Comment Yvon Grosso prépare la nouvelle feuille de route du Medef Sud

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(Crédits : DR)
Fraîchement élu à la tête du syndicat patronal, le patron des patrons régionaux doit définir les axes et priorités de sa mandature. Un travail entre analyse et prospective. Où il est question de support aux entreprises, de posture à avoir et de coopération.

Près d'un mois après son élection, Yvon Grosso est en pleine réflexion. Désormais patron des patrons du Sud, il va devoir tracer les axes de sa stratégie, dire quelle implication il souhaite pour l'organisation patronale dans la vie économique, quelle impulsion il entend donner, plus largement, au mouvement. Définir, en fait, la roadmap des trois années à venir.

Accompagner les transitions

Yvon Grosso l'a dit dès son élection, il veut travailler en équipe, dans l'intérêt général. Mais il veut aussi apporter sa vision d'un Medef régional qui s'occupe de tous les territoires et qui est l'accompagnateur de tous les moments charnières que connaissent les entreprises.

"Il y a de grands sujets que sont la transition énergétique et la transition numérique", souligne Yvon Grosso. La transition numérique qui n'est pas le plus petit sujet et qui comprend plus d'un challenge. C'est la façon dont les TPE /PME comprennent que le numérique n'est plus une option, mais un élément qui doit être intégré à la stratégie. C'est aussi la façon dont le numérique bouleverse les habitudes, notamment d'organisation de travail. "Le télé-travail se développe. Il faut inciter les opérateurs et les décideurs politiques à équiper les endroits les plus retirés", indique Yvon Grosso. Qui voit dans le Forum du numérique qu'organise le Medef Sud depuis 2018, et qui après Marseille, se tient pour son édition 2019, à Toulon, dans le Var, un moyen de faire comprendre, de démontrer que le numérique doit être totalement considéré. "Seules 20 % des entreprises se sont véritablement tournées vers le numérique", pointe Yvon Grosso. "Certaines y vont par petits bouts, par petites touches..." Alors qu'il faut s'en emparer pleinement.

L'aide au développement

Yvon Grosso qui n'oublie pas la problématique du transport, ô combien prégnante dans la région. Et le nouveau patron du Medef Sud de suggérer l'idée d'une liaison aérienne qui relierait les deux principales métropoles du Sud, à savoir Nice et Marseille. "Il faut pouvoir relier ces deux métropoles en 45 minutes" espère-t-il, se référant à la liaison entre Nice et Bastia, qui est de la même durée. "Il faut continuer à travailler sur le ferroviaire et l'aérien", bien sûr.

Mais il faut aussi regarder ce qu'il manque aux entreprises. Et sur ce sujet, Yvon Grosso a quelques idées, notamment concernant l'accès au financement, qu'il compte bien structurer, soucieux dit-il d'aider celles qui font la croissance, dans leur développement.

Mais pour l'heure, c'est seulement ce qui est dévoilé.

Nouvelle architecture

Car avant tout, il s'agit d'abord de revoir la gouvernance de l'organisation patronale. "Je veux mettre en place une gouvernance collégiale, revoir l'architecture existante en révisant les statuts. L'actuelle architecture est trop présidentielle. J'imagine une gouvernance comprenant des postes de vice-présidence qui seraient en charge de thématiques telles que la formation, le numérique, la transition énergétique... Nous construisons un nouveau Medef Sud, en répondant aux besoins du terrain, en nous ouvrant à la société civile, en créant des comités d'experts."

Nouveau Cap, le think thank né il y a bientôt 2 ans est également un "bon outil" pour pousser plus avant les réflexions sur la transformation de l'économie et du monde, de manière plus globale. "Il existe une transformation générale à faire. Il faut s'y atteler car cela va très vite".

Et Yvon Grosso de dire que ce qui compte ce n'est pas la compétition, mais la coopération qui compte. "La coopération a sauvé l'humain. La compétition, dans une vision régionale, n'est pas saine. Dans l'entreprise, il faut être compétitif, car nous devons faire face à des compétiteurs. Mais dans un esprit de mouvement d'intérêt général, on doit coopérer". Et de dire aussi que d'être président du Medef Sud oblige à une certaine posture. Celle de l'intérêt général, avant tout.

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