Initiative PACA en mode accélération

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(Crédits : Illustration, Pixabay.com)
En avance de phase en matière d'accompagnement et de financement, les plateformes d'aide à la création et à la reprise d'entreprises se portent plutôt bien, en France comme dans le Sud. Ce qui n'empêche pas le réseau présidé par Louis Schweitzer de réfléchir à l'évolution de son business-modèle. Tout en maintenant le lien territorial, valeur essentielle de la philosophie maison.

Si les offres en matière d'accompagnement sont devenues pléthores, la méthode éprouvée par le réseau Initiative France demeure une valeur sûre sur le sujet. Ce sont d'ailleurs les chiffres qui le démontrent. Dans le Sud, 2018 a enregistré une croissance de 10 %, avec 2 337 entreprises accompagnées et financées pour 5 532 emplois créés ou maintenus lorsqu'il s'agit de reprise.

Une bonne forme et une activité qui confortent le fond et la philosophie. Mais ce qui n'empêche pas le réseau, telle une entreprise en plein dynamisme, de s'interroger sur son évolution. "Nous sommes à un tournant", reconnaît Thomas Deglaire, le coordinateur régional d'Initiative Provence Alpes Côte d'Azur. La bonne performance du réseau dans le Sud est notamment portée par la Région qui privilégie le réseau et qui aux côtés des collectivités locales en est le principal financeur.

"Notre réseau a évolué, il doit encore davantage embrasser l'avenir", analyse Thomas Deglaire. "Il faut repenser l'accompagnement des entreprises". Le point de changement est donc là.

Le territoire, le territoire, le territoire

Car le profil des entreprises lui-même évolue. Pour durer, il faut donc être raccord. "Nous avons une vocation très territoriale", rappelle Thomas Deglaire. Proche des territoires et proche des besoins des entreprises : les deux doivent aller de pair.

"La notion de tiers lieu est une notion qui prend de l'importance", ajoute le coordinateur régional. A Avignon, par exemple, c'est avec l'AFPA que la plateforme avignonnaise repense son offre d'hébergement. "Nous devons réfléchir à ce type d'enjeux". Surtout que "les entrepreneurs ont envie d'être accompagnés par un réseau qui leur ressemble". Question d'image donc aussi. Et comme il ne faut pas penser que métropoles, il ne faut pas oublier la dimension rurale. "Dans ces territoires, les structures d'accompagnement ne sont pas si nombreuses. En proximité, nous sommes les seuls interlocuteurs".

Si les besoins des entrepreneurs évoluent, le métier d'accompagnement à la création d'entreprise n'est pas davantage hors sol et se trouve confronté à l'impact qu'apportent les nouvelles technologies. "Avec l'intelligence artificielle, une partie de notre métier va disparaître", précise Thomas Deglaire. "Nous seront moins centrés sur l'ingénierie financière. Il s'agit de s'investir dans la meilleure façon de créer un service au territoire. En quelque sorte, se transformer en mini agence de développement au territoire. Notre réseau a acquis une taille pour absorber ce changement".

L'international, sur lequel le réseau France est positionné, est un axe assez nouveau mais qui s'inspire justement du modèle français pour être dupliqué en Afrique, dont au Maroc, en Tunisie, au Mali ou au Burkina-Faso. "Nous aidons à l'accompagnement dans ces pays", précise Thomas Deglaire. "Le but n'est pas de faire ce que font les consulaires".

Augmenter le fond de prêt

Si la dynamique est positive, elle se trouve confronté à une problématique, celle des besoins en monnaie sonnante et trébuchante. L'activité a ainsi progressé de 16 % depuis le début de l'année. "Peut-être cette tendance va-t-elle ralentir mais nos fonds de prêt sont en grande souffrance", indique le coordinateur régional. "Nous sommes la seconde région à financer les entreprises mais nous avons le prêt moyen le plus petit". Conséquence évidente : besoin urgent d'augmenter les fonds alloués. Et un bout de la réponse pourrait se trouver du côté des investisseurs privés.

Car les plateformes du Sud sont charnières dans l'aide au financement. Ainsi Initiative Provence Alpes Côte d'Azur déploie le prêt TPPE, certifié par la Région Sud, qui est un prêt à l'entreprise de 10 000 €. "Nous devons en réaliser 100 pour une enveloppe de 1 M€", précise Thomas Deglaire. Une petite nouveauté pour le réseau, habitué à endetter le dirigeant, mais pas l'entreprise elle-même. "Il y a une vraie pertinence de cet outil." Un outil qui place le réseau en tête des opérateurs d'aide à l'entreprenariat. "Nous savons nous remettre en question et nous nous sommes donnés les moyens de nous projeter", résume Thomas Deglaire. On appelle aussi cela être agile.

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