Marco Caputo : "Les entreprises ont compris qu'économiquement, le développement durable n'est pas un coût"

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(Crédits : UE)
Il semblerait que profitabilité et durabilité ne soient pas incompatibles. C'est tout au moins le discours du co-fondateur d'Orygeen, le cabinet d'accompagnement dans l'amélioration de la performance énergétique, qui est intervenu au Monaco Transition Forum sur ce sujet et celui des nouveaux business modèles.

La transition énergétique, mythe ou réalité ? Quand le monde entier honnit le plastique et que les grandes entreprises disposent toutes d'une politique RSE, la tentation serait de dire que tout va bien dans un monde vert et durable. Que la prise de conscience et le passage à l'acte sont là. Sauf que ce n'est évidemment pas tout à fait aussi linéaire.

Certes, Marc Caputo, le dit bien, "aujourd'hui il n'y a plus de débat, tous les acteurs sont convaincus, le développement durable est trop important pour être traité par dessus la jambe. Tout acteur économique qui se projette un peu doit tenir compte des facteurs exogènes". C'est-à-dire des problématiques liées à l'eau, l'énergie... Et de fait, "les entreprises sérieuses l'ont bien compris". Pour une raison très simple : "Si elles ne le font pas, elles n'ont pas de marché".

Le business donc, devient, presque malgré lui, un éperon vert. Et les entreprises ont abandonné toute idée de faire semblant, de pratiquer le greenwashing, pour réellement s'engager dans une démarche durable et soutenue. Ou comment on s'assure que les consommateurs - continueront à acheter leurs produits. "L'écrasante majorité des entreprises ont dépassé le temps du simple affichage. Il existe toujours un risque d'être perçue comme une entreprise qui ne se comporte pas bien. Elles se sont rendues compte qu'économiquement, le développement durable n'engendre pas de surcoût", poursuit l'expert en énergies renouvelables.

Il faut pédaler

Accompagnateur des entreprises et des collectivités dans l'amélioration des performances énergétiques, Orygeen, qui intervient à 360 °, dispose d'une vision large du sujet. Dans le viseur, il y a notamment les 13 entreprises du RE 100, cet indicateur qui rassemble les grandes entreprises engagées à utiliser 100 % des énergies renouvelables. "L'accord de Paris a été signé, tout cela est une belle réussite mais maintenant que l'on a voulu le vélo, il faut pédaler" dit avec humour mais pas moins de sérieux, Marc Caputo. Mais quid des collectivités ? Si dans les entreprises, l'élan est souvent impulsé par un patron, en est-il de même dans les institutions ? La réponse est sensiblement identique. Tout vient du sommet... "Il faut que la vision soit partagée par les politiques et il faut du courage pour les assumer. Certaines petites collectivités vont travailler chacune à leur échelle, pour la fabrication des repas scolaires, pour les transports, la conception des bâtiments... Chacune peut agir à son niveau".

Comme le dit Corinne Lepage, la loi doit-elle forcer la main, imposer ? "La loi est une obligation qui s'impose de la même façon à tout le monde. Toute incitation législative peut être intéressante. D'autres moyens d'incitations peuvent être trouvés. La taxe carbone, que l'on a un peu trop vite jetée avec l'eau du bain, était une bonne idée." Mais, poursuit Marc Caputo, sur les questions de "transition énergétique, nous en sommes qu'au début. Il reste encore beaucoup à faire".

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