Jean-Luc Chauvin : "Nous devons imaginer la métropole du futur"

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(Crédits : DR)
Alors qu'Aix-Marseille Provence en tant qu'institution est toute jeune, alors que le sujet de la fusion de celle-ci avec le Département est sur la table, le président de la CCI Marseille Provence dit combien il faut être à la fois réaliste et ambitieux, préparer l'avenir et poursuivre ce qu'il considère comme sa mission n°1, l'appui au territoire. Et donc aux entrepreneurs.

Dans son bureau, installé au cœur du Palais de la Bourse, entre La Canebière et le port, le président de la CCI Marseille Provence s'étonne encore presque d'être l'occupant des lieux, lui qui, s'était prononcé contre le maintien des chambres consulaires. Mais ça, c'était avant. Avant qu'il soit élu 47ème président de la CCI MP. On est alors en 2016. Trois ans plus tard, Aix-Marseille Provence est devenue réalité et le contexte économique a évolué, n'étant pas, par nature, voué à être statique.

La Métropole, justement, sujet de tous les fantasmes avant, active désormais. "On commence à avoir des visions partagées. Il faut accélérer". Car la Métropole est "presque à la taille d'un bassin économique". Port, aéroport, train à grande vitesse... "nous avons compris que si nous voulions peser à Europe, il fallait être unis", ajoute Jean-Luc Chauvin.

Big bang théorie

Qui insiste sur la nécessité de ne pas oublier toute la valeur de la notion de proximité. Prendre du poids oui, mais ne pas oublier le lien au plus près. La fusion voulue par l'Etat entre la Métropole et le Département, "est une nécessité". Tout simplement parce que "que l'on soit un petit ou grand pays, on rayonne que si on a des aires métropolitaines fortes, à l'international". D'autant plus que "un big bang est en train de se produire. Le monde s'est rétréci, on se déplace davantage, les échanges vont plus vite". Et forcément, ça pousse à réflexion.

"Nous sommes obligés d'imaginer la métropole du futur. Les 22 métropoles de France ne peuvent pas être de rang mondial". Alors pour cela il faut peut-être déjà envisager, qu'un jour, les contours actuels de la métropole seront élargis. Ce n'est pas pour rien lié aux échanges. "Dans les 50 ans à venir, le fluvial va être un élément prédominant à prendre en compte". Relié au port, évidemment. Et Jean-Luc Chauvin de rappeler que la métropole elle a déjà commencé avec Aix-Marseille Université qui vu plus large que le territoire marseillais. "Une fois de plus, ce qui est bon pour le bassin étudiant, est sans doute bon pour l'économie". Et de dire que "l'enjeu c'est d'avoir les projets à la bonne taille".

Œuvre militante

Dans ce contexte d'économie qui change, évolue, adopte de nouveaux codes, celui qui donc ne s'était pas prononcé favorablement pour le maintien des chambres consulaires, dit tout le bien qu'il en pense désormais. "Les CCI sont utiles si elles sont gérées par des entrepreneurs pour des entrepreneurs". La mise en place du Metropolitan Business Act a été un geste militant pour que les PME soient prises en compte dans les appels d'offres. Une plateforme a été instituée pour faire le lien toute l'année entre les services décentralisés de l'Etat et les petites et moyennes entreprises du territoire. Très axée services, la CCI MP teste également une plateforme qui offre la possibilité aux entreprises d'effectuer une pré-étude de marché, avec deux niveaux, l'un gratuit, l'autre exigeant une légère participation financière. "Nous avons embauché des datascientists", précise Jean-Luc Chauvin, ravie de "mettre les datas de la CCI au service des entreprises". Et de redire que "l'important, c'est la proximité". C'est d'ailleurs aussi le but de la business unit dédiée au financement, qui propose analyse financière et solutions. Une nouvelle Chambre, qui repense son business-modèle.

"Nous sommes la plus vieille CCI du monde. Nous devons devenir la CCI du 21ème siècle". Ce qui signifie l'ouvrir aux entrepreneurs, ce que va permettre le CCI Lab, qui doit servir de vitrine de l'innovation du territoire, celle qu'inventent les startups et les PME. "Nous voulons également l'ouvrir au grand public, peut-être pour des événement avec les écoles", suggère Jean-Luc Chauvin. Il y a surtout le Work Café, cette brasserie qui représente "une offre complémentaire" et qui a bientôt prendre forme autour du bâtiment consulaire. Et qui se targuera d'une carte faisant la part belle aux circuits courts, où l'on pourra profiter de tout outil numérique.

L'Afrique, à fond

Déjà engagée avec Africalink, l'association qui réunit des entrepreneurs français et africains, la CCI Marseille Provence travaille à l'instauration d'une Maison de l'Afrique. "Si nous voulons être le lien réel entre l'Afrique et la France, il faut en faire le pendant de la Maison de l'Amérique Latine, y réfléchir avec l'AFD. Cette maison sera un succès si on est convaincu de son utilité des deux côtés de la Méditerranée".

Dans son plan de reconquête stratégique, figurent aussi le positionnement sur des DSP concernant les ports de plaisance, comme celle de l'Anse de la Réserve, postée à l'extrémité du Vieux-Port. Il y a aussi le pôle santé, prévu pour occuper une partie de l'hôpital Sainte-Marguerite dont la commercialisation a été confiée à la CCIMP. Une diversification que ne renierait pas une entreprise, finalement...

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