nouvelles perspectives. Et ce sont les entrepreneurs qui devraient en profiter.

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