Dominique Gaillard : "Les startups font de plus en plus appel au capital-investissement"

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(Crédits : DR)
Alors que le financement de l'innovation et du développement est toujours un sujet pour les entreprises qui y sont confrontées, il semblerait qu'apporter monnaie sonnante et trébuchante ne fasse plus aussi peur aux fonds et dans le Sud, ce sont les possibles futures licornes qui semblent les plus attractives. Ce sont les chiffres de France Invest et son président, présent à Marseille pour le bilan en région Sud, qui le disent.

Le capital investissement va bien. Très bien même. Et dans une économie hyper-sensible aux indicatifs de tout poil, ça rassure tout comme ça semble prometteur.

Surtout que le sujet du financement des entreprises est un sujet qui est toujours lui-même, sensible. La mutation économique a modifié quelque peu le paysage du financement tout autant que les acteurs. Perçu par le bout positif de la lorgnette, cela s'est plutôt montré profitable aux fonds d'investissement.

Si l'image du vilain grand méchant loup n'est quasiment plus qu'un lointain souvenir c'est aussi parce que les acteurs du secteur se sont diversifiés et ont pu montrer comment ils pouvaient être une source de financement fiable et capable de faire accélérer l'entreprise accompagnée.

L'effet French Tech

Les chiffres, donc, sont bons. Si le nombre d'entreprises accompagnées est un peu moindre que l'année précédente - 157 contre 172 - c'est en termes d'investissement consentis que la donnée est marquante. 650 M€ ont en effet été investis au total soit 47 M€ de plus que l'année 2017. La même tendance haussière se remarque sur les montants investis sur les tickets atteignant plus de 30 M€. Logiquement, vu les caractéristiques de la région, c'est le secteur des Télécommunications et communications qui concentre les investissements, à hauteur de 34 %. Remarque pas si anodine, ce sont les investissements en capital-développement et en capital-transmission qui progressent, ce que l'on peut interpréter comme une marque de confiance de chaque côté. "Les fonds ont une attitude plus entreprenariale", reconnaît le président de France Invest.

Pour Dominique Gaillard il faut aussi remercier le mouvement French Tech qui permet selon lui ce développement fort. "De plus en plus de startups se lancent. Certaines deviennent des scale-ups. Année après année cela devrait continuer à augmenter. Les acteurs régionaux sont actifs", prédit-il. Pour l'heure, tout cela permet au Sud de se classer à la troisième place des régions de France en nombre d'entreprises accompagnées par le capital-investissement et en montants reçus, derrière l'Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes.

France Invest se dit par ailleurs très attentive à ce qui se passe en région, car "c'est dans les régions que les nombreux professionnels locaux du capital-investissement bouclent la très large majorité des 2.200 opérations d'ouverture du capital annuelles".

Flécher l'épargne dans l'économie réelle

L'un des autres objectifs de France Invest c'est de convaincre les entreprises familiales de se laisser au capital-investissement, de changer "leur vision intrusive, des fonds". Car "le monde du private equity a évolué. Notre métier est avant tout d'accompagner des entreprises qui ont des projets de développement". Et puis, "c'est pour générer de la croissance que les fonds entrent au capital de cette typologie d'entreprise. On répète souvent que la France dispose de deux fois et demie moins d'ETI que l'Allemagne. J'ai la conviction que lorsque les entreprises familiales ouvrent leur capital aux investisseurs privés que nous sommes, elles deviennent plus rapidement des ETI internationales".

Le sujet du fléchage de l'épargne vers l'investissement dans l'économie réelle est un sujet sur lequel France Invest s'est fortement positionnées. Alors, la "loi PACTE et la Loi de Finances 2019 qui comprennent toute une série de mesures pour favoriser l'investissement des particuliers dans les entreprises non cotées", forcément, ça ne déplaît pas.

Organisateur en mars 2018 de la première Rencontre du financement et de l'industrie, France Invest remet le couvert en novembre prochain. Le choix de l'industrie ne doit évidemment rien au hasard mais tout au poids que représente la filière. De plus, "l'industrie est dans les territoires, bien plus à Paris". Et les besoins de PMI, notamment pour prendre le virage de l'industrie du futur, est aussi du côté du financement de l'innovation, que celle-ci soit technologique ou non.

Tout cela a pour effet de voir de nouveaux fonds émerger. Ce qui a même incité France Invest à écrire un Guide des First-Time Funds, histoire d'éclairer ceux qui naissent. Un phénomène poussé aussi par les filières qui émergent tout autant, telles les medtech, fintech, usine du futur, sportech... "Un système qui fonctionne est un système qui se régénère".

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