Chantal Larrouture – EnvirobatBdm : "L'usager doit être davantage présent dans la conception du bâtiment"

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(Crédits : iStock)
Organisatrice du colloque Bâti'frais qui s'est tenu ce 4 juillet à Marseille, l'association des professionnels du bâtiment plaide, par la voix de sa présidente, pour un changement de paradigme et pour une prise en considération de l'utilisateur final davantage en amont. Histoire de construire innovant et intelligent.

L'intelligence collective pour mieux bâtir... Ça, c'est la philosophie d'EnvirobatBdm. Une philosophie qui devrait être la brique de base dans la conception des bâtiments, plaide l'association qui réunit en Provence Alpes Côte d'Azur, les professionnels du secteur.

Construire intelligent, cela signifie par exemple ne pas normer de façon globale mais au contraire adapter celle-ci au contexte auquel elle s'applique. "Ce qui est important, c'est la contextualisation", dit Chantal Larrouture. Car la norme pensée au niveau national n'est pas toujours adaptée à la Méditerranée. "Nous avons une spécificité de site et d'usage", poursuit la présidente de l'association régionale. Se référer aux usages, en fonction de la destination du bâtiment doit être la règle. "L'usager doit être davantage présent dans la conception, car il est acteur du bâtiment, qu'il doit prendre en main."

L'objectif de neutralité

Cette démarche de "personnalisation", est déjà entamée, par exemple dans l'Eco-Vallée, à Nice. Une démarche tendance low tech, qui dit qu'il n'existe pas qu'une seule solution, et que l'innovation, la technologie s'adaptent au territoire sur lequel elles s'appliquent. Avec en ligne de mire, la volonté d'obtenir des bâtiments plus performants.

C'est là où intervient notamment la végétalisation. "La présence du végétal est l'une des qualités de l'ambiance climatique et c'est aussi une réflexion de ville". Car l'objectif, c'est tout autant de "construire pour avoir un impact minime". Ce qui signifie avoir recours aux ressources renouvelables et non plus fossiles. "Ce poids lié à la construction doit diminuer afin d'atteindre la neutralité carbone", indique Chantal Larrouture. "Nous avons la vision mais pas forcément les actions".

Logique de bottom up

Alors il faut expliquer, expliquer encore. "Chaque petit pas effectué permet de participer à la vision". Mais, "il va falloir accélérer. Le sujet environnemental a souvent été porté par la peur et le risque, et non pas, à partir des avantages. Il faut être dans une logique de bottom up".

Le label BDM est "bien mis en avant dans le périmètre de l'Eco-Vallée", dit Chantal Larrouture où il est en lien avec le référentiel Eco-Vallée. A Monaco, un référentiel est en cours. Quant à Euroméditerranée, le partenariat est tout aussi fluide. Avec GrDF, un protocole d'accord a été signé afin de valoriser le Pass Green de Smart avenir énergies dans la démarche BDM. Lancé il y a deux ans par le Club Immobilier Marseille Provence que préside Fabrice Alimi, la démarche favorise le mix énergétique, et incite donc le maître d'ouvrage a opter pour un approvisionnement en énergie naturelle renouvelable pour la production de chauffage et d'eau chaude sanitaire. Ce qui lui octroie, en contrepartie, une aide financière de GrDF.

"Il y a une réelle réflexion à avoir. Beaucoup d'associations, de structures œuvrent pour le bâtiment durable. L'enjeu est global et général", souligne Chantal Larrouture qui invite aussi au regroupement des actions et à ne pas éparpiller les énergies, dans tous les sens du terme.

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