LNPCA : Deux nouvelles gares azuréennes et plus si affinités

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La future gare Nice Aéroport permettra de désengorger la gare Nice-Thiers
La future gare Nice Aéroport permettra de désengorger la gare Nice-Thiers (Crédits : DR)
Enfin sur les rails, la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur accélère avec le lancement, le 12 juin dernier, de la concertation publique relative aux phases 1 et 2 du projet qui visent, entre autres, à doubler la fréquence du trafic TER entre Nice et Cannes. Lesquelles accueilleront deux nouvelles gares. Deux éléments structurants qui entreront en résonance avec les stratégies de développement portées par les collectivités.

La ligne nouvelle Provence Côte d'Azur (LNPCA) a-t-elle enfin pris le bon wagon ? "Si rien n'est acté tant que la DUP (déclaration d'utilité publique, NDLR) n'a pas été prononcée par arrêté préfectoral", rappelle Jean-Marc Illes, directeur territorial adjoint de SNCF Réseau, "le projet a été marqué comme prioritaire par le gouvernement avec une première échéance inscrite dans la Loi d'Orientation des Mobilités." A savoir 2023, pour le lancement des travaux de la phase 1 (sur 4), estimés à 735 M€, qui consistent à la reconfiguration en surface du nœud marseillais, à la réalisation d'aménagements consacrés à la navette TER toulonnaise et à la création d'une nouvelle gare TER et TGV à Nice Aéroport.

C'est dire "l'importance" accordée à ce projet ferroviaire tentaculaire reliant la Cité phocéenne à Vintimille, en Italie, qui vise à améliorer les déplacements du quotidien au sein des aires métropolitaines de Marseille-Aix, Toulon, Nice et la Côte d'Azur en adaptant l'infrastructure actuelle au trafic d'aujourd'hui et de demain (phases 1 et 2) puis, à l'horizon 2030, en créant de nouvelles lignes entre Cannes-Nice (phase 3), Cannes-Le Muy et Aubagne-Toulon (phase 4).

589 M€ pour doubler la fréquence du trafic entre Cannes et Menton

"La Côte d'Azur est une zone comparable à la couronne parisienne en termes de densité et de besoins en déplacement mais elle ne dispose pas de l'offre de services ferroviaires adéquate. Il faut donc améliorer les infrastructures, les rendre plus robustes, déverrouiller les points bloquants et créer de nouvelles voies pour pouvoir doubler le trafic TER et ainsi proposer d'ici à 2033 un train toutes les 10 minutes entre Cannes et Menton", explique le chef de la mission LNPCA. C'est tout l'objet des phases 1 et 2 du volet azuréen du projet, budgétées à 589 M€, qui fait actuellement l'objet d'une concertation publique, et ce jusqu'au 18 octobre.

Pour ce faire, plusieurs aménagements sont listés afin d'améliorer une régularité des trains très dégradée qui se chiffre, sur la Côte d'Azur, à 73 000 minutes de perdues par an. Soit l'équivalent de 50,6 jours. Parmi eux, la création de deux nouvelles gares, à Nice et à Cannes. Deux projets structurants qui s'inscrivent par ailleurs pleinement dans les stratégies de développement économique portées par les deux collectivités.

Nice Aéroport, élément structurant de l'OIN Nice Eco-Vallée

Ainsi en est-il de la future gare TER et TGV Nice Aéroport, dont les travaux devraient débuter en 2023 pour une livraison attendue en 2026, voire 2027. Elle sera composée de 4 quais de 400 m de long reliés par une passerelle, d'un bâtiment voyageur bioclimatique, de 600 à 700 places de parking dans un premier temps et d'un espace réservé à la création de 2 quais et voies supplémentaires pour lui permettre de monter en puissance. Le tout budgété à 198 M€.

"Il s'agit d'améliorer la desserte de la basse vallée du Var pour désaturer la gare Nice-Thiers", indique Roland Legrand, directeur SNCF Réseau des gares nouvelles. Surtout, l'infrastructure s'avère être un élément déterminant du pôle multimodal qui viendra organiser les déplacements à l'ouest de la capitale azuréenne où l'Opération d'Intérêt National (OIN) Nice Eco-Vallée s'attelle depuis 2009 à créer une nouvelle centralité urbaine. Portée par l'Etablissement Public d'Aménagement éponyme, cette opération d'envergure cherche en effet à accompagner et favoriser "une profonde mutation du territoire en direction de l'emploi et de la qualité de vie", dixit Olivier Sassi, directeur de l'EPA. Et ce, au travers de la réalisation, entre autres, d'un nouveau pôle tertiaire (Grand Arénas), d'un parc des Expositions et d'une technopole urbaine (Nice Méridia). L'objectif ? Créer 50 000 emplois supplémentaires et les logements qui vont avec, soit 7 800 prévus sur 15 ans. Dans ce cadre, la question des déplacements prend toute sa mesure et l'intérêt d'une gare pouvant accueillir 3 millions de voyageurs par an dès 2026 contre 1,4 million actuellement (gare Nice Saint Augustin), tout son sens.

Cannes Marchandises participera au renouveau de La Bocca

A Cannes aussi, dans le secteur de La Bocca, une nouvelle gare est attendue. Elément phare de la phase 2 du volet azuréen du projet LNPCA, ce chantier devrait débuter à partir de 2027 et nécessiter une enveloppe de 130 M€. "Cette gare TER viendra remplacer la halte actuelle sur le site SNCF Cannes Marchandises", précise Roland Legrand. Deux emplacements sont actuellement en balance : celui proche de l'avenue Pierre Sémard, à l'ouest du site, et celui situé à proximité du Sicasil, à l'est. "L'intérêt de cette seconde implantation réside dans le fait que la future gare pourra entrer en résonance avec le projet d'aménagement de la ville qui cherche à développer tout le nord de la zone". En l'occurrence, les anciens terrains d'Anseldobreda que la collectivité a acquis dès 2014 afin de préserver la vocation économique de ces 5 hectares. L'objectif étant d'y réaliser une nouvelle zone d'activités dédiée à l'artisanat et l'économie créative.

Plus largement, quel que soit l'emplacement choisi, cette infrastructure participera au renouveau du quartier de La Bocca qui bénéficie d'une politique d'embellissement et de réhabilitation volontaire, mais aussi de la Cité des festivals tout entière qui disposera d'un service de transports plus performant et mieux connecté aux territoires alentours, notamment sophipolitain appelé lui aussi à accueillir une nouvelle gare. Mais ça, c'est une autre histoire...

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Commentaires
a écrit le 09/07/2019 à 9:34 :
Cannes dans les annees 80 souffrait deja d'un cruel deficit de cadences de trains. Travaillant a l'epoque a Monaco, je devais me lever a 5:30 le matin pour etre a mon poste a 7:30.
Realiser que seulement en 2019 on prend des mesures !
Pays a la ramasse.

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