Vincent Desnot – Teach on Mars : "L'e-learning arrive dans sa première phase de maturité"

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(Crédits : DR)
Spécialiste du sujet, le fondateur de la startup née à Sophia-Antipolis a vécu les différentes étapes de développement et de maturation de la formation digitale. Et si les grandes entreprises ont souvent joué le rôle de locomotive, les PME désormais ont bien compris toute la substantifique moelle à en tirer.

L'e-learning c'est le dada de Vincent Desnot depuis... 20 ans. Depuis que, parti vivre l'American Way of life à New-York, il découvre ce que cette nouvelle façon d'apprendre apporte au secteur de la formation. "La première fois que j'ai entendu parlé du e-learning, j'étais aux Etats-Unis et j'ai découvert comment la technologie pouvait modifier la formation". A l'époque, "nous étions un peu idéalistes. Prêts à digitaliser des formations et à les diffuser à l'ensemble de la planète. Le driver essentiel c'était de faire des économies sur le présentiel".

Un ralentissement, une ré-accélération

Avec aussi en ligne de mire, le fait d'atteindre un plus grand nombre de personnes, plus vite, la vitesse de déploiement des cours étant plus rapide qu'en présentiel, un triptyque coût/vitesse/portée qui constituait donc les bases d'un premier business modèle, où il était question de rentabilité.

La crise de 2007-2008 va, en revanche, freiner cette belle envolée. Un marché qui ralenti au moment où "cela faisait 7 ans que l'on avait déployé l'e-learning et où on se rendait compte que certaines promesses n'étaient pas tenues". Et c'est au même moment qu'apparaissent serious game et autre gamification. C'est aussi le moment où les acteurs américains du secteur, qui ont tenté leur chance en Europe, retraversent l'Atlantique, n'ayant pas réussi à poser leurs jalons, fermement.

Comme toute période de transition, celle-ci est l'occasion de remise en question et de remise à plat. "A l'époque on promettait qu'une heure de formation digitale équivalait à 5 heures de formation en présentiel, sans aucune preuve à l'appui". Lorsque le marché retrouve des couleurs en 2011-2013, il est donc épuré de certaines scories. Cette seconde vague va connaître une croissance grâce notamment au MOOC, ces Massive open online course, qui vont participer à une démocratisation de l'e-learning, plutôt bienvenue. "Cette refondation a tenu compte des erreurs du passé. Il ne faut pas oublier que la formation est une relation humaine".

Rupture d'usage

Surtout l'e-learning quitte peu à peu les écrans d'ordinateurs pour préférer celui du mobile. Une tendance "mobile first dont a bénéficié Teach on Mars", souligne Vincent Desnot puisque c'est sur ce principe que naît la startup en 2013. "Le mobile devenant une sorte d'assistant personnel, un compagnon que l'on met dans son sac, qui est moins intrusif que l'écran de l'ordinateur. C'est une rupture d'usage. La formation prend aussi plein de formes différentes". L'impulsion de l'intelligence artificielle dans le sujet est rendue possible par la masse de données disponible, permettant de mieux indexer, par exemple, les contenus. Et cela au moment où une partie de la cible concernée a elle-même d'autres attentes et d'autres façons de consommer. "Les millenials ne veulent pas du top down. Ils ne veulent plus une approche métier. Ils veulent une approche holistique".

Une tendance qui pousse à un aspect plus sociétal, que défend et promeut Vincent Desnot, qui concernant Teach on Mars, collabore avec des ONG. Mais la victoire recherchée, c'est celle qui verrait le geste de formation devenir quotidien, à divers moments de la journée. "Là, nous aurons gagné". Et, de plus, "nous avons tous les ingrédients disponibles pour cela".

Comment le mobile learning va-t-il évoluer ? Difficile de prophétiser. "J'ai ma vision mais j'écoute aussi ce que dit le marché. J'essaye d'en faire une synthèse". Et si depuis sa naissance l'e-learning est tiré par les grandes entreprises et leurs demandes industrielles (c'est-à-dire de taille), les PME, assure le PDG de Teach on Mars, ont (enfin) compris qu'elles disposaient d'une solution simple et intégrée. C'est ce que montre une étude portant sur le marché en 2018, où il est souligné que les petites et moyennes entreprises intègrent les formations mixtes à 54 % contre 40 % auparavant. Une donnée à rapprocher aussi de l'enquête menée par l'Edhec et l'IRCE. Où il est annoncé que 92,6 % des entrepreneurs du Sud ont l'intention de suivre une formation en e-learning pour acquérir de nouvelles compétences. Une nouvelle vague en préparation ?

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