Bernard Alfandari : "La RSE, c'est de l'innovation managériale"

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(Crédits : DR)
Ambassadeur Global Compact France, le PDG de Résistex, PME basée à Nice explique comment être rigoureux en termes de lutte contre la corruption et de respect de l'environnement permet de générer profit et rentabilité, quasiment sans y penser. Et que c'est une positive attitude dont beaucoup d'entreprises devraient s'inspirer.

La RSE est devenue un pilier des stratégies d'entreprises. Timidement au début, de façon incontournable désormais. Les business modèles devant s'adapter, notamment sous la pression non dite des nouvelles générations mais qui se ressent très bien malgré tout.

Le programme Global Compact des Nations Unies a été pensé pour réunir tous les acteurs économiques, des entreprises à la société civile en passant par les organisations et le monde du travail. Une initiative qui essaime, dont en France. Mais c'est dans les territoires aussi, que le programme va jouer son rôle. Une sorte de décentralisation pour le meilleur.

Dans les Alpes-Maritimes, le réseau qu'anime Bernard Alfandari regroupe ainsi de grandes entreprises comme Mane, GSF ou Malongo, des plus petites par la taille et des représentations locales de grands comptes comme La Poste ou Carrefour. Tout ce beau monde a valeur à échanger les bonnes pratiques et les expériences réussies. Ça, c'est sur le papier. Dans la réalité, ce qui se passe sur le sujet RSE est parfois différent des idées reçues. Ainsi la problématique RSE n'est pas tant un sujet entre grands groupes et PME mais davantage entre les sièges parisiens des grands groupes et leurs représentations en province. "Parfois, le message porté par le siège s'étiole lorsqu'il "redescend" en région", note Bernard Alfandari. "C'est plus une question de territoire que de tailles d'entreprises".

Profit sans y penser

"J'aimerais que de plus en plus d'entreprises adhérent", reconnaît Bernard Alfandari, indiquant que la RSE est un mouvement de fond et "qu'économiquement, ça marche". La base étant de "chercher à créer du sens". Comment ? En écoutant les salariés, ceux qui sont sur le terrain et en tenant réellement compte de leurs indications. "Si les salariés constatent que la démarche est faite avec sincérité, alors ils deviennent des rouleaux compresseurs", comprendre s'investissent totalement. "Ce n'est pas en recherchant le profit qu'on l'obtient". Mais "en créant des richesses dont des richesses immatérielles". Et que finalement, c'est davantage la satisfaction des salariés, avant même celle des clients, qui doit être recherchée. "La RSE est un investissement sociétal. C'est la prise en compte du long terme".

Tout cela rejaillit forcément sur l'image de l'entreprise et par voie de conséquence sur son attractivité. Dont son attractivité en proximité. "Cela permet de casser les stéréotypes. On ne dit pas que l'on va changer le quartier mais il y a un lien direct entre l'attractivité de l'entreprise et l'attractivité du territoire".

Et de revenir sur la raison d'être de l'entreprise, cette notion issue de la loi PACTE qui donne aux entreprises la possibilité de se doter d'une dimension sociale inscrite dans les statuts de l'entreprise. Une nouvelle approche qui doit aligner l'intérêt de l'entreprise avec la dimension sociétale. Pour pousser davantage l'ensemble de ces nouvelles approches, un Cercle Côte d'Azur Global Compact va rassembler les entreprises pour permettre une meilleure perméabilité entre les bonnes pratiques de chacune. "Il n'est pas question de créer un club RSE supplémentaire mais de s'entraider, de permettre aux entreprises de gagner des niveaux, de progresser". La RSE, ni plus ni moins que de "l'innovation managériale."

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