Une technopôle du yachting près de Sophia-Antipolis, pour quoi faire ?

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(Crédits : DR)
Connecter la technopole n°1 en Europe, celle qui concentre innovation et nouvelles technologies vers la Méditerranée, c'est l'idée de ce cluster porté par le Port Vauban, à Antibes. Où il est question de mêler recherche, PME et startups pour créer un écosystème qui ne serve pas seulement les professionnels du secteur mais tout un bassin, très demandeur en la matière.

Cela paraît presque une lapalissade mais pourtant, regarder vers la mer, c'est nouveau pour Sophia-Antipolis. Ancrée dans la pinède, la technopôle n°1 en Europe trouve l'année de ses 50 ans, un nouvel axe de développement.

Un axe qui paraît pourtant bien naturel. A quelques encablures - si peu - Antibes est une ville qui elle, ne boude pas la Méditerranée qui la longe. Voiles d'Antibes, quai des Milliardaires... ici le yachting, on sait ce que c'est. Mais comme tout secteur, l'innovation, surtout quand elle est bien structurée, est une cerise sur le gâteau qui fait beaucoup gagner en saveur.

Un axe naturel d'autant plus que le Port Vauban est le 1er port en plaisance d'Europe en tonnage et que 40 % de la flotte mondiale croise dans les eaux azuréennes, de Monaco à Saint-Tropez, chaque année.

Dans la course mondiale à l'attractivité et au pouvoir d'innovation, pourquoi ne pas connecter deux fleurons, distants de quelques petits kilomètres pour créer une technopôle compétente et tournée vers les nouveaux usages.

Prendre le leardership

Cette idée c'est le Port Vauban lui-même qui l'a eue. Accompagné par la CCI Nice Côte d'Azur, qui en est son gestionnaire et par la CASA, la communauté d'agglomération Sophia-Antipolis, il vise "à faire du territoire, un champion mondial du nautisme", annonce Jacques Lesieur, le directeur général du Port Vauban.

Car dans les faits, il n'y a pas que la volonté, il y a aussi la réalité.

La réalité c'est la proximité avec la recherche. Dans le groupe de travail qui s'est constitué, INRIA Tech est l'une des têtes pensantes pour donner corps à cette technopôle. Et ce que dit Amar Bouali, son directeur opérationnel c'est qu'il faut lier la recherche avec les entreprises, qu'elles soient PME ou startups, afin "de générer idéation et maturation. Il faut fédérer un tissu d'entreprises autour de la data et de l'IA". D'autant plus qu'en étant désormais dotée d'une labellisation 3IA, Sophia-Antipolis avec Nice, dispose d'un outil supplémentaire pour aller vite et bien.

Du côté des entreprises qui travaillent sur le secteur du yachting et de l'innovation, c'est peu de dire que cette technopôle en construction est à la fois un bonheur, un soulagement et des promesses. Antoine Perry, le PDG de SeaSatCom, PME qui fournit aux yachts des solutions de communication par satellite et cellulaire, ne cache pas que "un cluster nous faisait défaut". Or avec Sophia-Antipolis d'un côté et le Port Vauban de l'autre, "il y a un mouvement qui doit aller dans les deux sens" estime celui qui a débuté sa carrière du côté des telecoms avant de les appliquer au yachting. Le constat est identique pour Philippe Bardey, le président d'ACRI, groupe qui dispose en son sein d'un pôle justement destiné à l'ingénierie maritime et fluviale. Si la PME a déjà réalisé des expérimentations et des opérations comme celle d'un récif artificiel, étudié au port de Cannes, son dirigeant estime surtout que à l'heure de la data comme or noir de l'innovation, les professionnels du yachting, comme les bateaux eux-mêmes peuvent être des capteurs et faire remonter des data, qui elles-mêmes permettent de faire des prévisions. Car cette technopôle devrait ouvrir des champs des possibles à beaucoup de PME ou startups qui n'imaginaient pas forcément trouver un applicatif dans ce domaine nautique. C'est ce que vit Smart Service Connect, basée à Sophia-Antipolis et qui, initialement, s'adressait au secteur immobilier avec une solution qui permettait de relier propriétaires, syndics et prestataires. Appliqué au port, la même solution permet de gérer et optimiser la relation client, de la même façon, explique son co-fondateur, Emmanuel Souraud qui voit dans la technopôle une "vraie stratégie territoriale".

Un business structuré

"Les professionnels du yachting ont une sensibilité. Et c'est une filière qui a les moyens", ajoute Philippe Bardey. "Le yachting est un vrai business, ce n'est pas trois ou quatre paillettes", ajoute Antoine Perry, qui contre l'idée du yachting comme seulement cantonné à des grandes unités.

Côté business justement, la filière nautique représente selon l'observatoire Sirius de la CCI Nice Côte d'azur, 1 079 établissements pour un effectif de 3 570 personnes, réalisant un chiffre d'affaires de 736 M€. Le yachting à lui seul, concerne 445 entreprises pour 1 843 salariés et générant un chiffre d'affaires de 276 M€.

Sur le papier, l'idée est donc brillante et prometteuse. Les bases posées, des groupes de travail vont désormais entrer dans le vif du sujet. Par sa structuration, port Vauban a capacité à devenir un laboratoire ouvert où l'on teste, expérimente, innove. Où l'on forme - et sur ce sujet l'Institut nautique INB Côte d'azur, basé à Villefranche sur mer, pourrait trouver un second spot du côté d'Antibes.

C'est comme cela que se structure un écosystème. Et que l'on multiplie l'attractivité territoriale.

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